‹ Les monuments de Rome après la chute de l'empire: le Colisée, le Panthéon, le mausolée d'Auguste, basilique de Constantin, théâtres, arènesChapitre 29 sur 83 · SANTA CROCE DI GERUSALEMME. A GAUCHE, LES VESTIGES DU SESSORI ANUM · texte numérisé non relu

SANTA CROCE DI GERUSALEMME. A GAUCHE, LES VESTIGES DU SESSORI ANUM

ARC DIT DE PORTUGAL. Gravure tic Giovannoli Alô (1619), 3P p., pi. 3.

Monuments de Rome

LES ANTIQUITÉS AU XVIIe SIÈCLE. 83

ils mesuraient 260 mètres de long sur 220 de large ; actuellement il n'en reste plus que de rares vestiges engagés dans des constructions modernes.

Les thermes étaient une mine inépuisable d'antiquités ; les deux grands bassins de granit que l'on voit devant le palais Farnèse furent découverts l'un dans les thermes de Titus, l'autre dans les thermes d'Antonin 1. Les colonnes en vert antique de la loggia centrale de ce palais viennent des thermes de Acque Albule2. On sait que le Laocoon a été exhumé dans les thermes de Trajan ou tout à côté.

Ce fut sous le pontificat d'Alexandre VII que s'accomplit la dernière destruction d'un monument ancien faite de propos délibéré. « Le lundi 18 août 1662, dit un Diario romain, le pape se transporta au Corso pour y décider la démolition de l'arc de Domitien dit de Portugal 3. »

L'arc élevé en l'honneur d'Hadrien sur la voie Flaminienne, en face deYAra Paris, s'était appelé au Moyen âge : Arc d'Antonin, de Domitien, Ad Très Faccicellas ou Retrofoli 4 ou Tripolis 5 et finalement de Portugal, parce qu'au commencement du xvie siècle le cardinal Costa, dit de Portugal, avait son palais dans le voisinage. Ce cardinal voulut même le faire abattre mais dut renoncer à son projet.

Alexandre VII, jugeant qu'il obstruait le Corso où la circulation devenait de plus en plus grande, en décida la démolition, et il ne semble pas qu'il y ait eu à Rome beaucoup de protestations. On mit trois ans à achever ce travail, car l'inscription qui commémore la destruction de l'arc et l'élargissement du Corso qui en fut la conséquence porte la date de 1665 6. Deux des colonnes qui décoraient l'arc furent acquises par le prince Pamfili au prix, qui paraît élevé, de 2 000 écus ; elles servirent à orner le maître-autel de l'église Sant' Agnese ; deux autres allèrent décorer la chapelle Corsini dans Saint-Jean de Latran. La clé de l'arc représentant la Germanie subjuguée fut déposée, par ordre du pape, dans le palais de la Sapienza, au pied de l'escalier de droite; elle y est demeurée7. Deux des bas-reliefs furent transportés au Capitole; on les y voit encore 8.

En revanche, Alexandre VII fit restaurer la pyramide de Caius Cestius Poplicius datant de la première moitié du Ier siècle ; elle se trouvait, comme tous les autres monuments romains, fort enterrée 9. En 1556, le pape décida de la dégager et de la restaurer et se déclara prêt à débourser, à cet effet, une somme de 800 écus ; dans la séance

1. Corografia di Roma, Rome, 1846, p. 107. Cette stèle existe au Musée du Vatican, dans la galerie des Statues.

2. Lanciani, Vicende Edilizie, p. 38. 6. Forcella, Isc, vol. 13, p. 90, n. 128. Et le travail, on l'a

3. Bibl. Corsini, actuellement Lincei,Cod. 36, A, 4, p. 63.V0irpl.21. vu, avait été commencé en 1662.

4. Vacca, Memorie, § 10, pense que ce nom venait des Trophées, 7. Nibby, Roma antica, part. I, p. 471. Cf. Lanciani, Varia dans Trofei, qui se voyaient sur l'arc. Bull. Com. Arch. Com. di Roma, 1896, fasc. IV, p. 239.

5. A cause de trois villes qui y étaient figurées, disait-on, ou 8. Homo, p. 49. Lanciani, The Ruins and Excavations ot ancient plutôt, pense Lanciani, à cause d'un pilier qu'on voyait encore Rome, p. 504. Pour les destructions de la fin du xix« siècle, voir en 1740 dans le voisinage du lieu où s'élevait l'arc et sur lequel Angelo Pellegrini, Edificiantichi,atteratied alterati, Rome, 1870. étaient sculptées trois femmes drapées de deuil et ayant l'apparence 9. A quinze pieds au-dessous du sol. Ce sépulcre fut construit, désolée, représentantpeut-êtretroisvillessubjuguéesparrempereur. dit une de ses inscriptions, en trois cent trente jours par

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du 30 septembre 1650, le Conseil vota d'ajouter 1 200 écus aux 800 écus que le pape mettait à sa disposition afin de compléter les 2000 écus nécessaires pour ce travail ; l'architecte du Peuple romain, Domenico Castelli, en fut chargé sous la direction du marquis Scipione Santa Crocc; il devait, après avoir dégagé la pyramide, établir un mur tout autour, arracher les plantes et les arbustes qui l'avaient recouverte, sceller les pierres branlantes avec des crampons de fer, travail qui coûta 50 écus, remplacer les marbres qui manquaient ; ils furent fournis par Leonardo Agostini, qui s'intitule « antiquaire du Souverain Pontife» ; on lui paya 60 écus; ce n'était qu'un acompte. Les travaux ne furent achevés qu'en 1663, ainsi qu'en témoigne une inscription. Durant les fouilles, on découvrit, en perçant la paroi1, une chambre intérieure dans laquelle étaient quelques peintures 2 ; elles avaient trait aux fonctions de Cestius qui était un des Septemviris Epulorum, chargés de veiller à la table des dieux3. « Cette petite chambre est garnie d'un stuc très dur, dit La Lande 4, qui se faisait avec de la chaux et de la poudre de marbre ; on y voit de grands compartiments peints de différentes couleurs, mais dont les peintures sont presque entièrement effacées ; elles représentent différentes figures assises, debout et en l'air, d'un heureux choix d'attitude et d'un dessin élégant ; elles sont relatives à la charge de Cestius, car on y voit une personne qui prépare une tourte et d!autres qui tiennent les instruments de musique usités dans les festins solennels. »

Autour du monument on découvrit plusieurs fragments antiques, deux fûts de colonnes, deux piédestaux et un pied de bronze qui sont au Musée du Capitole.

Au commencement de l'année 1700, la pyramide fut frappée par la foudre ; il fallut rétablir la pointe et sceller les blocs assez nombreux qui avaient été disjoints ; on en profita pour enlever la végétation qui s'était de nouveau emparée du monument. Il en coûta 50 écus 5.

l'héritier de Cestius, Pontius Mêla, et un affranchi du nom de Pothus. Ibid., col. 376 B et 535 C: Description de Rome de Fabricius.Hoiao,

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