‹ Les monuments de Pise au moyen ageChapitre 12 sur 44 · Un bras équivaut à m · texte numérisé non relu

Un bras équivaut à m

colonnes et enrichi de superbes sculptures ; sa voûte, par un mécanisme ingénieux, offrait l'apparence d'un ciel oîi paraissaient successivement, suivant le cours des heures, le soleil, la lune et les astres, et où on imitait jusqu'au bruit du tonnerre. — Tronci assure qu'il restait de son temps, en dedans de la porte antique dite al Parlascio, des restes de cette construction.

Il existe aujourd'hui peu de ruines de cette époque ; cependant, en dehors même du magnifique musée du Caropo- Santo, les recherches archéologiques sur ce point ne restent pas complètement infructueuses.

Parmi les édifices romains on remarque surtout les restes des thermes, dont on attribue la construction à $Iéron ; le sudarium a seul été épargné par le temps. La voûte, selon l'usage, est percée de plusieurs orifices qui laissaient échapper la vapeur. Une fouille

A • , j i « Fig. 2. — Sudarium de Néron.

pratiquée dans le sol

intérieur A (fig. 2) a mis à découvert au fond du bassin un

escalier qui permettait aux baigneurs d'y descendre, et un

aqueduc destiné à l'alimenter. Cette salle, comparée au sudarium des bains de Pompéi, est plus grande et semble indiquer l'existence d'un établissement thermal plus important.

Sur la rive droite de l'Auser, rivière qui traversait probablement la ville à cette époque , dans un endroit appelé Parlascio, se trouvaient aussi au moyen âge des ruines considérables provenant peut-être de l'antique palais des empereurs. Enfin, il y a quelques années, eu fouillant au pied du Campanile, on rencontra un pavement en mosaïque du palais ou du temple rond d'Adrien \

premier et second cercle. — A la chute de Rome, qui laissait les peuples italiens exposés aux invasions barbares, les Pisans durent moins s'adonner à ce luxe d'architecture que la paix de l'empire leur avait permis de déployer qu'à la défense de leur cité ; c'est donc à la date la plus reculée qu'il faut faire remonter la construction des remparts de la république.

Le cercle de ces anciennes murailles est complètement perdu pour l'histoire, et il se dérobe aux recherches des antiquaires à cause de l'absence de ruines et de documents. La position elle-même de la ville échappe à toute certitude ; Strabon la place au confluent de l'Arno et de l'Auser, rivière qui aujourd'hui a changé de nom comme de direction, et qui n'est autre que le Serchio. Rutilius, dans le récit de son voyage nautique, raconte qu'en approchant de Pise il vit cette antique cité au confluent des

4 . Dernièrement encore des fragments de dallage en mosaïque ont été retrouvés devant la façade du Dôme.

Fig. 3. — :

Simone.

tta-al-Parlascio.

deux fleuves, dont les eaux formaient une ceinture à ses murs :

AJphese veterem contemplor originis urbem Quam cingunt geminis Arnus et Ausur aquis.

D'après Roncioni , Pise en effet était placée au vm c siècle sur le bord de l'Arno, et Muratori rapporte un document de cette époque dans lequel on lit :

Actum fora justa muro istius civitatis prope fluvio Arno.

Comme renseignement sur les premiers remparts de la ville, nous pensons qu'on n'examinera pas sans intérêt le plan (fig. 3) publié par Flaminio <Jal Borgo, dans son second volume des Dissertations sur l'histoire pisane. Ce plan lui avait été communiqué par Carlo de' Lanfranchi Chiccoli ; on y lit en caractères très-anciens la suscription suivante :

Lo forte di Pisa de lo ottogento lui chonforme fue liniatoper maestro Bonnano da Pisa.

Nous ne donnons, je le répète, ce plan que sous forme de renseignement; Repetti le considère comme apocryphe ; cependant, et Morrona est de cette opinion, son tracé est conforme aux documents que nous avons cités. On remarquera que Bonanno, sans doute l'architecte du Campanile, y introduisit beaucoup d'églises de son temps.

L'accroissement de la population ou le besoin d'une meilleure fortification, donna lieu, vers l'an 1000, à la construction d'un second cercle; la ville était divisée alors non pas par quartiers, mais par portes^ qui correspondaient aux diverses entrées. On entrait à Pise par quatre portes principales :

1° Au nord la porta del Ponte, 2° Au levant la porta Samuele, 3° Au sud la porta Aurea, 4° Au couchant la porta al Mare.

Pour déterminer le périmètre de celte enceinte, des documents de l'époque donnent quelques jalons qui ne sont pas sans utilité dans cette étude.

Nous y trouvons que San-Andrea, San-Silvestro, San- Pietro -in-vinculis étaient des églises en dehors de la ville ; que San-Michele et le Borgo se trouvaient dans un faubourg appelé Forisportœ et très-rapprochés des murs.

Nous lisons dans un document du 25 juin 1051, publié par Muratori : Fuori délia citta di Pisa nel borgo presso la chiesa di San-Felice, texte qui établit la proximité de l'ancienne église San-Felice avec les remparts. L'église a disparu, il ne reste qu'une place de ce nom où nous voyons encore des chapiteaux antiques encastrés dans le mur.

Les églises San-Zenone, San-Lorenzo-alla-rivolta (emplacement de Santa-Caterina), se trouvaient encore au dehors de la ville 1 .

L'église Saint-Nicolas faisait face extérieurement à la porta al Mare.

Ces documents sur les murs ne donnent qu'une idée incomplète de leur direction, et pour remédier au vague des traditions et à l'incertitude où nous laissent les manuscrits, nous retrouvons malheureusement fort peu de ruines de cette enceinte; nous ne pouvons signaler ces

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