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CHAPELLE SAINT-ANTOINE

Dans les premières années du douzième siècle, l'abbaye clunisienne de Saint-Antoine-de-Lézat fonda un prieuré à Toulouse sous l'invocation de son patron, hoi's la porte Narbonnaise et auprès d'elle. L'église, l'hôpital et les autres dépendances du

ORATOIRES ET CHAPELLES. 2lb

prieuré furent construits avec le soin et le sentiment artistiques que les clunisiens déployaient toujours dans leurs édifices, ainsi qu'il résulte des termes d'une charte conclue en i^'^-j entre Centulle, prévôt de Saint-Etienne, et l'abbé de Lézat.

A ce moment, le prieuré, de même que toutes les maisons relig-ieuses situées hors des murailles, fut transféré dans l'intérieur de la ville pour échapper aux périls des guerres anglaises. Il fut établi dans la rue Pharaon, dont le nom n'est qu'une altération de celui de Raymond d'Alfaro, le bailli de Raymond VII, qui y avait sa demeure.

Après quelques difficultés qui obligèrent les moines du prieuré à démolir les murailles qui déjà s'élevaient, le chapitre de Saint- Etienne autorisa leur établissement moyennant la redevance d'un florin d'or et les réserves des services funèbres habituelles.

L'ancien prieuré fut démoli pour les besoins de la défense.

Le nouveau prit de la place voisine, dans le langage populaire, le nom de Saint-Antoine-du-Salin^ afin d'être distingué de l'hôpital de Saint-Antoine-du-Viennois ou de Saint-Antoine-du-T.

Des donations nombreuses montrèrent la faveur dont il jouissait dans la ville.

Vers la fin du seizième siècle, les moines y étaient moins nombreux. Les Cordeliers de l'Isle-Jourdain, chassés par les huguenots qui s'étaient emparés de la ville en i58o, vinrent au nombre de trente-deux se réfugier à Toulouse. Ils furent recueillis par le prieur de Saint-Antoine qui leur abandonna son ég'lise el, dit Catel, (( tout ce qui était en luy ».

Ils firent leconstruire l'église vers 1680 sur un plan tracé par Jean-Pierre Rivais. Le grand artiste, à la fois peintre, architecte et ingénieur, élait chargé à ce moment de tous les travaux d'art (jui s'exécutaient à Toulouse. La fa(;ade qu'il éleva sur la rue Pharaon indique, ainsi que celle tir l'Iiôtel des chevaliers de Malte qu'il consir'iiisil en même lemj)s à la rue de la Dalbade, la fidélité aux souvenirs qu'il avail iap()ortés de Rome. Deux étages à pilastres doriques surmonlés dun fVonlon Iriangulaiï'C sont percés

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d'une porte accostée de deux fenêtres, agrandies plus tard, et au-dessus d'une grande baie cinirée qu'accosteul aussi deux baies plus petites. La brique seule est employée. C'est une disposition appropriée à un petit monument, montrant dans la simplicité des lig-nes élégance et noblesse. La porte voisine du couvent, surmontée d'une niche à coquille encadrée par des consoles d'une franche allure, est de même une composition harmonieuse.

La nef, terminée par un sanctuaire en demi-cercle, présente aussi dans ses pilastres et ses arcades des profils purs et corrects, mais la voûte dressée plus tard, en 1819, est trop surbaissée. Trois chapelles s'ouvrent du côté de l'épîlre; la plus proche du sanctuaire était réservée pour le chœur des religieux.

Ils étaient quinze encore au moment de la Révolution. Ils furent chassés de leur asile et l'Etat s'empara de l'ég-lise et du couvent qu'il affecta bientôt au service de l'artillerie. Le premier consul remit l'ég-lise à la disposilion de l'archevêque par un arrêté du 3 septembre i8o3, mais ce ne fut que deux années après qu'elle put être rendue au culte sous le vocable qui ne fut pas maintenu de saint François de Sales. Elle était fort délabrée et l'archevêque demanda que quelques ornements de l'église des Carmes qu'on s'apprêtait à démolir lui fussent cédés pour elle.

Le département était demeuré propriétaire du couvent. La mère du Terrail, supérieure des religieuses de Notre-Dame, l'acheta en 1806 et l'archevêque céda la chapelle à la nouvelle communauté le i4 juillet 1809. J^I^'is les religieuses s'étaient déjà établies dans le couvent renouvelé dès l'été de 1807.

Elles étaient rentrées dès 1801 à Toulouse, où elles avaient possédé avant la Révolution la vaste maison de Nolre-Dame-du- Sac devenue l'Hôpital militaire. Elles avaient instruit d'abord les enfants du peuple à l'ancien couvent de Sainte Claire, bientôt pris pour la fonderie de canons, puis au couvent abandonné des Carmes.

Elles étendirent peu à peu leur nouvelle maison en y joignant les bâtiments de l'ancienne Trésorerie.

Elles restaurèrent leur chapelle et firent peindre par Joseph Roques, le premier maître d'Ingres, la voûte hémisphérique du sanctuaire. L'artiste, qui a laissé de belles œuvres dans plusieurs églises de Toulouse, avait visité l'Italie et rapporté de son voyag-e d'innombrables dessins. Il ne faut donc pas être surpris si les anges d'une belle envolée s'inclinant devant Dieu le père bénissant le monde, reproduisent ceux de la châsse de saint Zénobe à la cathédrale de Florence, ciselés par Ghiberti.

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