Lanciani, Nolizie, p. 286. 19 novembre
4. A. Bertolotti, Artisti Lombardi a Roma, Milan, 1881, p. 75. 8. Cod. Vat. Lat. 8717 ad an. St. Fraschetti, Il Bemini,
5. Arehiv . di Stato, Roma, Mand. Camer. , 1597-1598, fol. 36, 40, Milan, 1900, p. 58. Un contemporain, Giano Nicio Eritreo, rapporte 41, 53, 162 v. ; Fabbriche 599-1601, fol. 89, 1561, 157. que le pape «voulut donner un emploi plus noble à ce bronze ».
velles tenu par ordre du Saint-Siège, signale également cette spoliation ï : « Cette semaine on a commencé à descendre les lames de bronze (du Panthéon) avec lesquelles on s'apprête à fabriquer le baldaquin du maître-autel de Saint-Pierre » (4 octobre 1625).
Les lames arrachées étaient remises en partie à un ferronnier qui les rompait en morceaux et les livrait ensuite à la fonderie ; le 4 avril 1626, Giovanni de Santi reçut pour ce travail 50 écus, le 21 novembre autant2. La fonderie était établie dans le château Saint- Ange et avait pour directeur le chevalier Bernin qui, malgré ses goûts artistiques et le respect qu'il faut lui supposer pour les choses de l'architecture, ne se refusa pas à cette besogne. Le 21 octobre 1626, il lui fut remis de ce chef une provision de 10 écus 3. Il semble que le métal envoyé à la fonderie du château Saint-Ange, qui servait d'arsenal au Saint-Siège, était destiné à la fabrication des canons ;le7 novembre, deux fondeurs « de l'artillerie pontificale» reçoivent 400 écus pour leurs services 4. Le dépositaire général de la Chambre apostolique, qui était alors Marcello Sacchetti, avait, au reste, reçu un ordre de payer toutes les sommes nécessaires soit à l'enlèvement des bronzes, soit aux travaux de réparation 5.
Ce fut en outre avec du bronze du Panthéon que l'on fabriqua l'urne destinée à contenir les cendres de sainte Bibiane, laquelle fut placée dans l'église qui lui était dédiée 6.
Suivant Torrigiano, le poids total du bronze ainsi enlevé s'éleva à 450 251 livres (les clous à eux seuls représentaient 9374 livres) ; on en évalua la valeur à 67 260 écus7. L'une des chevilles de bronze qui maintenaient les lames se trouve au musée Strozzi, à Florence; le poids en est de 50 livres, et la longueur de deux palmes, soit un demi-mètre8; une autre de ces pièces fut remise au duc d'Alcala qui l'emporta en Espagne 9.
Le président de Brosses ne trouvait rien à redire, cent ans plus tard, à cette destruction. « Mais le moyen de lui en vouloir (au pape), écrit-il, quand on sait qu'il en a fait le superbe baldaquin de bronze de Saint-Pierre 10. » Tout le monde ne pensait pas comme
1 Awiisi, Archiv. Seg. Vol., et Cod. Urb., 1648, c. 105. of Ancient Rome, Londres, 1892, vol. II, p. 126.
- Archiv. di Stato, Roma, Deposit. gêner., 1626, fol. 89, 286. 8. La tête de cette cheville porte des traces de martèlement.
3 Ibid., fol. 260. Chronique de Valesio. Archiv. Stor. Capit., Cred. XIV, vol. 39,