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LA PRÉFECTURE, ANCIEN ARCHEVÊCHÉ

archevêché. Michel de Golbert, archevêque de 1687 à 1710, en fit coniniencer hi démohlion en 1690 et commença l'année suivante la construction du nouveau palais épiscopal, d'après les plans d'Aviler, architecte de la province du Languedoc. L'escalier monumental fut monté, dans l'été de 1691, par le maître tailleur de pierre Jean Pujos. L'archevêque laissa à sa mort le monument tel qu'on le voit aujourd'hui. Belles façades de noble allure autour de la cour, dont l'ordonnance, utilisant les matériaux du pays, consista en panneaux de briques encadrés des bandes de crépi entre les hautes fenêtres; à l'entrée à g-auche, les bâtiments de service, qu'on appelait les communs dans les anciens châteaux, enfin la porte monumentale entre deux murs^ s'évasant vers l'intérieur et surmontés de balustres.

On voit une décoration analogue sur les murs d'hôtels et de châteaux toulousains des dix-septième et dix-huitième siècles.

Michel de Golbert fit aussi construire, perpendiculairement à la cour, la chapelle, dont la façade méridionale sur le jardin présente un aspect monumental avec ses larg-es et hautes fenêtres cintrées entre les contreforts. On voit,, au-dessus des portes du bâtiment élevé sur la rue Saint-Jaccpies, la couleuvre de ses armes dans un écusson supporté par deux petits génies grassement traités. La chapelle est devenue la salle des archives.

L'archevêque, qui se plaisait aux belles constructions, fit aussi rebâtir entièrement le château de Balma et dota le quartier populaire du port Saint-Sauveur de la Maison de charité, dont les façades et le fronton indiquent encore leur date par leur caractère, malg-ré leur simplicité.

Le cardinal de Brienne disposa les appartements intérieurs, siirloul ceux du l'ez-de-chiiussée, selon les belles ordoimances du style Louis XVI, élégamment décorées par les oineuienlations délicates et fines, modelées par Julien sur le dessin donné par Raynaud. H y offrit des réunions brillantes à la société loulousaine, dont elles furent uuc des dernières joies.

Il ti'aMsl'oruia aussi Taucicu billiuiciil de la j)ris()U, dite de

2y4 • LES MONUMENTS DE TOULOUSE.

rÉcarlate, pour y loger la bibliothèque que l'abbé d'Héliot donna au clergé et qui a élé réunie en i86() à celle de la ville. Le bel escalier demeure un témoignage du g-oiit du prélat. Le local de la bibliothèque, occupé pendant plusieurs années par la maîtrise de la cathédrale, est devenu une annexe des galeries des archives, sans cesse accrues, de la Haute-Garonne.

Le palais épiscopal^ déclaré propriété de l'Etat en 1798, devint, en 1800, la résidence du préfet de la Haute-Garonne. Napoléon, à son passage à Toulouse en 1808, approuva, par le décret du 27 juillet^ la nouvelle destination du monument et affecta au logement de l'archevêque de Toulouse l'hôtel que la ville avait fait reconstruire en 1765, à la rue Croix-Barag-non, pour le premier président Drouin de Vaudeuil, magistrat du Parlement de Paris, envoyé à Toulouse en 1769 pour apaiser les difficultés qui s'étaient élevées entre les parlementaires et le duc de Filz-James, gouverneur de la province. L'hôtel remplaçait celui de la famille de Fumel. On en voyait encore, il y a peu d'années^ la porte monumentale sur la rue. Une nouvelle porte, plus maigre, a été ouverte par l'architecte Chambert, à l'angle, entre la rue Croix- Baragnon et la nouvelle rue Alsace-Lorraine.

M^"" Germain, archevêque actuel, a dii quitter cetlc nouvelle résidence, attribuée aux prélats toulousains à la suite du Concordat, après la nouvelle loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'État. Elle est maintenant le siège de la Chambre de commerce, qui va la transformer.

L'UNIVERSITÉ

Fille de Rome^ élevée par le clirislianisme et g-randissant avec lui , prospère sons un ciel clément , Toulouse voit bientôt s'épanouir l'essor littéraire et artistique qui exprime l'âme d'un peuple. Martial la célèbre et la décore, dès le premier siècle , du nom dccité palladienne, tandis que César proclame la richesse des moissons de sa plaine, Slrabon son commerce d'entrep(M et Pomponius Mêla son opulence. Plus tard, Ausone apprend l'art des vers dans ses écoles. Le flot des barbares passe sur elle sans altérer par des termes gothiques ou germains la langue sonore et chaude ([ue la Rome conciuéranle lui a Iransniisi'. Les monastères s'ouvrent sur les débris des tenq)les [)aï(Mis ou siH' les tombeaux des mai'lyi'S j^oui' abriler les inlelligences ('•prises de l'idéal et de l'élndc. Piern» le A^'-nérable, écrivanl à un bénédictin de la Daurade, le félicite de l'aice revivre la gloire des anciens poêles toulousains.

FiG. 170. — Grand sceau de l'Univcrsilé de Toulouse, 1769.

276 LES 3IONU3IENTS DE TOULOUSE.

La chaîne 11e s'interrompt plus. Les troubadours se pressent à la cour des Raymond, et lorsqu'un drame terrible eut bouleversé la province, ce qui surg-it de ces douleurs inoubliables c'est encore un poème : La Chanson de la Croisade.

Une des conséquences de la conquête fut, dès 122g, la création de l'Université de Toulouse, destinée à la compléter et à l'assurer par la discipline des esprits. Sa mission était d'éteindre par la discussion et non plus par les armes l'hérésie qui, pendant plus d'un siècle encore, conserva des foyers dispersés et de soumettre les âmes par l'unité de direction que le pouvoir royal voulait étendre sur la province réunie.

Elle rég"ularisait l'enseignement qui était déjà donné à Toulouse depuis de longs siècles. Les rois Wisigoths avaient continué à favoriser celui que les Romains avaient fait fleurir. C'est sous Euric que fut rédigée dans leur ville la loi romaine des Wisigoths.

La nouvelle Université comprit les quatre Facultés de théolog-ie, de droit, de médecine et des arts, nous dirions aujourd'hui des lettres.

Les enseignements divers ne se donnèrent pas d'abord dans des monuments spéciaux, mais dans les couvents ou dans des salles que les professeurs prenaient à leur choix et à leurs frais. Ainsi Bernard de Rousergue, plus tard archevêque de Toulouse, avait lu les Institiites dans la salle qui devint ensuite celle de l'Ecole de médecine.

Mais un arrêt du Parlement du 17 janvier i5i5 ordonna aux capitouls de construire six Ecoles dans le délai de trois ans pour l'enseig-nement du droit, trois pour le droit civil et trois pour le droit canon. Trois ans après, trois g-randes salles que l'on appela les Etudes furent disposées à la place même où s'élève aujourd'hui la Faculté de droit.

C'était dans le quartier réservé déjà à l'Université, demeuré le quartier latin de Toulouse, qu'entouraient les deux g-rands couvents des Frères-Prêcheurs et des Frères-Mineurs, l'ég-lise abbatiale de Saint-Sernin et la savante abbaye bénédictine de la Daurade.

L UNIVERSITE

Les capitouls y avaient fait construire en 1827, pour les leçons de théologie, le bâtiment dont on voit les restes entre les rues Deville et Romiguièrcs, revenu en 1808, par un décret de l'empereur alors à Toulouse, le temple protestant.

wllke Th£cic<iic

l'"iG. 171. — Les collèg'es autour de Sainl-Sernin.

Celait aussi le temps où les études, surtout celles du droit, dcviurcnl célrhr-cs el prospères, où les étudiants accouraient de touirs les proviuces de l'rance el de l'élrauger même, si bien

qu'ils se divisèrent en nations et que quatre mille entendirent plus tard les le(;ons de Coras.

Ils troublèrent parfois la ville par leurs luttes entre eux ou contre les capilouls. Afin de préserver des dangers dans les(juels celte jeunesse turbulente pouvait entraîner les nouveaux venus,

des prélats^ rattachés à Toulouse par leur origine ou le souvenir de leurs ,s études, fondèrent plusieurs collèg-es pour abriter les jeunes clercs de leurs provinces ecclésiastiques. Gauberl , archevêque de Narbonne, établit le premier, qui prit le nom de sa ville en 1342, mais dont il ne reste aucune trace sur la placette appelée aujourd'hui place d'Artillerie; Innocent VI, en 1359, le collège Saint-Martial,, dans le local occupé maintenant par l'hôtel de l'Opéra, près du théâtre, où l'on voyait encore, il y a peu d'années, sur la porte de la tourelle d'escalier, les armes papales timbrées de la tiare et des clefs; le cardinal Élie de Talleyrand-Périgord, en 1370, celui dont une rue garde le nom, dans l'ancien logis de Mauran, où l'on voit encore à l'angle sur la rue du Taur la base de l'altière tour carrée de la g-rande famille toulousaine, sur la façade les amorces des anciennes fenêtres géminées avec des débris d'anciennes sculptures et dans la cour les galeries en bois enguirlandées de plantes grimpantes, collège devenu le Grand Séminaire en 1810; Audouin, évêque d'Ostie, plus tard évêque de Maguelonne, de même en 1370, celui de Maguelonne, devenu une maison particulière, mais dont le propriétaire, Ferdinand Mazzoli, dessina avant la démolition la tour hexagone, la galerie en ])ois, les fenêtres en croix et quelques pierres sculptées; le cardinal Pierre Selve, évê-

FiG. 172. — Blason du pape Innocent VI.

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que de Pampeluno, neveu crinnocent VI, en i382, le collèg-e de Pampelune à l'ano-le entre les rues des Argentiers, aujourd'hui Gambelta, et Saint-Rome, occupé maintenant par l'hôtel de Paris, dont il reste la riche décoration d'un manteau de cheminée retrouvé récemment dans les sous-sols du Musée, datant d'une res-

FiG. 173.

MtiiiLcau de cheminée, collège de Pampekiiie.

tauration de iC)i4, où l'on voit ses armes et celles de son oncle, où l'attendait déjà le blason au pélican des Delpuech, bienfaiteurs sans doute du collèg-e, peut-être aussi, d'après un plan conservé aux Archives de la Haute-Garonne, les piliers ronds en pierre provenant de la même restauration dans la cour de l'imprimerie Douladoure.

Les chanoines de Saint-Sernin établirent encore un collèg-e en i4o3 dans l'ancien hôpital qu'avait fondé, à la fin du onzième siècle, Raymond Gayrard, le continuateur de l'église Saint-Sernin.

En i^iy, Guillaume du Puy, évAquc de Mirepoix, fonda le collège qui prit le nom de sa ville épiscopale ainsi que la rue sur laquelle il fut bâti, où l'on voit encore une des galeries en bois du cloître; Arnaud de Verdalle, évêque de Maguelonne, e[ la famille de Montlezun, les deux collèg-es voisins (jnl [)Oi-laicnt leur nom à la l'ueAalade, réunis par les capiloids au collège de l'Escpiile en i552. Leurs bàlinu'uts furent achetés, trente ans plus (ai-d, par les Caj)ucins, (pii y établirent leur couvent et élevèrenl, au dixhuitième siècle, la façade maintenue pai- les liauls pilaslres dori-

qiies rappelant quelques-unes des façades contemporaines de Rome. L'Ecole d'artillerie s'y installa sous le premier empire.

Pierre de Foix^ quatrième fils d'Archambaud de Grailly et d'Isabelle de Foix, frère mineur et cardinal, fit construire, en 1447? le coUèg-e de Foix pour quatre prêtres et vingt et un écoliers clercs des diocèses de Pamiers et de Lescar. Il éleva, à côté de la grande église des Gordeliers qu'il venait de terminer, l'imposant massif carré de briques flanqué de tourelles d'angle, à l'apparence de donjon, qui, dans son isolement, imprime encore un caractère archaïque au vieux quartier de l'Université. Une chapelle, oratoire pour la communauté, dédiée cà saint Jérôme, en occupe le rez-de-chaussée, avec deux travées couvertes de voûtes nervées où l'on voit à la clef les pals de Foix écarlelés avec les vaches de Béarn, timbrés du chapeau cardinalice. Elle prend jour par six fenêtres gothiques très rapprochées. Au-dessus était installée la riche bibliothèque éclairée par six fenêtres en croix. L'église pour le public s'élevait sur la rue de l'Orme-Sèc, à l'entrée actuelle du couvent de la Compassion. Le clocher était surmonté d'une girouette où se balançait au vent la vache héraldique, si bien que le peuple appelait le collèg-e, collège de la Vache. Mais il portait aussi, et c'était son vrai titre, le nom de collège Saint- Jérôme.

Dans le milieu du seizième siècle encore, Pierre Papillon, prêtre prébende de Saint-Sernin , fonda en i532, vis-à-vis la grande église, dans une rue qui longeait les bâtiments de l'abbaye, le collège qui prit son nom comme la rue, et Jacques de Secondât, en i554, celui qui s'appela aussi le collège de Secondât, vis-à-vis ceux de Verdale et de Montlezun.

Plusieurs de ces collèges, asiles pour les étudiants qui allaient entendre les cours de l'Université, disparurent dans les siècles suivants. Quelques-uns furent réunis au collège de l'Esquile par un édit obtenu d'Henri II en 1552^ sur la demande des capitouls. Seuls vécurent jusqu'à la Révolution les collèges Saint-Martial^ Sainte-Catherine et de Foix.

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Les maisons relig-Ieuses s'ouvraient aux jeunes clercs de leur ordre et Fabbaye de Grand'Sclve fit même construire, en i235, grâce à un legs de Pons de Capdenier, au levant de Féglise Saint-

FiG. 174. — Le collège de Foix.

Sernin, le collèg-e Saint-Bernard où fui enseignée la tlu'ologic et (li)iil la nie débouclianl anjonrdluii sur le boulevard conserve le nom.

Lue des rues de ce quartier latin de Toulouse était appelée la nie (li's Oiinlorze-Ecoles. [.es (•a|)itouls les rénnireiil dans deux colléi^cs 011 les (''lé\('s r'eriirciil renseignemenl <|ii(' nous aj)j)elons anjoiirdiitii rcnscigiirincnl sccondan'e. (le lui d'abord le collèg'e

de TEsquile, dont la rue porte le nom. Les collèges de Sainl- Girons, de Monllezun, de Verdale, de Saint-Exupère, des Innocents, du Temple et aulres furent supprimés, l^n premier bâtiment de ce collèg-e où devaient être enseignés le latin, le grec et riiébreu fut construit en i56i, ainsi que l'indique une inscription au-dessus de la porte. 11 fut continué en i583 et ag-randi encore en iSgo, selon les précisions de deux autres inscriptions fixées sous les arcades.

Les façades du pavillon d'entrée et de l'entier bâtiment sur la cour présentent l'ordonnance fort monumentale de ving-t arcades cintrées reposant sur de robustes piliers, surmontées d'autres arcades plus larges, et, par suite, d'aspect plus léger; mais celles-ci furent fermées plus tard par les briques, entre lesquelles on ouvrit des fenêtres. La frise à triglyplie, qui court sur les arcades de la galerie, semble indiquer un arrêt de la construction. Mais la prospérité du collège et le nombre croissant des élèves obligea à construire un second étage, sans disposition d'arcades, qui alourdit l'ordonnance première.

La longueur du bâtiment exposé au levant se poursuit sur une ligne lég-èrement courbe et ne dessine pas un angle droit avec le pavillon d'entrée. Les artistes de la Renaissance ne s'astreignaient pas à une rigoureuse et froide symétrie. Ils se conformaient aux dispositions du terrain et savaient les utiliser pour produire un effet harmonieux.

La chapelle se présentait d'abord près de la porte, précédée de degrés, qui s'ouvrait devant les Pénitents-Gris et qui fut reconstruite, accostée de pilastres ioniques, au dix huitième siècle. Elle fut transportée en 1608 à la place où on la voit encore et on y accédait par la porte de la rue du Taur.

Nicolas Bachelier avait sculpté cette porte en loSy, et ce fut son dernier travail, qui ne fut payé qu'à son fils. La frise, supportée par un cintre et des montants vermiculés, dont on voit les analogues au château de Saint-Jory, construit aussi par Bachelier, mais un peu lourds pour la finesse de la frise, montraient les bla-

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sons des capilouls de rannéc, enguirlandés de légères banderoles et de figurines, martelés par la Révolution. Elle est surmontée par trois cartouches, accostés de torses adossés, terminés en feuillages, qui portaient les blasons de la province, de la ville et du collèg-e. Au-dessus, un petit édicule entre deux colonnes cannelées, couronné par un fronton avec les trois croissants caractéristiques du temps, en aigrette, présentait sans doute les fleurs de lis de France.

Le collège fut confié en i6o4 aux Doctrinaires. La ville a laissé l'État le lui enlever en 1791, contrairement aux lois révolutionnaires elles-mêmes. Les Doctrinaires n'étaient pas constitués en ordre relig-ieux, mais en simple association de prêtres, et l'eussent-ils été, ils n'en seraient pas moins demeurés simples locataires de la ville dans le collèg-e reconstruit à ses frais. En 1808, Napoléon y établit le Petit-Séminaire.

Les Jésuites, appelés à Toulouse en i5Gi, après avoir été obligés de quitter Pamiers, tombé entre les mains des huguenots, s'établirent d'abord à l'ancien couvent des Augustines, place Montaygou, aujourd'hui place Saint-Georges, puis, en 1567, à l'hôtel de Bernuy, que trois habitants, Jean de Gamoy, Madron et Delpech, avaient acheté pour eux. Ils firent construire, en i6o5, la chapelle maintenant disparue et la porte monumentale qui la précédait, avec ses frontons en perspective sur le pan coupé. Le collèg-e n'a pas cessé, sous divers noms, d'occuper le beau log-is, sauf dans les années révolutionnaires. Après la suppression des Jésuites, en 1762, il fut érigé en collège royal par lettres patentes du 17 novembre 1764; puis, après la Révolution, rétabli en 180G. C'est aujourd'hui le lycée.

En i(3oo, les capitouls remirent aux professeurs de médecine la salle de la rue des Lois, qui avait fait donner son nom à la rue, et où les professeurs de droit faisaient leurs lectures, comme on disait alors. Ils ne manquèrent pas d'étaler leurs blasons avec les armes de France et de Navarre au-dessus, entourées du cordon de saint Michel, sur le manteau de la vaste cheminée. Ces blasons

L UNIVERSITE

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capitulaires sont absolument les seuls qui soient conservés à Toulouse. Lorsque la maison fut démolie pour l'aire place à une rue transversale, ils couraient même le risque de quitter la ville, lorsque la Société archéolog-ique, émue de ce danger, les a achetés pour les transmettre à la Faculté de médecine actuelle, qui se propose de les présenter dans une de ses galeries en souvenir de l'ancienne.

L^enseignement supérieur a pris depuis un siècle un g-rand développement. Les Facultés de Toulouse sont au premier rang- des dix-sept Universités de France.

La Faculté de droit fut reconstruite dans les premières années du dernier siècle, avec de vastes salles s'ouvrant sur une galerie couverte et un jardin. La salle de délibération s'orne des portraits des anciens professeurs. Aujourd'hui, dix-huit professeurs distribuent l'enseignement juridique à plus de douze cents étudiants.

Les Facultés des lettres et des sciences furent créées en 1811. Elles partag'èrent le même local dans des salles modifiées de l'ancien collège des Jésuites. Jusqu'en iSSa, MM. Gatien-Arnoult, Delavigne, Sauvage, Hamel, Barry, parlaient de philosophie, de littérature française, latine et g-recque, et d'histoire, entre les bocaux et les instruments ou machines des cours de physique et de chimie.

Alors fut donnée aux cours de la Faculté des lettres la grande salle, transformée en anq)liithéâtre, de l'ancien Sénéchal à la rueMatabiau, appelée depuis rue de Rémusat. L'hôtel du Sénéchal avait été construit en i5(j8, ainsi que l'indique une inscription au-dessus de la porte dans la cour.

En 1890, la nouvelle Faculté des lettres a été construite à côté de la Faculté de droit, avec façade de briques et de pierres en bossages au pavillon d'entrée. Mais nulle salle aussi bien disposée pour un vaste auditoire, comme celle de l'ancien Sénéchal, n'y a été établie.

En même temps, la Faculté des sciences et la Faculté de médecine furent transférées sur l'allée Saint-Michel et prirent une

l'université. 287

g-rande partie du Jardin des Plantes, brisant ainsi pour toujours le merveilleux ensemble des promenades qui se développait sur le vaste espace entre le Grand-Rond, les six allées et le Jardin- Royal.

Les bâtiments ont été édifiés selon les plans de M. Thillet; celui de la Faculté des sciences en 1889-90, avec façade où la brique s'allie à la pierre, sous un fronton courbe, animé par le buste de la Science, dû au sculpteur Lafont, et les deux statues de Lavoisier et de Fermât, par MM. Jean Rivière et Loubens, sur les deux pavillons extrêmes; celui de la Faculté de médecine, avec façades entièrement en pierre de taille, grand fenestrage entre des pilastres ioniques^ pavillons aux extrémités, dont les frontons triangulaires sont ornés de scènes allégoriques et bustes de six médecins célèbres, sculptés par Mauretle, émergeant audessus des fenêtres du rez-de-cbaussée; cet édifice d'un noble aspect, dans sa correction, a été incendié en octobre 1910 et aussitôt reconstruit.

L'Ecole de médecine, lorsqu'elle ne portait encore que ce nom, était venue s'établir dans l'ancien couvent des Carmes déchaussés. M. Vitry éleva, en 1887, au-devant d'une porte sous laquelle personne ne passe, un péristyle à quatre colonnes doriques qui paraissent exilées au milieu de diverses constructions où rien ne les accompagne. Les l)âtimenls de cette première école avaient été réservés aux services pharmaceutiques qui vont sous peu les abandonner au profit du Muséum.

Des annexes de la Faculté de médecine sont restées dans l'ancien couvent, à côté du Musée d'iiistoire naturelle. D'autres annexes de la Faculté des sciences s'étendent de tous côtés sur les allées, sans avoir été conçues avec un plan d'ensemble.

Une porte monumenlah' a élé élevée sur une de ces annexes à l'angle de l'allée Saiiil-Michcl et de l'allée lonrnanle du Roulingrin.

La bibliotliè(|ii(' de la h'iiciilli'' des leltres a été établie en mjk» dans l'ancien coliri^c de IN-rigord , (Jrand-Sémiiiaire depuis un

PiG. [.yy. Thèse de philosopliic pour le grade de niiulre es arts, par un clerc du séminaire Saint-Charles, 177G. (Dédiée à l'Acadcniie de Toulouse.)

OBSERVATOIRE. 289

siècle. Un musée de moulages de sculptures de l'antiquité du Moyen âge et de la Renaissance lui est adjoint.

Les divers bâtiments universitaires sont ainsi dispersés presque aux extrémités de la ville. Les Sciences et la Médecine surtout sont fort éloignées du quartier latin de Toulouse. On aurait pu, du moins, les établir sur le quai de la Daurade. La glorieuse Université toulousaine était en droit d'être logée dans un vaste hôtel monumental vraiment digne d'elle.

La Faculté de droit compte vingt et un professeurs, la Faculté des lettres quinze, la Faculté des sciences dix-sept, la Faculté mixte de médecine et de pharmacie quarante-cinq. Environ deux mille étudiants les fréquentent, parmi lesquels un groupe de six cent cinquante étrang-ers, où les Russes dominent, surtout à l'Ecole pratique d'électricité, installée dans l'ancien Institut des Frères des Ecoles chrétiennes, rue Riquet.

Le Recteur occupe à l'extrémité de la rue Saint-Jacques un hôtel des premières années du dix-septième siècle, construit par Christophe de Lestang-^, évêque de Carcassonne et conseiller au Parlement, frère du président Antoine de Lestang-, dont la statue est à Saint-Etienne.

OBSERVATOIRE

Dès la quatrième année de sa fondation, la Société des sciences établit, en 1782, avec la permission des capitouls, un Observatoire sur une tour située à l'extrémité nord de la rue actuelle du Rempart-Saint-Etienne. Garipuy et Darquier utilisèrent les premiers instruments, que Garipuy installa, quelques années plus tard, dans la maison de la rue de la Sénéchaussée. Il la fit reconstruire en 1775 et y disposa un Observatoire plus spacieux, qui devint propriété de l'Etat en 179.3 et que l'Etat céda à la ville en iSoT). Darquier et A idal s'y livrèrent à de fructueuses observations.

Le directeur Petit obtint de la Ville et de l'Etat la construction d'un nouvel Observatoire sur le plateau de la Colonne, qui fut commencée en i84i, sur les plans d'Urbain Vilry, et terminée en 1846. Un péristyle précède un vaste vestibule autour duquel sont disposés les appartements du directeur et les bureaux. Petit, très fier de posséder le grand quart de cercle de Lalande, l'avait établi au milieu de sa demeure, sur un mur de granit, mais il ne sert plus, et les instruments superbes introduits par ses successeurs, surtout par M. Bailiaud, sont logés dans des édicules distincts élevés dans le beau parc dominant la ville. Ce sont d'abord un g-rand télescope; une lunette méridienne, munie de cercles variés aux divisions microscopiques, dans laquelle le passage des étoiles s'observe à travers le quadrillage de fils d'araignée rendus lumineux par la projection d'un jet électrique; un équatorial photographique qui suit la rotation de la sphère céleste grâce à un mouvement d'horlogerie, et qui a servi à saisir la photographie de milliers d'étoiles, l'une des gloires de l'Observatoire toulousain; puis un équatorial dont l'objectif a 24 centimètres de diamètre, muni de même d'un mouvement d'horlogerie et d'admirables cercles horaires et de déclinaison grâce auxquels il peut être dirigé en un instant, avec une rigoureuse précision, vers l'astre que l'on veut examiner.

Le sol argileux du coteau arrête toutes les trépidations, et c'est à peine si, au moment où les trains express entrent dans la gare comme un tonnerre, un frémissement de rides parallèles à la voie trouble un instant la nappe de mercure sur laquelle est fixé le point du nadir.

L'air est déjà beaucoup plus pur que dans la ville. Toutefois, la vaste dépression qui s'ouvre entre les deux mers et sous les Pyrénées est souvent charg-ée de brouillards, et les astronomes, qui pourraient jouir de deux cents nuits sereines sur les plateaux du Rouerg-ue, ne peuvent compter à Toulouse que sur quatre-vingtdix à peine.

Un arrêté ministériel a rattaché à l'Observatoire de Toulouse,

JARDIN BOTANIQUE. 2g I

en 1908, pour rétablissement d'une station astronomique, une terrasse au sommet du pic du Midi, à l'altitude de 2.85o mètres. Ce nouvel Observatoire, l'un des plus élevés de l'Europe, a été construit de 1878 à 1881 par le g-énéral de Nansoutj et l'ingénieur Vaussenat, grâce à des souscriptions particulières, aux subventions des villes et des communes des Hautes-Pyrénées, du Département et de l'Elat, mais non sans les plus g-randes difficullés. En 1882, les fondateurs l'offrirent à l'Etat^ qui, depuis, en a assuré le fonctionnement pour les services astronomiques, météorologiques et magnétiques.

En même temps, l'Observatoire de Toulouse s'enricliissait d'inslruuients nouveaux et d'un pavillon destiné aux observations météorologiques et magnétiques.

L'Etat a construit aussi, en 1896 et 189(3, à côté et au-dessous de l'Observatoire, au haut de la rue du Dix-Avril, deux maisons d'habitation occupées par deux astronomes adjoints et un aideastronome.

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