‹ Les monuments de ToulouseChapitre 13 sur 84 · NOTRE-DAM K DU TAIJR · texte numérisé non relu

NOTRE-DAM K DU TAIJR

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Fi(i. 77. — Le flochfi'; vue prise sur les toils.

|»('lil(3 flèclio of'lni^'oïKilc (|ireiil()iii'e nno collerelle de créneaux iiiod'ensif's.

La décoration du cloclier en façade est empruntée ainsi aux dispositions d'une église fortifiée. Mais ce ne sont que des apparences et nul chemin de ronde n'entoure l'église, comme on en voit à celles qui voulurent du moins se mettre à l'abri d'un coup de main.

La nef unique se compose de trois travées voûtées d'ogives dont les doubleaux à profil cubique s'appuient sur des pilastres carrés couronnés simplement par un listel. Les pilastres présentent trois ressauts sur angles rentrants. Le premier, le plus large, recevant la retombée des doubleaux, l'intermédiaire celle des arcs ogives, celui accolé au mur celle des formerets.

Les pilastres ont été tranchés pour placer des bancs d'œuvre, et ils auraient du être rétablis jusqu'au sol lors de la dernière restauration de l'église. La solidité n'est pas compromise puisque les poussées de la voûte sont obliques et que les contreforts leur résistent suffisamment, mais il ne suffit pas qu'elle soit réelle, il faut qu'elle soit apparente. Les yeux demandent à être rassurés et ils s'inquiètent instinctivement à la vue de voûtes et de supports puissants suspendus en l'air. La poussée des voûtes est épaulée par de puissants contreforts montés en briques, comme le sont tous les murs de l'ég-lise.

La nef est éclairée par les fenêtres et l'oculus de la façade et par les fenêtres étroites et longues, sans meneaux, percées dans les murs. Deux d'entre elles sont obstruées par les maisons attenantes à l'ég-lise.

Les murs, n'étant pas aérés au dehors, sont très attaqués par l'humidité. Cette lèpre est inguérissable, et on ne peut que la dissimuler. Aussi avait-on, vers i645, revêtu la nef entière de boiseries très décoratives qui animaient sa nudité. On les a enlevées récemment sous prétexte d'unité de style, et les peintures banales, sans caractère, qui les remplacent s'effritent et disparaissent de jour en jour. Exemple des égards dus aux adjonctions des g-énérations successives qui non seulement représentent des sentiments respectables et fixent une date, mais qui sont légitimées souvent par une nécessité.

NOTRE-nvArr, nri taur.

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Fui. 78. — Le [)oi1;iil de l'éi'-lise.

En nieine temps fui sciilpléc, en pierre, la cJiaîre Irop orneuieulée el siircliari^re pour la iiel' simple et sévère doiil 011 drsl-

Io6 LES MONUMENTS t)E TOIÎLOLÎSE.

rait justement unifier le style. La cuve est supportée par les trois statues de Moïse, de saint Jean et de saint Augustin.

L'église devait se terminer par une abside à cinq pans abritant au centre l'autel élevé au-dessus de la crypte où avait reposé, pendant quelques années, le corps de l'évêque martyr. On distingue aux premières piles de la nef^ vers l'abside, les ressauts dès pilastres destinés à recevoir des voûtes semblables à celles des trois travées. Mais vers le milieu du quinzième siècle, celte partie de l'ég-lise fut ag-randie sur un plan nouveau, soit qu'elle ait été reprise, soit, ce qui est plus probable, parce qu'elle n'avait pas été construite encore et qu'on avait commencé la construction par la nef^ contrairement à la coutume, la nécessité s 'imposant d'abord d'abriter les fidèles au-devant d'un ancien sanctuaire encore en place. On aperçoit sur la façade méridionale le contrefort d'angle préparé d^abord, renforcé lors de la reprise. Deux travées plus larges furent construites, sur lesquelles s'ouvrent deux chapelles de chaque côté. L'agrandissement fut motivé surtout par le désir que l'on conçut à ce moment de disposer deux absides pentag-onales laissant entre elles une petite chapelle carrée. Cette ordonnance originale et rare s'explique par la volonté nettement exprimée de conserver intacte et à sa place la crypte construite par saint Hilaire pour abriter le corps de saint Sernin. LIne seule abside plus profonde aurait amené à reculer l'autel, qui ne se serait plus trouvé au-dessus du tombeau vénéré.

Il est possible aussi que l'agrandissement de cette partie de l'église ait été résolu pour recevoir plus dignement le saint suaire que les moines de l'abbaye périgourdine de Gadouin avaient apporté à Toulouse, en 1892, afin de le mettre à l'abri des attaques des Anglais. L'archevêque Pierre de Saint-Martial le transporta solennellement de la chapelle Saint-Roch, où il avait été déposé d'abord, à l'église du Taur, où il demeura près d'un siècle. En ifi'di, l'archevêque Pierre du Moulin avait donné aux moines la permission de bâtir une nouvelle église dans la paroisse du Taur; mais l'abbé de Saint-Sernin appela de cette ordon-

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