‹ Les monuments de Rome après la chute de l'empire: le Colisée, le Panthéon, le mausolée d'Auguste, basilique de Constantin, théâtres, arènesChapitre 20 sur 83 · PLACE COLONNA. LA COLONNE ANTONINE RESTAURÉE · texte numérisé non relu

PLACE COLONNA. LA COLONNE ANTONINE RESTAURÉE

fresque de la BIBLIOTHÈQUE vaticane (Salle Sixtine). (Phot. Sansaini.;

Monuments de Rome.

gens du Moyen âge qui, pour se l'expliquer, le transformèrent bizarrement ; on lui donna les formes suivantes :

Septemzodium Septodium

Septodium Septem Viœ

Septisolium Septem Vias

Septifolium Septum Solis

Septem Solia Sedes Solis

Septem Solium Sedem Solis

Ce dernier nom lui vint de la croyance que le Septizonium avait été un temple l. Au ixe siècle, les papes Léon III (795-816) et Grégoire IV (817-844) établirent dans ce qui restait du monument une église dédiée à Santa Lucia ; cette église était, paraît-il, grande et bien décorée 2. Déjà la ruine avait commencé quand l'inconnu qu'on nomme Einsiedlensis vit le Septizonium et transcrivit l'inscription que portait le fronton ; la partie centrale s'était écroulée ; le Septizonium se trouvait donc divisé en deux parties dont l'une s'appelait Septem Solia Major, l'autre Septem Solia Minor 3. En 975, Stefano, fils de Hildebrand, donna aux moines de San Gregorio le Septem Solia Minor pour qu'ils le démolissent 4.

L'assaut terrible que subit le monument en 1084 occasionna les plus graves dommages ; Rusticus, le neveu du pape Grégoire VII, s'y était retranché lors de l'entrée à Rome de l'empereur Henri IV ; l'ennemi fit de son mieux pour le déloger, car le reste de la ville avait été occupé par lui ; des machines de guerre furent construites ; finalement Rusticus ne put résister et le monument fut emporté de vive force. « Un grand nombre de colonnes furent détruites en cette occasion », dit un chroniqueur5.

La place resta forte néanmoins et utile à occuper ; les Frangipani, qui possédaient tous les lieux d'alentour, s'y établirent au cours du xme siècle, et ce fut alors probablement que, dans le haut, les entrecolonnements furent murés 6. Peut-être que le sénateur Brancaleone ordonna une démolition partielle de l'édifice quand il fit abattre, en 1257, les forteresses des barons. Il y avait été retenu prisonnier par le peuple deux ans auparavant7.

On racontait, sur cet édifice, une singulière légende ; c'était là, disait-on, qu'habitait la fille de l'empereur Auguste quand elle joua d'un si méchant tour le poète Virgile qui lui avait conté fleurette et s'était permis de la poursuivre de trop d'assiduités. Elle lui fit savoir que son père la retenait prisonnière mais que, s'il voulait la venir voir, elle le ferait hisser dans un panier jusqu'à sa chambre qui se trouvait, disait-elle, à

peut-être, plus probablement, de la septuple ceinture que formaient Chiese, p. 56.

les frises. Maas y voit la corruption du mot Septizodium et en fait 3- L'inscription comptait 280 lettres ; l' Einsiedlensis en donne

le temple des sept planètes. Voir Marlianus, Urbis Roma Topog., 118, le Barberinianus, 45 : il en manque donc 117.

lib. IV, cap. vi. Il y avait un autre Septizonium sur i'Aventin ; 4. Mittarelli, Annales Camal., Venise, 1755, vol. I, App. XII,

toute trace en a disparu. Il Libro di Pyrrho Ligori, Venise, 1553, p. 96-

p. 36. A. Donato, De Urbe Roma, dans Gr^evius, Thésaurus Antiq. 5- « Quamplurimas columnas subvertit.tLiberPonlificalis,vo\.U,

Rom., vol. III, p. 792, D. Homo, p. 519. p. 290.

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