‹ Les monuments de Rome après la chute de l'empire: le Colisée, le Panthéon, le mausolée d'Auguste, basilique de Constantin, théâtres, arènesChapitre 27 sur 83 · TEMPLE DE NEPTUNE · texte numérisé non relu

TEMPLE DE NEPTUNE

le temple de nepiune (actuellement bourse). Gravure de Giovannoli Alô (1619), 3e p., pi. 6.

le temple de Neptune, « douane de terre au xvill' siècle». Gravure de la fin du XVIIIe siècle.

Monuments de Rome

A la date du 29 avril 1729, Valesio rapporte que le cardinal de Polignac a fait dan, son palais (Altcmps) une exposition des statues trouvées dans les fouilles opérées par son ordre à Frascati, parmi lesquelles figuraient une Hygia, un Esculape, une Minerve... Il en avait acheté aussi plusieurs et s'apprêtait à envoyer le tout en France. Le 7 mai, ces statues étaient embarquées à Civitavecchia 1.

Le 7 juillet de la même année, le cardinal Albani, ayant à doter sa nièce, obtint du pape la permission de vendre des statues à l'étranger 2.

La plupart des grands seigneurs romains se piquèrent de réunir d'importantes collections d'antiquités ; le cardinal Pietro Barbo possédait déjà, en 1457, nombre d'objets d'art et, après lui, beaucoup de cardinaux, le cardinal Alessandro Farnèse, qui fut le pape Paul III, le cardinal Innocenzo del Monte (1577), le cardinal Enrico Caetani (1591), le cardinal Gaspare Carpegna, à ne citer que ceux-là, se plurent à orner leurs palais et leurs jardins de statues et d'antiques de toute espèce ; les nobles et les marchands enrichis suivaient leur exemple, mais le moment venait toujours où, les biens héréditaires ayant été dissipés, les familles vendaient ces trésors, qui généralement étaient transportés au loin. Par exemple, entre les années 1577 et 1616, le comte Madruzzi, représentant du duc de Savoie, fit de nombreux achats, et toutes les statues ayant appartenu aux Altoviti passèrent ainsi à Turin. Une partie des statues des Chigi furent acquises, en 1728, par le baron Raymond Leplat 3. On pourrait accroître sensiblement cette nomenclature 4.

A partir du xvne siècle, le Saint-Siège et le Conseil communal travaillèrent d'accord à la conservation des monuments ; il ne s'agissait plus alors de les défendre contre les atteintes de bâtisseurs d'églises et de palais, mais contre les entreprises de ceux qui prétendaient les utiliser à leur profit au grand dommage de ces ruines5. Le Conseil n'entendait pas d'ailleurs laisser discuter ses droits; il se montrait toujours très chatouilleux à ce sujet, mais, comme les ressources de la commune étaient de plus en plus limitées et que le pouvoir pontifical s'était attribué à son égard des droits de tutelle, le Conseil communal devait se borner à faire visiter par ses représentants les monuments, à en empêcher la dégradation, à indiquer au Souverain Pontife les restaurations qui s'imposaient et les sommes que la Chambre apostolique aurait à fournir à cet effet. Ce fut le cas, par exemple, pour l'arc de Constantin, où la dépense fut importante 6.

Dans la séance du 16 avril 1714, l'architecte du Conseil, Alessandro Specchi, fut chargé de faire un relevé exact de tous les monuments dépendant du Peuple 7.

Le Saint-Siège, quand besoin était, intervenait lui-même pour protéger les monu-

1. Archiv. Sior. Capit., Cred. XIV, vol. i8, p. 32-223. par le sculpteur V. Pacetti, dont beaucoup passèrent à l'étranger.

2. Ibid., Cred. XIV, vol. 18, p. 234. 5. Voir les monographies des monuments.

3. G. Fiorelli, Documenti inediti per servira alla storia dei 6. Voir p. 101.

Musei d'halia, Rome, 1878-1879. 7. Arch. Stor. Capit., Cred. I, vol. 44, fol. 14 et 16. Le rapport de

4. Guattani, Memorie inciclopediche, vol. III, Rome, 1805, l'architecte, qu'il eût été si intéressant de pouvoir consulter, a p. 85 et suiv., a donné une liste d'œuvres d'art restaurées disparu.

ments; le 21 octobre 1720, une ordonnance pontificale fit défense de pratiquer des fouilles, de détruire les anciens monuments même s'ils menaçaient ruine, de broyer et de réduire en plâtre les plaques de marbre portant des inscriptions l.

Ce n'est pas à dire que les monuments fussent absolument respectés ; le XVIIe et le XVIIIe siècle en ont vu disparaître et de fort beaux.

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