‹ Les monuments de Rome après la chute de l'empire: le Colisée, le Panthéon, le mausolée d'Auguste, basilique de Constantin, théâtres, arènesChapitre 25 sur 83 · LE CONSEIL COMMUNAL · texte numérisé non relu

LE CONSEIL COMMUNAL

et élevèrent tout autour de ce lieu une palissade. Le Conseil communal protesta aussitôt. Le Conseil secret fut réuni d'abord 1, le 11 mai, puis le Conseil public, le 14 ; il y fut exposé que, du fait des Jésuites, le peuple romain subissait un grave préjudice et une atteinte à ses droits, et les conservateurs reçurent mission de protester auprès du Souverain Pontife 2. Satisfaction leur fut donnée, mais quelques années plus tard, en 1614; redoutant probablement de nouveaux empiétements, le Conseil prit une résolution invitant les conservateurs « à pourvoir au maintien de la juridiction du Peuple romain 3».

L'année précédente, le Conseil avait pris sous sa garde les portes d'airain de l'église Sant'Adriano que les frères qui desservaient cette église semblaient vouloir détruire ; défense leur fut adressée de les changer de place ou de les endommager, et de disposer d'aucun objet ancien existant dans l'église 4. Ces portes avaient été données en 780 à cette église, disent certains écrivains, par le pape Hadrianus Ier, qui d'ailleurs l'enrichit en dotations et en objets de culte 5. Le pape Alexandre VII les fit transporter, à la fin du xviie siècle, à l'église du Latran; comme elles se trouvaient trop courtes, on y ajouta une bande de bronze sur laquelle étaient représentés des glands et des étoiles rappelant certaines pièces des armes de la famille Chigi dont était le pape. Le raccord fut si habilement fait qu'il est presque impossible de distinguer la partie antique de celle qui a été ajoutée 6.

Si le peuple romain s'arrogeait ainsi, en souvenir du passé, certains droits sur les monuments encore debout, c'était au Saint-Siège qu'il appartenait de disposer des vestiges qui gisaient épars et d'autoriser des fouilles pour rechercher les débris qui étaient enfouis, et cela non seulement dans les lieux publics, mais aussi dans les propriétés privées; on ne pouvait fouiller même chez soi sans une licence écrite émanant de la Chambre apostolique ou du camerlingue. Cette autorisation était, au surplus, souvent subordonnée à la condition que les excavations ne compromettraient en rien la solidité des édifices encore existants, ou que celui qui opérait les fouilles remettrait à la Chambre apostolique une partie de ses trouvailles.

i486, 17 novembre. — Autorisation àBartolommeo dit le Fou de déterrer des pierres par toute la ville, pourvu que ces fouilles n'ébranlent pas les constructions se trouvant au-dessus 7.

1506, 3 janvier. — Autorisation au Chapitre de l'église San Niccolô in Carcere (voisine du théâtre de Marcellus) de faire des fouilles autour de cette église, sous la surveillance toutefois de deux des Magistri Viarum 8.

1. Le Conseil secret était en quelque sorte le bureau du Conseil étude de Giuseppe Suaresio sur les Portes de bronze de Rome, communal. Il en préparait les délibérations. Cf. Liber Pontifi.ca.lis. Hadrianus, vol. I, p. 507, 509, 514. L'é-

2. Archiv. St. Capit., Cred. I, vol. 32, fol. 262, 263. glise Sant' Adriano occupe une petite partie de la Curia Julia

3. Ibid., vol. 32, fol. 67, 69. Séances du 28 et du 30 janvier. transformée par Dioclétien et qui n'a guère été modifiée pour sa Cf. Fr. Cerasoli, Usi e Regolamenti per gli Scavi di Antichitd in nouvelle affectation.

Roma nei secoli XV e XVI, Rome, 1897. 6. Les deux colonnes de porphyre qui formaient les montants de

4. Arch. Stor. Capit., Cred. I, vol. 32, fol. 46. Séances des 6 et la porte ont été placées sur le maître-autel de l'église S. Adriano. 13 mars 1613. 7. Archiv. Seg. Vat., Div. Camer., vol. 91, fol. 245.

5. Cancelueri, Mercato, p. 252, n. 5. Liber Pontificalis, vol. I, 8. Div. Camer., vol. 57, fol. 203. Les Magistri Viarum étaient nomp. 508-510. Fea, Miscellanea Arch., Rome, 1790, vol. I,p. CCCXI, niés parle Conseil communal; ils avaient la surveillance delà voirie.

1523, 29 juillet. — Deux entrepreneurs, dont une femme Maria Magdalena Brugmans, obtiennent l'autorisation de fouiller en certains lieux, à savoir au Colisée, près de l'église Santa Croce in Gerusalemme, «sur une voie publique qui va de San Sisto à San Sebastiano » (Voie Appienne) x ; il leur est imposé de remettre à la Chambre apostolique la moitié des objets en or et argent, des pierreries, des statues et des «marbres nobles» qu'ils trouveraient dans les lieux publics, le tiers seulement de ce qui serait trouvé dans les lieux privés, l'autre tiers étant réservé aux propriétaires 2.

1545, 6 novembre. — Autorisation accordée à un citoyen romain, Gaspare de Amodei, de faire des fouilles dans sa vigne sise près de l'Aventin, à condition de ne pas compromettre la solidité des édifices anciens ou modernes 3.

1546, 21 août. — Défense à la confrérie des marchands d'aromates, à qui appartenait l'église San Lorenzo in Miranda située dans le Forum, d'empêcher les opérations d'une association formée par un citoyen romain, Mario de Maccaroni, le barigel et les conservateurs dans la vue d'opérer des fouilles au Foro Boario, et d'en emporter des pierres ou autres objets trouvés par eux (21 août) 4.

Ce Maccaroni était un des entrepreneurs chargés de la construction du palais Farnèse et, comme le pape Paul III tenait beaucoup à hâter l'achèvement d'une œuvre qu'il avait entreprise en sa jeunesse, il lui donna la même année l'autorisation de rechercher non seulement des pierres de travertin et du marbre, mais aussi des statues partout où il voudrait, sans que personne pût l'en empêcher, de les transporter dans la ville et de s'en servir pour la construction du palais (6 novembre 1546) 5.

1550, 31 janvier. — Autorisation accordée à l'évêque de Bari, Geronimo Sauli, de faire des fouilles sur la place qui se trouvait devant sa maison 6 et de s'approprier sans partage les pierres «même précieuses» et les statues «même de bronze» qu'il pourrait trouver 7.

1551, 9 mai. — Autorisation de fouiller autour de l'église San Sebastiano 8.

1552, août. — Autorisation à Vittoria Arrivabene de fouiller où elle voudra, mais dans un délai de vingt jours 9.

1555, 20 mai. — Autorisation donnée à l'évêque de Chiusi, Figliuccio, de faire des fouilles dans la vigne qu'il habitait sur le mont Aventin10.

1. Div. Camer., vol. 73, fol. 103. «Sine alicuius œdificiorum aniiqua vel moderna ab hujusmodi effossione non devastentur. > publicorum prœjudicio vel deterioralione.» La même formule se retrouve souvent.

2. L'obligation d'abandonner à la Chambre apostolique une 4. Div. Camer., vol. 145, fol. 156. Le Foro Boario se trouvait partie du profit réalisé ou des objets trouvés se rencontre assez sou- entre le Janus et le fleuve ; c'était, comme son nom l'indique, un vent dans les permis de fouilles ; autorisation concédée à Andréa di marché à bestiaux.

Giovanni de Sienne, 9 mai 1551, de fouiller autour de l'église 5. Div. Camer., vol. 147, fol. 17.

San Sebastiano extra Muros. Div. Camer., vol. 168, fol. 160. Elle 6. Elle était située à peu près à l'emplacement qu'occupe la

était également imposée pour les fouilles hors de Rome, à place Maddalena, laquelle est voisine du Panthéon. Elle avait

Piperno, diocèse de Terracine, 20 avril 1562, à Montefalco, appartenu antérieurement au cardinal de Rimini, Ascanio Pari-

15 juillet 1568, dans les Marches (un quart à la Chambre). A un sano, mort en 1549- Div. Camer., vol. 151, fol. I7t acte du

ambassadeur du roi Très Chrétien il est permis de faire des fouilles 25 avril 1547 autorisant le cardinal à agrandir son palais.

autour de Rome sans partage. Arch. S. Vat., Div. Camer., 7. Div. Camer., vol. 15g, loi. 1S7.

vol. 177, fol. ir4 ; vol. 209, fol. 51 ; vol. 224, fol. 69 ; vol. 232, 8. Div. Camer., vol. 182, fol. 55; vol. 188, fol. 20; vol. 168, fol. 160.

fol. 189 ; vol. 244, fol. 8. Voir plus loin d'autres exemples. 9. Div. Camer., vol. 171, fol. r20.

3. Div. Camer., vol. 141, fol. 17. <s Dummodo adificia aligna 10. Div. Camer., vol. 182, fol. 55.

1558, 16 mars. — Autorisation donnée à un entrepreneur de rechercher des marbres, du travertin, du péperin, des pierres ou des colonnes, tant visibles qu'enfouis, dans les terrains avoisinant le fleuve, au port appelé Ripa Marmorata et jusqu'à la boucle du Tibre « qui se trouve hors des murs, vulgairement appelée La Volta di San Paolo », près de San Paolo, sous condition de partager avec la Chambre apostolique. Toutefois les matériaux de construction devaient appartenir en toute propriété au concessionnaire, lequel était tenu de rendre compte à la Chambre chaque semaine de ses découvertes. Les objets revenant à la Chambre devaient être livrés en barque le long du Tibre *.

1562, 10 juin. — Autorisation de fouiller dans la région du Parione, près de San Lorenzo in Damaso, sur la voie publique, avec pleine propriété des objets trouvés 2.

1562, 5 décembre. — Autorisation à Fulvio Amadeo, familier du pape, de fouiller sur le mont Aventin au lieu dit Arco délie Sette Vespe 3, avec obligation de partager à raison de deux tiers pour le concessionnaire et d'un tiers pour la Chambre apostolique 4.

1563, 29 mai. — Autorisation à Gio. Batta Margano de fouiller dans les lieux publics tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la ville, sous condition de partage avec la Chambre apostolique.

1565, 4 janvier. — Autorisation renouvelée à Sicinio Capisucco de faire des fouilles près de Santi Giovanni et Paolo et même autour de l'arc de Constantin avec l'autorisation des conservateurs 5.

1565, 10 février. — Autorisation à un citoyen romain, Francesco de Leonibus, de poursuivre des fouilles au Palatin, mais à ciel ouvert seulement sans percer de galeries.

1566, 10 janvier. — Autorisation à Innocenzo de Nazzano de fouiller dans son terrain, au Transtévère.

1566, Ier avril. — Autorisation à un notaire de fouiller dans sa vigne, près de la porte Salaria, c'est-à-dire dans les jardins de Salluste, et d'employer à son usage personnel tout ce qu'il pourra découvrir.

1566, 26 avril. — Autorisation à Gio. Batta de' Conti de fouiller dans son verger près de la tour Délie Milizie.

1566, 20 novembre. — Autorisation aux frères du monastère de Santa Maria del Popolo de fouiller autour de l'église Santa Susanna, dans le quartier Trevi6,àla condition de remettre au Souverain Pontife toutes les statues et toutes les inscriptions soit entières, soit brisées qu'ils trouveraient et de ne faire aucun dommage aux constructions anciennes ou modernes.

1566, 4 décembre. — Autorisation au Primicier et aux gardiens de l'hospice des

1. Archiv. Seg. Vat., Div. Camer., vol. 182, fol. 55. visible au temps de Bracciolini. Cf. Gregorovius, éd. 1875,

2. Div. Camer., vol. 209, fol. 74. vol. IV, p. 827 ; vol. VI, p. 849. Voir Du Pérac, pi. 23.

3. Cet arc se trouvait près du Testaccio ; c'était vraisemblable- 4. Div. Camer., vol. 209, fol. 147.

ment l'Areo de S. Lazzaro dout il reste quelques débris entre le 5. C'est la seule fois que ce consentement est mentionné. Le

Tibre et l'Aventin et qui avait été élevé par les deux consuls concessionnaire devait tenir la Chambre au courant de ses décou-

P. Cornélius Lentulus Scipio et T. Quinctius Crispinus Valerianus. vertes. Div. Camer., vol. 217, fol. 142. Lanciani, Scavi, vol. III, p. 139, 140. Cet arc était encore très 6. Près des thermes de Dioclétien. Div. Camer., vol 224, fol. 57.

pauvres idiots, situé place Colonna, de fouiller dans la rue voisine de cet hospice et de l'église San Stefano in Trnllo.

1567, 12 mars. — Autorisation de fouiller dans le quartier Ponte, près de Santa Maria in Pace.

1568, 5 septembre. — Autorisation à Paolo di Matteo de Castello de fouiller dans toute la ville, dans les places et les rues aussi bien que dans les propriétés privées, avec le consentement toutefois des propriétaires, et dans un délai d'un mois.

1568, 14 juillet. — Autorisation d'opérer des fouilles au Transtévère à condition de ne pas causer de dommage aux édifices voisins à peine de 500 ducats d'amende.

1569, 21 janvier. — Autorisation à Cipriano de Naples, général de la Congrégation du mont Oliveto, de faire rechercher des pierres au bord du Tibre, au lieu dit Marmorata ainsi que dans les lieux avoisinants, et d'en transporter cent « charrettes » * à Naples pour l'usage de la congrégation.

1569, 10 avril. — Autorisation de fouiller au quai Marmorata accordée à Camillo Costa de Macerata avec obligation de partager avec la Chambre apostolique.

1570, 29 juin. — Autorisation de fouiller près de Saint-Pierre-aux-Liens sous la surveillance et avec les conseils de Pietro Thedallini chargé par le pape de ce contrôle.

1571, 12 janvier. ■ — Autorisation à Cassandra de Grassi de fouiller près de Santa Croce in Gerusalemme (Palais Sessorianum) .

1571, 8 mai. — Autorisation au cardinal Ippolito de Médicis de fouiller près du monument appelé « Les Trophées de Marius », sans toutefois s'en approcher à plus de 40 mètres ; les pierres, les colonnes et les plombs qu'il trouverait lui appartiendraient en totalité 2.

Parfois ces fouilles donnaient des résultats inespérés. Sous le pontificat de Paul III (février 1542), des ouvriers occupés aux travaux de Saint-Pierre découvrirent le tombeau de l'impératrice Marie, fille de Stilicon et femme de l'empereur Honorius3. Elle avait sans doute demandé à être ensevelie près du prince des Apôtres. On retira du sarcophage un linceul tissé d'or qui fut détruit ; l'or qui en fut extrait pesait 40 livres ; il y avait en outre des colliers, des boucles d'oreilles, des ornements et une quarantaine d'anneaux d'or enrichis de pierres précieuses dont l'une portait gravé le portrait de l'empereur ; elle fut évaluée 500 ducats; un coffret d'argent de 50 centimètres environ contenait des petites roses en métal précieux, en agathe, en onyx, une lampe taillée dans du cristal de roche.

Le pape se fit livrer tous ces trésors ; il orna ses tiares et ses vêtements sacrés avec les gemmes ; il fit fondre l'or et l'argent4.

Mais ces fouilles n'étaient pas sans danger ; au cours de travaux accomplis en 1912

1. « Dummoio jovea vteinis et antiquitalibus si qu& sint damnum fol. 172 ; vol. 292, fol. 198 ; vol. 282, fol. 23 et 91 ; vol. 237, fol. 134, non afferal, effodere possis et valeas...» Div. Carnet., vol. 232, fol. 189. vol. 245, fol. 78 et 150.

2. Div. Camer., vol. 209, fol. 147; vol. 209, fol. 74; vol. 217, 3. Honorius épousa en secondes noces sa sœur Thermansia fol. 164; vol. 217, fol. 142 ; vol. 224, fol. 57; vol. 225. fol. 55 ; qu'il répudia plus tard.

vol. 214, fol. 129 ; vol. 219, fol. 143 ; vol. 222, fol. 122 ; vol. 226, 4. C. Huelsen, Scavi nel Rinascimento, Florence, 1913, p. 5.

LA STATUL 1)1: ' ().\ STAXTI.X.

LA STATUE DE CONSTANTIN ACTUELLEMENT AU LATRAN ET PROVENANT DES THERMES DE CONSTANTIN. (Phot. MoSCioni.

Monuments de Rome

dans les thermes de Caracalla, on découvrit une crypte à 10 mètres de profondeur dans laquelle gisaient huit ou neuf squelettes; c'étaient sans doute des fouilleurs qui avaient été écrasés par l'effondrement de la voûte pour ne l'avoir pas bien étayée l.

D'autre part, l'exportation des objets d'art, des statues, des colonnes, des marbres, des bronzes, des pierres sculptées était interdite; les papes avaient promulgué à ce propos de nombreux édits, mais ils ne tenaient pas toujours la main à leur exécution. Tous les étrangers qui venaient à Rome emportaient des souvenirs et achetaient, pour augmenter leurs collections, les antiquités que l'on découvrait chaque jour ; ceux qui n'y allaient pas chargeaient les voyageurs de leur en rapporter. Ainsi, durant les séjours qu'il fit à Rome, Rabelais s'occupa de fournir ses amis de France « d'antiquailles», monnaies, objets d'art, fragments d'architecture, statues ; au connétable Anne de Montmorency, il envoya entre autres choses une statue de Vénus et des bustes, et le connétable lui écrivit pour réclamer encore d'autres antiquités : « Je ne veux oublier à vous avertir, disait-il, que j'ai fait arranger toutes mes têtes et médailles à Chantilly, qu'il fait merveilleusement bon voir, mais il reste des places vides. Vous savez que c'est à dire et que vous me ferez grand plaisir si cependant que vous êtes par delà vous me veuillez aider à les remplir » (1536) 2.

D'ailleurs, non seulement le pouvoir fermait les yeux, mais souvent il consentait qu'on dérogeât à ses prescriptions.

1541, 23 mai. — Autorisation de laisser sortir de Rome en franchise des marbres et autres curiosités, comme aussi de l'argenterie, appartenant à l'ambassadeur de France, M. de Todes3.

1546, 13 avril. — Autorisation de transporter de Rome à Gênes quelques statues 4.

1547, 20 décembre. — Autorisation à « De Entraygues, familier du roi de France», d'emporter en France des antiquités de marbre, un Hercule de marbre d'un mètre de haut, une tête de bronze d'Antoine le Pieux5....

1550, 11 avril. - — Autorisation à Charles, cardinal de Guise, d'envoyer en France des statues de marbre pour le roi de France 6.

De 1554 à 1556, le cardinal d'Armagnac fit de grands envois de marbres à la comtesse de Montmorency 7.

I555. 7 mai- — Autorisation à l'évêque Marco Lauredano d'envoyer à Venise dix « têtes de marbre » 8.

1551, 6 novembre. — Autorisation au cardinal de Gaddi d'exporter des statues 9. 1555, 30 avril. — Autorisation au cardinal Georges d'Armagnac d'emporter en

France les bustes suivants :

1. C Huelskn, loc. cit., p. 7. 4. Archiv. Seg. Vat., Div. Camer., vol. 145, fol. 23.

2. Lettres écrites it Italie, éd. Bourilly, Paris, 1910. 5. Ibid, vol. 153, fol. 20.

3. Bertolotti, Artisti jrancesi in Roma, Mantoue, 1885, p. 49. 6. Bertolotti, Artisti /rancesi in Roma, Mantoue, 18S6, Il s'agit de Georges d'Armagnac, baroD de Caussade, évêque de p. 50.

Rodez de 1529 à 1562, cardinal en 1544, ambassadeur à Rome 7. Div. Camer., vol. 161, fol. 202-205.

en 1539, mort en 1585. De Rodés on a fait Todes. Fi.eury-Vindry 8. Div. Camer., vol. 182, fol. 39.

Les ambassadeurs français, Paris, 1903, p. 32. 9. Div. Camer., vol. 182, fol. 33-34.

Tête de Vitellius avec le buste;

Tête de Marc-Aurèle avec buste cuirassé;

Tête de Septime-Sévère ;

Tête de Caracalla;

Tête de Geta ;

Tête de femme, buste d'albâtre et piédestal de marbre;

Tête de Domitien;

Tête de Vitellius;

Tête d'Hercule jeune;

Tête d'Olhon.

En 1557, le cardinal de Montepulciano xest autorisé à exporter deux statues représentant l'une Mercure, l'autre «une femme qui s'enlève une épine du pied»2.

En 1564, le pape Pie IV fit don à Cosme Ier d'une colonne de granit oriental haute de vingt brasses, tirée des thermes de Caracalla ; elle fut placée à Florence sur la place Santa Trinità ; la statue de la Justice qui la domine fut tirée par Romulo Ferrucci, dit Tadda, d'un bloc de marbre provenant du même lieu 3.

Le 3 avril 1565, un entrepreneur reçoit l'autorisation d'expédier en Espagne douze têtes d'empereurs avec leurs torses et des piédestaux ; douze têtes d'empereurs sans bustes ni piédestaux ; une tête de Faune et quatre « petites têtes » 4.

1568, 10 juillet. — Autorisation à Pirro ou Pyrrho Ligorio, le fameux antiquaire, archéologue et architecte, d'exporter des statues ou de les faire exporter par ses agents, à savoir une tête «à l'imitation de Scipion», une tête d'Auguste en marbre de couleur, une d'Antinoé, trois statuettes, une dalle, un âne5. Ligorio finit d'ailleurs par être emprisonné ; Napolitain comme le pape Paul IV, celui-ci lui avait donné la direction des travaux de Saint-Pierre et du Belvédère, mais, en 1565, on l'accusa d'avoir détourné des fonds dans la construction du Belvédère et fait payer plus qu'elles ne valaient des statues et des armes antiques destinées à l'ornementation des appartements, partageant le profit avec les marchands 6.

1568, 15 juin. — Autorisation à Sigismondo Saraceni, archevêque d'Acerenza et et Matera (Mateola), Sicile, d'exporter un buste de Vitellius, dix fûts de colonnes de porphyre et quelques petites pierres 7.

On lit dans les Awisi, sorte de recueil officiel de faits divers, à la date du 29 janvier 1568 : « Les douze empereurs qui étaient si soigneusement gardés au Belvédère ont été envoyés par Pie IV bien emballés au roi Catholique 8. » A la date du 10 août : « Le reste des statues de la villa de Jules III qui sont en possession du cardinal de Montepulciano s'en vont peu à peu chez le duc de Florence avec quantité de pierres et de

1. Giovanni Ricci, mort en 1574. 6. Bibl. Val., Cod. 6436. Awisi, fol. 35- Muntz, Hist. de l'Art,

2. Div. Carnet., vol. 182, fol. 39. vol. III, Paris, 1895, p. 264. Cf. GrjEVIUS, vol. XI, p. 448.

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