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NOTRE-DAME DU TAUR. IO

nance, et c'est peut-être pendant ces démêlés qu'il fut résolu d'un commun accord de construire un sanctuaire plus vaste. La blason de l'abbaye de Gadouin, d'azur à trois fleurs de lis d'arg-ent timbré de la crosse abbatiale, que l'on voit à la clef de voûte de la petite chapelle intermédiaire, semble ainsi indiquer sa destination nouvelle avec sa date.

11 arrivait j)arfois aussi que la construction d'une grande abside n'était pas possible, surtout au milieu des villes, parce que l'espace manquait, et deux petites absides prenaient moins de place en profondeur.

Les capitouls avaient donné une maison aux moines dans la rue du Taur, pour leur permettre de surveiller la g-arde de la précieuse relique. Ils surveillèrent si bien qu'après un envoi de l'insigne relique à Paris sur la demande de Charles VI, son retour à Toulouse en 1399 et un long procès entre les capitouls après lequel elle fut remise au collège Saint-BcF'nard , les religieux hnirent par l'enlever pendant la nuit, en i455, pour la ramener dans leur abbaye.

De la petite chapelle aujourd'hui dédiée à Notre-Dame de la Victoire, protectrice des remparts de Toulouse, on peut apercevoir la crypte. Le cintre de la voûte qui la recouvre, reconstruit au dix-septième siècle, affleure le sol^ et une ouverture g-rillée permet aux regards de pénétrer dans l'intérieur.

Lorsqu'on restaura l'église, on mit à jour, sur le prolongement du chevet, un caveau dans lequel on vit des ossements reposant sur un lit de cailloux. C'étaient ceux des fidèles qui avaient demandé à être ensevelis aupi'ès de la tombe de saint Sernin. Un cimetière entourait, depuis les premiers temps, le chevet de l'église. Il était abandonné depuis longtemps déjà au dix-septième siècle. Le jar-din d'uue maison particulièr-e l'avait remplacé.

Les chapelles absidales se composent d'une travée et d'une abside pentagonale. Celle du côlé de l'évangile est voûtée d'ogi- N'cs, l'aulre <'.st couvecte d'inie voûte à liernes et à tiercerons.

Les (iiapellcs lalérales, voûtées d'ogives, |»ortent sur les clefs

les blasons des Izalguier, dont Tun l'ut capiloul en 14^7, d'Aynard de Bletterens, premier président en i444- Les trois fleurs de lis d'argent de l'abbaye de Cadouin brillent sur les clefs de voûte de la chapelle, derrière l'autel. Ces blasons indiquent les bienfaiteurs et les dates. De môme ceux qu'on voit aux clefs de voûte de la nef, les chevrons d'un clievalier de Saint-Jean semblables à ceux de son tond^eau du quatorzième siècle au Musée, les mortiers des Montant, dont l'un fut capitoul en i4io.

L'église élan! entourée par des maisons, on ne peut apercevoir qu'une partie de la façade méridionale. Auprès de l'abside, une tour carrée aux murs épais, tour de défense peut-être, dont la construction s'arrête à la hauteur de la toiture de l'église, est occupée au rez-de-chaussée par la sacristie, au premier étage par une chapelle de congrégation qui se prolonge même sur le comble de l'église.

L'ancien mobilier de l'église a disparu. Elle a conservé cependant la fresque du quinzième siècle presque entièrement dévorée par l'humidité^ dissimulée^ au-dessus du banc d'œuvre, vis-à-vis la chaire, par une toile sur laquelle se continuent les peintures murales ; elle représente les prophètes et les ancêtres du Christ, tenant des phylactères dans des poses contournées. On en voit une copie par Engalières au Musée Saint-Raymond.

Puis, dans l'abside méridionale, une statue de sainte Anne de la fin du même siècle, unissant le sentiment attendri à la saisissante réalité; enfin la balustrade en fer forgé de style Louis XVI.

Bernard Benezet a peint, sur le mur que la disposition rare des deux absides a laissé au-dessus de l'autel, le martyre de saint Sernin, abandonné par le taureau et recueilli pai- les saintes ])uelles ; au-dessus, les saints de Toulouse inq)lorant la Vierge, peintures rappelant les deux vocables Saint-Sei'nin du Taur et Notre-Dame du Taur; puis, au-dessus des chapelles latérales, les symboles eucharistiques inspirés par la prose Laiicla Sion, et, dans la première chapelle du côté nord, la mort de saint Joseph, une des compositions les plus ex(juises du maître, tlans hupielle il a

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