I.a Daurade. Le roi Tholus faisant liàtir. Tour du moulin
La Garonne. Le pont couvert. lie de Tounis.
Saint-Nicoléis.
Enceinte du faubourg Saint-Cyprien. Porte de l'ile.
Fi(i. 80. — Vue sy.stéinatique de Tholose publiée en i5i5 dans les Ges/a Tholosanoi-mn Berfrnndi.
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FiG. 8i. — Partie centrale du sarcophage dit « le tombeau de la reine Pédauque », jadis à la Daurade, aujourd'hui au Musée.
NUÏRE-DAME LA DAURADE
L'église de la Daurade fut construite sur des fondements anciens. Des blocs de marbre d'un beau monument furent retrouvés dans la Garonne, au-dessous de l'ég'lise^ après une rupture de la chaussée du Bazacle au temps de Catel et l'on en voit encore quelques débris entraînés par le courant près du moulin,
La berge, sur laquelle l'église Ta remplacée, occupait le cœur de la ville romaine, dont le fleuve avait été l'artère g-énératrice.
L'église qui subsista, du moins en partie, pendant plus de douze cents ans, avait été construite ou reconstruite par les princes visigolhs. Elle était déjà célèbre au sixième siècle. Rigonthe, fille de Cliilpéric, se rendant en Espag-ne, où elle était promise à Reccarède, s'v réfugia, en octobre 584, pour échapper aux attaques du duc Didier.
Louis le l^iciix pril l'c'i^Iise cl le monastère sous sa protection, et Charles le Chauve, après hii, par sa charle du T) avril 8^4. Ahiis (les clercs scMMilicfs païaissciil ciisiiilc les a\'()W 0('('U|iés
jusqu'au moment où, en 1077, l'évêque Izarn et le comte Guillaume, voulant rétablir la discipline, les donnèrent à l'abbé de Cluny. Le comte obtint d'Urbain II, pour lui et ses successeurs, l'autorisation d^être inhumés à la Daurade. Les comtes toulousains n'eurent plus dès lors leur sépulture à Saint-Sernin. Mais Paschal II interdit l'inhumation dans l'intérieur de l'église, et les sarcophages des comtes furent placés contre les murailles extérieures. Le comte Guillaume seul reposa à leur abri, si même ses restes purent être rapportés de Jérusalem où il mourut. Ses successeurs décédèrent hors de Toulouse, excepté Raymond VI^ dont les restes furent recueillis par les Hospitaliers de Saint-Jean.
L'influence de l'église et du monastère fut dès lors considérable. Le pape Grégoire IX conféra, en 1240, des prérog-atives à l'abbé et aux moines. Philippe le Bel leur accorda, en i3o6, le droit de rendre la justice dans le cloître, c'est-à-dire dans l'étendue de leur juridiction. Ils possédaient les prieurés de la Dalbade, de Saint-Pierre-des-Cuisines, de Saint-Nicolas, de Saint-Pierre et de Saint-Martin^ cédé en 161 o aux Ursulines. Urbain V autorisa les abbés, en i363, à porter la crosse dans les offices solennels.
Les reliques nombreuses, la plupart venues de Rome en i2/\ï, déposées dans de riches reliquaires, attiraient la vénération du peuple, fortifiée par des congrégations : celle du Purgatoire, fondée le 25 mai i4i3; surtout celle de l'Immaculée-Gonception, plus ancienne et plus célèbre. Le prieur Raymond de Veyrac obtint, le 8 décembre 1397, une lettre du g-énéral des Garnies qui associait la congrég-ation de l'Immaculée-Gonception, instituée depuis longues années à la Daurade, aux prières et aux mérites de son ordre dans tout l'univers. Les statuts de la congrégation furent confirmés par Bernard de Rousergue le 10 octobre i4()2.
Les religieux possédaient au faubourg- Saint-Gyprien, vis-à-vis leur abbaye, les églises de Saint-Jacques, de Saint-Michel et de Sainte-Marie-de-la-Grave. Ils furent les fondateuis et les patrons des hôpitaux établis auprès de ces églises. Le prieur Raymond obtint du comte Alphonse, en iiaG, la permission d'établir un
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pont entre l'iiôpital Sainte-Marie et les jardins, vivarias, du monastère. Le prieur Bernard de Génies donna^ en 1268, un pré à l'hôpital Saint-Jacques pour construire un asile pour les pauvres. Amiel de la Châtaigneraie établit, en i3o3, sur la prière de la reine Jeanne, femme de Philippe le Bel, vingt-quatre religieuses^ qui furent appelées Sœurs de la Daurade, pour soigner les pauvres et les malades.
La Vierge Noire, vénérée depuis le haut Moyen âge^ était portée en procession dans les calamités publiques.
Des statuts de réformation furent édictés, en i535, par le chapitre général des Moines-Noirs. Mais le monastère vit renaître la vie littéraire qui l'avait illustré au temps où Pierre le Vénérable félicitait un moine de la Daurade de faire refleurir la gloire des anciens poètes toulousains, lorsque les religieux de Saint- Maur j entrèrent, le 29 mars 1627. Ils devaient l'associer bientôt, surtout avec dom Devic et dom Vaissète, au renom de gravité de vie et de haute érudition qui caractérisa le nouveau rameau du grand ordre bénédictin.
Le prieuré occupait un vaste espace limité par la Garonne, la place de la Daurade, plus resserrée que celle d'aujourd'hui, la rue Peyrolières, une des rues toulousaines qui a conservé le même groupe de gens de métier avec le nom qu'elle prit d'eux : pairouliès, et la rue actuelle du Tabac, prolongement de la rue des Giponiers, aujourd'hui de l'Echarpe. L'église était à la même place que l'église actuelle, avec le cloître à son midi. La salle capitulaire et les chapelles s'ouvraient sur la g-alerie de Test. Le couloir, ouvert en 1842 grâce à la générosité des paroissiens et à une contribution de 12.000 francs par la ville, conduisant de la rue Peyrolières à Téglise, traverse à son extrémité l'ancienne salle capitulaire et suit la galerie qui longeait le sanctuaire. Le cloître a été détruit au commencement du dernier siècle, el les beaux chapiteaux qui en restent sont au musée^ avec les statues du portail de la salle capitulaire. Entre le cloître et les jardins qui descendaient jusqu'au lleuve avant la construction des quais,
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s'étendait le cimetière de la paroisse et contre Téglise celui des comtes, clos de murs. A travers le cimetière on pénétrait dans l'église par une porte latérale garnie d'une grille de fer au-dessus de laquelle était placé le sarcophage que le peuple appelait le tombeau de la reine Pédauque, à cause des plis des rideaux rele-
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Fi(i. 82. — Prieuré de N.-D. de la Daurade, d'après le Monasiicon Galliranani.
vés au-dessus de la scène de la résurrection du fils de la veuve de Naïm, rappelant vaguement les pattes palmées d'une oie.
La paroisse avait un autre cimetière appelé de Toussaint, derrière le chevet de l'église.
Le beau monument avec corps central et deux ailes, reconstruit au milieu du dix-huitième siècle, devenu manufacture des tabacs après la Révolution et aujourd'hui Ecole des arts, était le logement des moines. On peut admirer encore son imposante ordonnance, avec l'élégance de ses profds^ sur l'ang-le sud-ouest et surtout dans la cour, bien que les ouvertures aient été récemment
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transformées. Les deux ailes viennent d'être rejointes sur le quai par un déshonorant massif de pierre en désaccord absolu avec les assises de briques et dont les vulgaires statues déshabillées