‹ Les monuments de Pise au moyen ageChapitre 3 sur 44 · Sismondi, V. VL chap. xl'i · texte numérisé non relu

Sismondi, V. VL chap. xl'i

vie ardente, et personne ne peut dormir de ce lâche et lourd sommeil qui engourdit les hommes dans nos centralisations modernes.

Pise construit son dôme et sa tour pour rivaliser avec saint Marc de Venise ; Lucques, sa cathédrale, pour disputer à sa voisine la gloire d'élever à Dieu le plus beau sanctuaire, et Florence n'eût sans doute pas élevé si haut ses voûtes de Sainte- Marie-des-Fleurs, sans ces exemples qu'elle voulait dépasser.

Au lieu des républiques de Venise, de Pise, de Lucques, de Gênes, de Florence, si l'on avait eu dès lors la mensongère unité que poursuit aujourd'hui l'Italie en trahissant son histoire et en foulant aux pieds les souvenirs les plus sacrés, toutes ces magnificences n'auraient pas vu le jour ; tout au plus si le budget, grevé au ptfofit d'une immense et monotone capitale, eût permis à ces cités célèbres de bâtir une salle nue et régulière pour abriter leur Dieu, après avoir soumis l'inspiration de leurs concitoyens aux froides corrections d'un conseil d'administration centrale.

Plus que toute autre, Pise se trouva dans ces heureuses conditions; elle avait la foi, cette république dont les armes étaient une croix et dont le sceau portait l'image de la Vierge (fi g. 1) ; elle avait le respect de la tradition, quand elle construisait

ses églises sur l'antique modèle des basiliques ou qu'elle entourait de respect les fragments de sculpture grecque; enfin elle avait la liberté, cette ville qui traitait presque d'égal à égal avec l'empereur d'Allemagne.

Aussi, de toute l'Italie occidentale, fut-elle la première à s'illustrer par la renaissance de ses arts.

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