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et cliniciles, et en IS12 la hase seule sortait do tinrc. Poiir donner à sa jeune épouse ]\[ari(>-Louise, fillo de rcnipcM-eur d'Autriclie, le spectacle imposant d'inK» entrée triomphale dans la <a|)ilalc de sa nouvelle patrie, rciiipereur voulut que le gigantesque arc de triomphe fût dressé en chat-pentes couvertes de toiles peintes, dans les conditions exactes oii il se trouverait après son achèvement, et le cortège impérial, précédé de la garde, suivi de l'état-major et des carrosses de la cour, passa sous la voûte immense.
Après la cérémonie, cet l'phi'nière dr-cor disparut, et on s(> remit au laijorieux travail de l'élévation des pieds-ilroils en pierre de taille. Les événements de 1814 survinrent alors que Ton atteignait seulement la naissance des voûtes, et l'œuvre l'ut naturellement abandonnée.
En 182.3, cependant, la construction de l'arc de triomphe fut i{'|)rise avec activité, dans la pensée de le l'aire servira IransnuMlre à la jiostérité les hauts laits du Ane d'Angouléme en Espagne. La Heslauration travailla donc pour sa part à l'érection (\u monument. Mais c'est à Louis-Phili[)p(> qu'il était rései'vé de conduire les travaux à leur fin et de donner à la <lécoration, (|ui restait tout entière à faire, un caractère véritablement original et personnel.
Les avis des architectes qui s'i'-taient succ(''d('' au cours de la constriution avaient souvent varié' sur la [)iiysionomie (pi'il convenait de lui <lonner. Chalgiin l'avait projeté d'aspect simple et imposant |)ar ses grandioses proportions, mais d'autres songeaient à l'oi-ner de colonnes et à lui prêter l'agrément de la richesse ornementale. L'idée première prévalut, el l'arc de triomphe (h'Micur.i majestueux dans la pureté de ses lignes. Pour toute ornementation, il porta (piatre bas-reliefs princi- |)aux, figurant des motifs allégoriques, et six autres [)lus petits, reproduisant des scènQS historiques. Le choix des sujets avait été inspin- |)ar les sentiments aux([uels obéissait alors Louis-Philippe.
La l(''gitimit('' au trône était, à cette épotpie, «liez Ijeaucoup de gens, un ])iiii(ipi' d'une réelle importance, et hî l'oi des Français passait à leuis j'cux [)our un usurpateur. Exalter Na|)oléon, un usui'pateur de bien plus grande audace, |)uis([u'il n'avait aucun lien de parenté av(>c les Bourbons, était donc chose fort habile; d'autre part, le fils de Philippe-Égalité avait le souci de célébrer la Révolution, dont il prétendait incarner les principes. Ces différentes raisons firent ([u'il associa, sur l'arc de triomphe de l'Etoile, les gloires militaires de la République à celles de l'Emj)ire.
Des quatre bas-reliefs, l'un, de beaucou|) le plus beau, celui de Rude, montre, entraînés dans un irrésistible mouvement, les votonlaii'cs de 92,
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rbncliiils pai' le Génie de la Patrie. Les trois autres sont du sculpleui- Etex : le premier représente Napoléon roui'onné par la Victoire, et le second, conlrasle impressionnant, rappelle la lutte contre les envahisseurs de 1814; le dernier symbolise les bienfaits de la Paix procurée par l.ouis-Philippe à son peuple : de jeunes hommes se préparent aux travaux des champs; l'un adapte le soc de fera la charrue, un autre dompte un vigoureux taureau ; une mère s'occupe de ses enfants.
Les six bas-reliel's historiques ont été choisis de manière à donner satisfaction à la fois aux républicains et aux impérialistes, qu'il importait de rattacher à la monarchie de Juillet. C'est d'abord la bataille tle Jemmapes, où le duc de (Iharlres, le futur roi des Français, était aide de camp (le Dumouriez, le conquérant de la Belgique. Puis, les funérailles de Marceau, ce général de vingt-sept ans, dont la ligure sympallii(|ue gagnait la confiance des vaincus. A côté de lui, Kléber avait sa place marquée. Son rôle en Egy])te avait été particulièrement biillant, aussi bien comme guerrier que comme organisateur; on le voit ici à la prise d'Alexandrie, itlessé à la tète par un Turc (|u"un soldat fiançais transjx-rce de sa baïonnette; le général continue à donner des ordres; le drapeau tiicoloie est jtlanté sur les remparts de la ville.
Des trois derniers jjas-relicfs, deux sont consacrés à Bonapai'te consul et un à Napoléon. Sur le premier est figuré l'épisode du j)onl d'Arcole : pour entraîner ses soldats hésitants devant les canons autrichiens, le jeune gén(''ral eu clief saisit un diapeau et s'élance à la léte des troupes. Dans le suivant, il est à ^Vl)oukir, entouré de son élal-niajor, recevant prisonnier le pacha généralissime des Ottomans, dont il venait de mcHtre l'armée en tiéroute, lui noyant douze mille hommes, et vengeant ainsi la défaite navale subie au même endroit par les amiraux Brueys et Villeneuve. Le troisième montre Napoléon en avant des gi'cnadiers de sa garde; l'artillerie tonne, les Auliicliii'Hs liiicul, les Russes s'écrasent sur les ('tanjjs y;lacés deSokolnilz; c'est la bataille d'Austerlitz.
Nous venons de (b'gager l'idée qui a présidé à l'érection et à la déc-oration de l'arc de triomphe de l'Etoile. T^a conception en est napoléonienne, mais l'exécution en appartient au règne et à la pensée de Louisl'hilippe.
11 ne faudrait cependant pas qu(^ l'examen des détails empêchât la vue nette de l'ensemble et que l'Arc immense cessât d'apj)araître dans sa majesté architecturale et historique. 11 doit toujours se montrer à notre jiensée dans sa masse imposante sur le piédestal de la colline qui lui sert de base, découpant un arc de ciel bleu, sj'mbole de puissance, de gloire et d'espérance.
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A différentes reprises on a cherehé pour lui un couronnement : Génie, Victoire ou Quadrige. Toutes ces tentatives ont échoué. L'arc de triomphe de l'Etoile demeurera définitivement tel qu'il est, au centre des avenues triomplialcs f(ui le montrent auxdillérents points do l'horizon, majestueux de proportions et plus encore do sou\ euirs.