‹ Les monuments de Pise au moyen ageChapitre 11 sur 44 · PREMIÈRE ÉPOQUE — DITE LOMBARDE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ÉPOQUE — DITE LOMBARDE

Le voyageur qui descend du côté de la Toscane les pentes élevées des Apennins est étonné, au milieu des longues vallées qui s'ouvrent à ses regards, de voir toutes les villes rapprochées qu'on y découvre, et il est plus étonné encore, lorsqu'on les lui nomme, de ce que ces noms, si rapprochés sur la carte, soient si grands dans l'histoire. S'il cherche la cause de cette grandeur contrastant avec tant de petitesse, il doit se dire, comme nous l'avons essayé déjà , que ces petites cités n'étaient grandes que par la liberté dont elles ont joui. En effet, dès le vn e et le vm e siècle, surtout après Charlemagne, nous voyons une fermentation singulière se manifester dans le

cadavre de l'empire romain; chaque ville, presque chaque bourgade, désespérant d'obtenir secours de l'empereur contre des attaques incessantes, s'entourent de remparts et se gouvernent pour le défendre; de tous côtés des murailles s'élèvent pour abriter les rudiments de ces républiques, pour protéger ces commencements de libertés. Les habitants, fiers de leurs remparts et de cette petite patrie arrachée aux ruines de la grande, se donnent des lois , des chefs, un gouvernement, la plupart du temps copié en miniature sur celui de la république romaine.

C'est de ce travail d'enfantement que sortit la république de Pise, dont la position privilégiée à l'embouchure de l'Arno devait rapidement faire la fortune.

Pise sous les Césars. — Déjà sous la domination romaine Pise avait un éclat remarquable ; c'était la ville préférée des Césars pour la douceur de son ciel et le charme de ses campagnes; au temps d'Auguste elle se nommait Julia Obsequens et elle pouvait montrer de nombreux monuments dus aux faveurs impériales. Elle fut dotée de thermes, d'un amphithéâtre, d'un palais pour Jes souverains, d'arcs de triomphe, d'une naumachie, d'un riche forum sur lequel Rutilius nous apprend qu'on avait élevé la statue de son père. Tronci s'étend surtout sur la description d'un temple rond que Néron aurait fait construire en 70, lors de son passage à Pise. Ce temple, que l'on croit dédié à Diane, était une merveille; il avait cent bras de hauteur 1 , il était soutenu par quatre-vingt-dix

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