Voir pi. 39. 8. Ibid., Cred. VI, vol. 16, fol
4. Ibid., Cred. VI, vol. I, p. 75 ; vol. II, fol. 42. 9. A. Nibby, Roma antica, vol. I, p. 456.
Le 3 avril 1732, les conservateurs donnent 200 écus au «Tribunal des Voies» pour le prix d'un gros bloc de marbre provenant de la Douane, c'est-à-dire du temple de Neptune, Piazza di Pietra1, et 66 écus au surintendant des fouilles des Orti Farnesiani, au Palatin, pour des marbres et des pierres2. Ainsi se poursuivait la méthode de restaurer un monument avec les débris d'autres monuments 3.
Il fut accordé 200 écus à Filippo de Rossi, administrateur des biens de la famille Cornovaglia, pour prix de la petite maison qui était adossée à l'arc.
L'un des principaux travaux à faire était la restauration des statues de captifs barbares en marbre de Phrygie qui ornent le sommet des colonnes ; l'une d'elles, sur la face opposée au Colisée, faisait défaut 4, ainsi qu'une des huit colonnes, peut-être celle qui la supportait 5 ; les sept autres statues avaient été fort maltraitées, il leur manquait « les bras et les mains ; il leur manquait aussi la tête. La tradition voulait qu'un matin de l'année 1534 les Romains se fussent aperçus avec indignation que les sept têtes avaient subitement disparu ; on accusa du larcin un collectionneur, et les soupçons se portèrent sur Lorenzino de Médicis, celui qui devait trois ans plus tard assassiner Laurent de Médicis ; il était très curieux d'antiquités et la voix publique l'accusait de s'être déjà plus d'une fois approprié par fraude des pièces pour son musée. Il était peu vraisemblable, à vrai dire, qu'on fût parvenu à scier en une nuit, à cette hauteur, les sept têtes ; néanmoins le pape dut éloigner Lorenzino 6.
D'ailleurs le Conseil communal convoqué en hâte avait voté la peine de l'exil contre le coupable ; le sénateur fit plus, il mit sa tête à prix. Cependant le cardinal de Médicis alla trouver le pape. Lorenzino ne fut pas poursuivi et bientôt l'affaire s'assoupit 7.
Deux siècles s'étaient donc écoulés exactement quand, en 1734, on songea à réparer le dommage ; le plâtrier Carlo Giardoni reçut en deux fois 100 écus pour une maquette de la statue manquante, et le sculpteur Pietro Bracci eut 300 écus pour l'avoir sculptée ; il lui fut compté, en outre, 320 écus pour la sculpture des huit têtes à 40 écus l'une, car pour la statue manquante, on avait compté, semble-t-il, la tête à part 8. Bracci reçut
i.Voirpl. 14, i8et 19. Lesrestesdecemonument, qui servait d'hô- 4. Elle se voit au musée du Capitole, dans le portique; la
pital au Moyen Age, dont on fit au xviir8 siècle la Douane et qui est partie supérieure n'existe plus. Heleig, Guide dans les Musées d'ar-
devenu le Palais de la Bourse en 1879, appartiennent, àce qu'il théologie de Rome, trad. Toutain, Leipzig, 1893, vol. I, p. 295.
semble, au portique ou au temple de Neptune, surnommé «Argonau- 5. Voir ce qui a été dit page 138, n. 5.
tarums parce que les exploits des compagnons de Jason y étaient 6. En outre on n'a jamais trouvé trace à Florence de ces sept
représentés. On l'appelait, au temps de Stendhal et avant, le têtes. On a pensé qu'une tête de barbare captif, exhumée dans le
temple d'Antonin le Pieux. Agrippa l'avait fait élever pour com- voisinage de l'arc et qui est actuellement au Vatican dans la
mémorer ses victoires navales. Les parties encore visibles ne chambre des Bustes, appartenait à une de ces statues, mais elle
sont qu'une très minime portion de l'édifice. est en marbre blanc, tandis que les barbares de l'arc de Constantin
La place qui s'étend devant le monument s'appelait jadis» De sont en paonazzetto. Helbig, Op. cit., p. 167. Misson, Nouveau
Preide»ou «Del Trullo». Le nom de «Piazza di Pietra» (Preide est Voyage d'Italie, La Haye, 1702 (ire édit, 1668), vol. II, p. 234.
peut-être une corruption de Pietra ou de Preti à cause des prêtres 7. E. Petersen, Bull, dell' Archiv. Germanico, 1889, p. 314 et
del'hospice) lui vint de la grande quantité de fragments architec- suiv. B. Varchi, Istoria... Fiorentina, Leyde, s. d., lib. XV, p. 618.
turaux trouvés en ce lieu (Adinolfi, vol. II, p. 376. — Stendhal, Monaci, Bull, délia Com. Archeolog. Com. di Roma, an. XXVII,
vol. I, p. 157). On voit sur le fût de la quatrième colonne de gauche Rome, 1900, p. 75 et suiv. Vacca, Memorie, § 9.
une petite croix gravée qui semble prouver une affectation reli- 8. Il paraît donc bien établi que les statues reçurent de nouvelles
gieuse. têtes en 1734. Cependant on lit {Lettres contenant le Journal d'un
2. Le 4 mars 1733, il fut payé 16 écus à Pietro Blasi pour un Voyage à Rome en 1773, Genève, 1783, vol. I, p. 223) que ces morceau de marbre grec. statues « n'avaient plus de têtes». Et l'auteur rappelle à ce propos
3. Le maître-maçon fut Santé Maggi, le charpentier Francesco la boutade d'Arlequin à qui on demandait des nouvelles du gou- Maria Perini, le sculpteur Pietro Bracci. verneur de la ville tombé de son balcon : « Il va bien, hormis qu'on
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l'arc de Constantin, côté du PALATIN. Sur la face latérale, la porte d'accès à l'intérieur.
l'arc de Constantin. Face montrant les traces de l'habitation adossée.