‹ Les monuments de Rome après la chute de l'empire: le Colisée, le Panthéon, le mausolée d'Auguste, basilique de Constantin, théâtres, arènesChapitre 21 sur 83 · Dédié à Jupiter Tonnant ou à Junon. 6. Voir pi. 15 et · texte numérisé non relu

Dédié à Jupiter Tonnant ou à Junon. 6. Voir pi. 15 et

2. S. Lucia nel Cerchio, ou In Orthea, ou In Septizonio, ou In y. Guil. de Nangis, Gesta Lud. XI, éd. Duchesne, VI, 36^ SMisolio. Moroni, Diz. Erud., vol. XII, p. 73. Cf. Armellini, Le Nibby, Roma anlica, vol. II, p. 463.

l'étage le plus élevé; Virgile se présenta à l'heure dite, s'installa dans le panier, mais, quand il fut à mi-hauteur, la princesse ordonna qu'on cessât de le hisser et au matin les Romains virent awc étonnement leur poète ainsi suspendu entre ciel et terre. La ville entière accourut pour jouir de sa confusion.

C'est pourquoi le Septizonium s'est appelé quelquefois, au Moyen âge, Schola di Vergilio1.

Quand l'empereur Charles-Quint vint solennellement à Rome en 1536, le pape Paul III voulut le faire entrer par une voie digne de lui et telle qu'il vît d'abord ce que la ville pouvait lui présenter de plus admirable ; il fit donc établir une route du cirque Maxime au Colisée afin que l'empereur passât devant le Palatin, le Septizonium, les aqueducs qui existaient encore, l'arc de Constantin et le Colisée 2. Mais le Septizonium n'en fut pas sauvé pour cela. Sixte V avait besoin de beaucoup de pierres, et le Septizonium devait lui en fournir à discrétion. Sa destruction fut donc ordonnée, d'autant plus que le monument menaçait ruine 3 ; elle était, semble-t-il, chose accomplie, le 15 mai 1589, lorsqu'on soumit au pape le métrage et l'évaluation des travaux ; le monument avait été démoli « du haut en bas» et même on avait profondément fouillé le sol, à près de 10 mètres, pour en extraire les pierres qui en étaient tombées et les assises ; cependant Deseine prétend, au xvme siècle, avoir, vu des restes du Septizonium4.

Les comptes relatifs à cette démolition portent :

Extraction de 3 542 charretées 5 de pierre à b. 6, 12 l'une écus. 425.04

Pour avoir descendu avec des grues les trois corniches de marbre et en avoir

débarrassé le devant du monument 135

Pour avoir descendu les dix-huit colonnes que le temps avait fort détériorées et

dont plusieurs étaient en morceaux 6 54

Pour avoir déterré six rangs depéperinquiétaientsouslaconstruction.représentant

1 082 charretées à b. 15 l'une 162.30

Pour avoir déterré un autre rang de péperin plus large que les précédents, représentant 248 charretées, et l'avoir transporté 37-27

Pour avoir déterré un autre rang de péperin représentant 303 charretées 45-51

Pour avoir déterré un bloc de péperin 7.84

Pour avoir déterré un rang de pierres très dures 27.06

Pour 1 022 charretées de pierres extraites et débarrassées de leur ciment 7!-75

Pour les tranchées et leur comblement 28.33

Le total s'élevait à 994-10

que le pape réduisit à 905 écus.

1. G. Rucellai, Desc. di Roma dans Arch. Soc. Rom. di St. le Septizonium près de la porte Capcna, étonner ceux qui arrivaient Palria, 18S1, p. 597. Cf. Demotiosius ut supra, p. 24. CoM"'r.ETTi, du sud de l'Italie et d'Afrique. Le Antichitd délia Cilla di Roma, Virgilio ntl Media Evo, Florence, 1896, vol. II, p. 160. p. 170.

2. Cette entrée se trouve représentée dans une fresque du châ- 3. D'après B. Marliani, cap. lxv, qui écrivait au milieu dn teau de Caprarola qu'avait bâti précisément Paul III. Voir Or- siècle (xvie).

baan, Sixtine Rome, Londres, 1910, p. 237. Girolamo Mafiei 4. Rome moderne, 1713. vol. I, p. 278.

vendit 500 écus à Latino Giovenale de Manettis la « vigna del 5. La charretée était une mesure de capacité ; l'ancienne charre-

Settizonio» à travers laquelle devait passer la nouvelle voie. tée réprésentait 30 centimètres cubes; la nouvelle, après 1870,

Orano, Sacco di Roma, Rome, 1901, vol. I, p. 465. Au temps où représentait 80 centimètres cubes.

Fulvio écrivait, au commencement du xvie siècle, on pensait que 6. Les dessins, de Heemskerk en particulier, en représentent

Septirue-Sévère avait eu la même pensée et voulait, en édifiant vingt-deux.

/./■: si:i'i i/oxii m.

le septizonium. Gravure de Du Pérac (1575), pi. 13.

le septizonium et le colisée (rapproché). Gravure de Scamozzi (1583), pi. 25.

Monuments de Kome.

Durant quatorze mois l'enlèvement des débris se poursuivit sans relâche.

Avec tous ces matériaux, on construisit le piédestal de l'obélisque de la place Del Popolo (octobre 1588-avril 1589) et celui de l'obélisque de la place du Latran ; cent quatre blocs de marbre furent employés à la restauration de la colonne de Marc-Aurèle (1589) et à la construction de la base de la statue de saint Paul qui la domine, quinze blocs à la construction de la tombe du pape dans la chapelle Del Presepio à Sainte-Marie- Majeure, et quinze autres pour la tombe de saint Pie V; la façade nord du palais de Latran, l'escalier de la maison du « Conservatoire » des Mendicanti, un lavoir dans les bains de Dioclétien, l'église San Girolamo degli Schiavoni eurent leur part des dépouilles \ ainsi que le Vatican 2. On orna la porte du palais du Latran et celle de la Chancellerie avec les colonnes dont quelques-unes étaient lisses et les autres cannelées, comme on le voit sur les représentations de ces monuments. Dans la plupart des comptes de construction de Sixte V figurent des pierres ou des marbres fournis par la destruction du Septizonium. Cependant il restait encore des matériaux. Le 23 mai 1589, Bartolommeo Fontana recevait l'ordre de livrer à Muzio Mattei cinq blocs de péperin provenant du Septizonium 3 ; ils étaient destinés aux quatre fontaines que l'on construisait alors au croisement des rues Pia et Felice ; ces quatre fontaines existent encore et ont donné son nom à l'une des deux rues 4. D'autre part, il fut vendu pour 190 écus de marbres (cent charretées) à deux entrepreneurs5. Les thermes de Dioclétien eurent également à souffrir. Gualtieri rapporte, à la date du 12 février 1588, que la vaste place qui s'étendait devant ces ruines était encombrée de débris, mais que, grâce à l'activité du pape, elle avait été déblayée et aplanie. Plus de deux millions six cent mille pieds carrés de maçonnerie, assure Lanciani 6, furent détruits et réduits en poudre à cette fin. Les travaux durèrent du 16 mai 1586 au 15 mai 1587 ; les matériaux qui ne purent être employés sur place furent transportés dans le Vicus Patricius, actuellement Via del Bambino Gesù, dans le Vicus Portae Viminalis, actuellement Via Strozzi, et dans d'autres rues voisines 7. Sixte V détruisit également en grande partie l'aqueduc de Claude, qui avait encore une longueur de plus de dix kilomètres et dont certaines arches s'élevaient à près de 40 mètres de hauteur en certains endroits.

Les débris servirent à la construction d'un autre aqueduc, celui qui reçut du nom du pape le nom de Aqua Felice. Cet aqueduc, celui de l'Aqua Marcia et d'autres encore, étaient demeurés presque intacts jusqu'à cette époque, car les barbares, qui

1. Payement de 40 écus à un charretier qui a transporté des Heemskerk et de Brughel (Egger), il en existe une fort belle datée marbres à la colonne Antonin», à Saint- Jean de Latran et autres de 1582 par Charles Duchetus, gravée par H. van Schœl.

lieux (8 octobre 1588). Mand. Camer., 1587-1589, M. 76 ; 1590, 3- Mand. Camer., 1587-1589, fol. ni. Pour complaire à Sixte V,

{oI Muzio Mattei fit élever en ce lieu un palais qui passa ensuite

2. Rome, 4 août 1590. Ordre de compter 300 écus à Domenico aux Albani puis au marquis del Drago (commencement du de Carrare, acompte pour le transport et la taille des pierres prises xix« siècle).

au Septizonium et au Belvédère pour le nouveau palais du Vatican. 4- Cancellieri, Mercato, p. 189, n. 1.

Mand. Camer., 1590, fol. 42. Stevenson, p. 288 ; le fait, sans être 5- Archiv. di Staio, Roma, Archiv. Corn. Fabbrtche, an. 1591,

certain, est possible. Innocent X aurait supprimé les colonnes fol. 4, 37-

provenant du Septizonium. Moroni, Dit. di Erud., vol. XII, 6. Raines of ancient Rome, p. 239.

p. 262. Outre les gravures reproduites pi. 15 et celles de 7. Ibid.

Go MONUMENTS DE ROME.

n'avaient eu, en les coupant, d'autre but que de réduire la ville par la soif, s'étaient contentés de les rompre sur une petite longueur seulement. D'autre part, les « gardiens » de l'hôpital San Giovanni débitaient, quand ils avaient besoin d'argent, les arches de l'aqueduc de Claude qui se trouvaient sur les terrains appartenant à leur confrérie. La Porta Maggiore est un fragment de cet aqueduc ; c'est un de ceux dont il subsiste le plus de fragments et cependant vingt ans après sa construction, Vespasien devait déjà la restaurer.

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