Purgatoire
FiG. 29. — Plan de l'église.
P. Pilier d'Orléans. — A. Nef de 1209. h. Chapelle de 1555. — a. Chapelle de l'Agonie.
Gaillard de Pressac (i3o5-i3i7) fit sculpter ses armes à la cl«"f de voûte de la première chapelle au sud qu'il avait peut-éire terminée.
Pierre de Saint-Martial (i3().y-i4oO, qui avait Ibiulé des
prébendes à la chapelle Sainte-Catherine, y fit poser le vitrail le plus beau de la cathédrale par l'intensité des tons, où l'on voit son portrait et celui du cardinal son frère avec leur blason. Audessus, sainte Catherine et saint Martial ; au sommet, l'Annonciation.
Dominique de Florence (il^ii-if\22) donna le vitrail de la chapelle voisine dédiée à saint Dominique. Il y est représenté offrant sa verrière vis-à-vis saint Etienne offrant son ég-lise. Les deux personnages sont surmontés par deux anges, saint Michel et la Vierge, saint Michel pesant les âmes et un exorcisme.
A la même époque appartiennent les deux fragments de vitraux accostant la grande rose autrefois dans la chapelle Saint-Nicolas, aujourd'hui Sainte-Germaine, ainsi que d'autres fragments conservés au milieu d'adjonctions diverses aux fenêtres des chapelles du collatéral nord.
Denis du Moulin (1421-1439) fit disposer le grand vitrail de la chapelle de Saint- Jean l'Evangéliste, aujourd'hui dédiée à Saint-Joseph, où l'on voit Charles VII et le dauphin Louis à genoux ; saint Jean , patron du duc de Berry ; saint Louis , évêque de Toulouse ; sainte Catherine, patronne d'une fille du roi et l'archevêque lui-même avec la croix ancrée de sable de ses armes peinte sur l'orfroi de sa chape. Le panneau du milieu
FiG. 3o.
Vitrail de Denis du Moulin.
LA CATHEDRALE SAfNT-ETIENNE.
FiG. 3 1. — Charles VII.
FlG. 32.
Louis XI dauphin.
a disparu et a été remplacé
par des frag-ments venus
de toutes parts. Le roi
saint Louis y était figuré
sans doute, imploré par
Charles VII et le dauphin,
car la chapelle est très
souvent désignée dans les
délibérations du chapitre
sous le nom de chapelle
Saint-Louis.
Pierre du Moulin, frère et successeur de Denis (i439-i45i), posa en i449 la première pierre du g-rand portail construit et sculpté par Marin Baudrj. S'il l'ouvrit en désaccord avec la grande rose, ce fut pour conserver à sa place liturgique la chapelle des fonts baptismaux, occupant d'ailleurs selon la tradition la place du premier sanctuaire chrétien à Toulouse dont la légende attribuait la fondation à saint Martial. Il abrita cette chapelle vénérée de voussures monumentales et définitives.
Ainsi, pendant un siècle et demi, les successeurs de Bertrand de risle se contentèrent d'embellir leur chapelle particulière et, seul, Pierre du Moulin entreprit une construction nouvelle en ouvrant le g-rand portail.
Bernard de Rouserg-ue (i45i-i474j conçut de plus vastes projets. Il construisit sur le flanc méridional de la nef la chapelle de Notre-Dame de Pitié et sur le collatéral nord du chœur la chapelle qui est aujourd'hui celle du Purgatoire. Ses armes sont sculptées aux clefs de voûte. Etait-ce la préparation d'une reprise des plans de Bertrand de l'Isle? Ce n'est pas probable. Les briques d'attente qu'on voit à l'extérieur étaient destinées à la construction d'une porte latérale plus monumentale que celle (pi'on ouvrit plus tard, ])our remplacer le porche et l'entrée (juc Bertrand de l'Isle avait projetés à la place de la chapelle précédente. L'arc de la travée correspondante du ccjllatéral montrant des
moulures analogues contemporaines s'appuie résolument sur le mur transversal de l'org-ue, et indique un arrêt définitif.
Mais le prélat érudit et lettré, plein de zèle pour son église, prépara la terminaison du chœur en élevant le triforium. Il le clôtura aussi par des arcatures aux moulures semblables, dont on voit encore trois travées avec leurs grilles encastrées dans les maçonneries du rétable. Il l'enrichit de stalles, d'un jubé et d'un org-ue qui furent dévorés par l'incendie de 1609.
Le cardinal Jean d'Orléans (i5o3-i533) manifesta l'intention de couvrir enfin le chœur de la voûte qu'il attendait depuis plus de deux siècles. Pour la préparer, il suréleva les contreforts d'arêtes prismatiques et ceux du sud d'arcatures flamboyantes encadrant ses armes. Il éleva dans le même but le grand pilier qui a conservé son nom. Mais bien qu'on aperçoive au-dessus de l'autel de paroisse des amorces qui peuvent paraître une reprise des travaux dans la nef, il n'est pas probable que ce puissant pilier ait eu, dans la pensée du cardinal d'autre destinée que celle de résister à la poussée de la voûte projetée.
Jean d'Orléans fît aussi construire la chapelle de la Vierge, la première en entrant dans le collatéral sud, vis-à-vis celle de Bernard de Rousergue, la travée du collatéral qui l'accompagne, l'arcature du triforium correspondant à cette chapelle dont les moulures diffèrent des précédentes, la tourelle octogone de l'escalier montant aux galeries au-dessus des collatéraux ; la grande sacristie voûtée où l'on voit au-dessus de la porte son blason soutenu par deux anges entre deux pilastres, selon le nouveau style de la Renaissance, enfin le colossal et lourd clocher.
Il l'établit comme une forteresse en joig-nant deux petits clochers antérieurs : l'un, celui de l'ég-lise d'Izarn dont on voit les assises de briques minces interrompues par les constructions de Raymond VI sur la façade septentrionale ; l'autre, de l'église du treizième siècle à l'ang-le nord-ouest de la façade. 11 donna ainsi une forme barlong-ue à cet énorme entassement de briques monté sans nul souci des lig-nes élégantes, imposant seulement par sa
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masse et sa hauteur. Le clocher est ainsi constitué par un parallélogramme de i7'"90 c. de longueur sur 6 mètres de largeur, mais de 9 mètres sur la façade parce qu'un ressaut destiné à loger
FiG. 33. — Vue (le l'église prise de la place.
la cloche Gardailhac la prolonge vers le sud. Le mur méridional repose sur celui de la ueF prolongé par un contrefort saillant qui fut surélevé à cette époque. Aucune voûte n'est bandée entre les miit'iilllcs où se soni l(»i^(''S plusieurs ménages (remployés de
l'église. TJn énorme arc de décharge s'ouvre sur la face septentrionale pour dégager la fenêtre de la première travée demeurée fermée. Il affranchit ensuite la voûte de la chapelle, construite en un mois, du 25 février i555 à Pâques, pour abriter les fonts baptismaux^ l'ancienne^ qui les a repris, ayant été jugée trop petite. C'est aujourd'hui le réduit des chaises.
Une balustrade en dalles évidée entoure le petit chemin de ronde établi au sommet à 55 mètres au-dessus du sol. Au commencement du dix-septième siècle, on disposa sur cet ensemble fort lourd, afin d'en alléger l'aspect, l'arcade de briques et de pierres de taille en bossages dans laquelle est suspendue la cloche de l'horloge, ainsi que les petits pyramidions supportant les cloches des quarts et des demies.
Plus tard encore, on construisit à côté du contrefort une tourelle carrée dans laquelle descendaient autrefois les poids de l'horloge. Un balcon surmonté d'un cadran et un fronton unissent la tourelle au contrefort.
Le clocher fut terminé en i53i.
Le seizième siècle fort troublé à Toulouse ne vit d'autre adjonction à la cathédrale que le vitrail de la chapelle du Sépulcre où les formes de la Renaissance apparaissent entourant les personnages aux colorations puissantes qui rappellent les vitraux d'Auch.
Le 9 décembre 1609, ^^^ incendie formidable consuma la charpente et les boiseries du chœur, fondit les bronzes de l'autel et du tombeau de Bertrand de l'Isle. Après ce sinistre, le cardinal de Joyeuse, le prévôt Jean Daffis, les capitouls, le Parlement, les fidèles réunirent leurs efforts pour réparer le désastre et voûter le chœur. Pierre Levesville reprit les constructions au niveau supérieur du triforium, termina les contreforts par des assises de briques, jeta les arcs-boutants, ouvrit les fenêtres et banda ensuite la voûte en trois mois, de juin à octobre 161 1. Mais tout en s'étudiant à g-arder, en apparence du moins, les formes gothiques, il en avait perdu le sens. Les lignes sont lourdes, les courbes obtuses et une douzaine de mètres manque à la voûte pour qu'elle
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arrive à la hauteur qu'avait certainement prévue le maître crœuvres du treizième siècle ^
I. Larg'eur tle la nol" irAmiciis, i/)"U)o c. ; de Nailjonnc, i5"'20c. ; do Toulouse, i5 moires; liauleurs correspondantes, f{-A'ȕ)o c. ; 4o'"ioc.; 28'" 5o c.
Levesville couvrit aussi crune voûte la travée transversale entre le chœur et la nef, et termina dans une forme circulaire la tourelle octogone de Jean d'Orléans en la couronnant par le
FiG. 35. — Slalle archiépiscopale sculptée eu iGii,
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dôme singulier que le peuple crut moulé sur le galbe de la cloche Cardailhac, mais dont les analog-ues se montrent antérieurement
FiG. 36. — Le Jubé, démoli en 1866.
au cliateau de Saint-Germain et })lus tard, en ilnf), au clocher de Saint- Pierre de Senlis. Les anses de ces imitations de
cloches sont plutôt une reproduction des consoles à double crosse.
En i6ii, Antoine Morizot, Louis Behorry et Antoine Lantié sculptèrent d'après les dessins de Pierre Monge, de Narbonne, les boiseries des stalles du chœur qui conservent l'aspect g-énéral
de l'art de la Renaissance, surtout dans l'élégante et svelte stalle archiépiscopale, et aussi les boiseries de l'org-ue, et les deux portes à balustres des collatéraux.
Les stalles s'appuyèrent contre un mur construit par Levesville.
L'année suivante,, les peintres - verriers Arnaud et Jean Molis restaurèrent plusieurs vitraux endommag-és par l'incendie et livrèrent les vitraux des fenêtres du chœur en verres blancs avec bordure de couleur au-dessus des stalles. Les sept vitraux à personnages sur le pourtour au-dessus de l'autel sont dus à François Verges, maître verrier de Toulouse, et furent posés en 1612 et 161 3. Ils durent être reparés dès 161 5 par Raymond du Vernet.
On voit sur le premier trois évêques de Toulouse et Sain t-Seurin, évêque de Bordeaux, introduit par la dévotion particulière du donateur ; sur le second, quatre autres évêques de Toulouse avec
FiG. 87. — Le président de Lestang.
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au-dessous les armes du généreux prévôt Jean Daffis, évêque de Lombez; sur le troisième, donné sans doute par le roi ou la reine régente, saint Martial, saint Rémi, saint Denis et saint Martin avec les armes de France et de Navarre; sur le vitrail central, Jésus-Christ apparaissant à la Vierge après sa résurrection, entre saint Etienne et saint Laurent avec les blasons du cardinal de Joyeuse ; sur les trois du côté de l'épître, les douze apôtres avec les armes des donateurs au-dessous.
En même temps, le cardinal de Joyeuse fit dresser le jubé d'une belle ordonnance qui a été enlevé en i8()6, et dont il ne reste que les gTavures publiées par la Revue d' architecture de G.Daly,tomesXXXVIlI et XXXIX, et une photographie.
Jean Daffis donna encore les tapisseries ; liuit représentent la vie de saint Etienne et neuf
la vie des saints évéques de Toulouse^ que l'on voit encore exposées dans la cathédrale les jours de frte. Elles UwonV exécutées, de iGio à 1G12, par Jean de Mazet, natif de Montauban, (|ui vint travailler dans l'hôLel de la prévôté.
En ifii3, Levesville sculpta l'élégante porte de la sacristie paroissiale, reconstruisit la double voùle de cette sacristie en
I^iG. 38. — La Vierge, d'Arthur Legoust.
i6i4 et éleva au-dessus une seconde sacristie voûtée pour le service de la confrérie de l'Assomption, dont la chapelle s'ouvrait sur la nef, au-dessus de l'autel de paroisse, par une fenêtre, bouchée aujourd'hui, mais dont on distingue encore la forme, et
où se célébrait, le jour de l'Assomption, la cérémonie célèbre du Montement.
Levesville mourut en 1626 et fut enseveli, sur sa demande, au-dessous de l'orgue.
Vers 1625, Arlhur Leg-oust sculpta la statue du président de Lesta ng- , agenouillé devant la Vierge, formant un groupe. Mais les deux statues remarquables, les plus belles que Ton ait sculptées à Toulouse au dix-septième siècle.
Furent dissociées et placées dans les niches, où on les voit aujourd'hui, lors de l'élargissement des portes du chœur en i7()7.
Un sculpteur inconnu dressa, au revers du rond-point du chœur, en i646, le buste d'Henri de Sponde, évêque de Pamiers, mort à Toulouse le 18 mai i643, et le riche encadrement entourant son épitaphe. En 1054, un autre artiste, ignoré aussi, livra le g-roupe pathétique de la Vierge portant le Christ mort sur
FiG. Sg.
Tombeau de H. de Sponde, évêque de Pamiers.
La cathédrale saint-étienne.
l'iG. /|o. — ■ Ix n-liiljlo de l'icrrc Mcicicr, i00u-G6.
FiG. [\i. — Les g-rilles forgées par J. Ortet, 1767.
ses genoux, chi à la g'énérosité du marchand Taffin. Cette Pièta , aujourd'hui à côté de la chapelle de l'Agonie, était placée autrefois dans la chapelle du fond de Tahside dédiée à Notre- Dame de Consolation.
De 1660 à ]6G8, l'architecte Pierre Mercier construisit l'élég-ant et riche rétable de l'autel du chœur dans les formes des ordres antiques, mais en ayant soin de suivre dans les colonnades les dimensions et les ligvnes ascendantes des travées gothiques. Gervais D rouet sculpta , en 1667, le groupe de la lapidation de saint Etienne. En 1727, le chapitre, peu satisfait des quatre statues que Mercier avait laissées dans les niches latérales, les fit remplacer par les quatre évang-élistes qu'il demanda à Marc Arcis.
LA CATHEDRALE SAINT-ETIENNE
Eo 1G81, Jes chapelles dédiées aux deux sainls Jean, suivant un usage adopté dans un grand nombre d'églises, aujoui'd'hui de Saint-Joseph et de Saint- François-de-Sales, furent décorées de leurs rétables avec colonnades de marbre qui firent perdre les panneaux intérieurs des verrières.
L'année suivante , les chanoines firent reconstruire la tribune où leurs successeurs viennent encore entendre les serinons et probablement aussi le tambour d'entrée dont la facture est analogue, mais qui, de même qu'elle, paraîtrait un peu antérieur.
Une transformai ion plus importante survint en 17O7 &vec rélai-gissement des portes latérales du chœur. Les piliers carrés couronnés d'une grecque et surmontés d'une urne annoncent déjà le style nouveau dit Louis XVL Le maître serrurier Ortet ouvra les belles grilles remplissant l'ouverture des portes et des quatre travées voisines, en conservant, à Iravers la fantaisie de leurs élégants [•('scanx llexneux , TaspecL monumental et la direction des lignes ascensionnelles.
Mais ce travail obligea à séparer les statues du président de Lestang et de ia \ ierge, malgré les protestations de iM. de Cuis-
Fn,. l\2. — Tuinl)L';iu du prosidenL de l^iiyveil, par l'i'. l^ucas.
telnau, descendant des Lestang-. Le tombeau du chanoine de La Porte fut détruit de même, avec les piliers qu'il avait fait construire, en i52o, à la porte opposée du chœur, et remplacé par sa statue en terre cuite dans le costume ecclésiastique du dixhuitième siècle. Afin d'avoir un pendant, on installa dans l'autre pilier une statue de saint x\uguslin d'un aussi pauvre goût.
En 1781^ François Lucas sculpta dans la chapelle Saint-Roch le tombeau en marbre blanc des Puyvert, empreint aussi du sentimentalisme de l'époque oublieuse des traditions de l'art chrétien, mais qui ne manque ni d'élégance ni d'allure.
La Révolution brisa les statues de Pierre du Moulin et de son frère qui se dressaient dans les niches du portail, celle de saint Etienne sur le trumeau, le rétable de l'autel de paroisse sculpté par Bachelier, dont il reste deux têtes au musée, livra la nef au culte de la Raison et la laissa dans le délabrement qui la déshonore encore aujourd'hui.
Après le rétablissement du culte, on répara peu à peu le désastre avec des ornementations venues des ég-lises supprimées. Les anges adorateurs en marbre blanc à côté de l'autel, cédé lui-même par la Daurade, arrivèrent de la chapelle des chanoinesses de Sainl-Sernin. La balustrade en fer forgé vint des Cordeliers et les insignes de l'ordre y apparaissent entre les réseaux. Des fragments de vitraux d'anciennes ég-lises supprimées, pris au hasard parmi ceux qu'on avait réunis dans les collatéraux après leur fermeture, fermèrent les vides nombreux.
Le cardinal de Clermont-Tonnerre fit daller le chœur en 1828. Les murs reçurent quelques tableaux des anciennes églises : le Triomphe de Joseph et le Passage de la mer Rouge, par Hilaire Pader, de la chapelle des Pénitents-Noirs; la Visitation, de Jean-Pierre Rivais, de celle des Visitandines; la Nativité, par Baulier, d'une des chapelles du chœur à laquelle Jean-Louis de Bertier, évêque de Rieux et prévôt du chapitre, l'avait donnée vers iG5o, en faisant peindre au bas le taureau effarouché
LA CATHÉDRALE SAINT-ETIENNE. 55
de g-ueules de ses armes; Abraham et Samson, que l'on voit aux côtés de la porte, encore par Hilaire Pader, de l'église des Cordeliers.
L'Etat donna plus tard les autres tableaux : les deux du Martyre de saint Etienne, la Résurrection de Lazare sous la Restauration; vers i85o^ Saint Exiipère distribuant les aumônes, par Bézard. Les confréries firent hommage de la Cène, par Joseph Roques, et de V Assomption, copie de Despax, par Faure.
En i84o, l'ancienne chaire en bois fut remplacée par l'amalgame hybride et lourd en terre cuite, dessiné par Salamon et exécuté par Virebent, dans laquelle les cariatides de Puget, de l'hôtel de ville de Toulon, s'étonnent de se voir unies à l'encorbellement de l'élégante tourelle de l'hôtel de Felzins.
En même temps, le céramiste plaqua au-dessus de l'autel de paroisse des ornementations d'un gothique fort conventionnel, dont le sommet s'applique sur l'arcade bouchée de l'ancienne chapelle du Montement.
Le cardinal Desprez fit démolir le jubé du cardinal de Joyeuse en 1866, afin de réunir le chœur à la vieille nef. Il entreprit aussitôt une vaste loterie pour réaliser le projet arrêté depuis tant de siècles, de compléter l'achèvement de l'église, c'est-à-dire, selon la pensée d'alors, de démolir la nef des comtes pour la remplacer par une nef et des collatéraux suivant les lignes du chœur. Outre que la somme recueillie fut beaucoup trop insuffisante pour réaliser ce désir, les idées ont changé depuis. On n'aime plus à détruire pour faire du vieux neuf, et les Toulousains ne consentiraient plus à voir disparaître l'antique et noble vaisseau de leur dynastie nationale. Un plan proposé par M. Saint-Anne Louzier, adopté non sans quelques observations, après le rejet de plusieurs autres, paraît sur le point d'être exécuté avec j)orle monumentale, peut-être hors de propos, ouverte au nord, et trois (•liM|)elles continuant contre la farade seplentrionale jusqu'au cloclier celles du collatéral,
Le cloître de Saint-Etienne, délruit en 1812, s'élendail au sud de la cathédrale entre elle el l'église Saint-Jacques, dans l'espace occupé aujourd'hui par la cour Sainte-Anne. On aperçoit encore sur le mur de la grande église les corbeaux de pierre qui soutenaient la sablière de la charpente recouvrant la galerie de ce
FiG. 43. — Plan du (juarlier de Sainl-Étienne avant la Révolution.
côté. Le cloître, en effet, n'était pas voûté. Cinq de ses chapiteaux seuls sont conservés au Musée : la décollation de saint Jean-Baptiste avec le repas d'Hérode, et Salomé dansant devant son père; l'adoration des Mag-es, les vierges sages et les vierges folles, la légende de sainte Marie Egyptienne et un chapiteau d'angle avec une figure assise à longues tresses auxquelles sont suspendus des olifants el des clochettes. Les statues de la porte de la chapelle
LA CATHEDRALE SAINT-ETIENNE. 07
capitulaire se dressaient contre la muraille du fond de l'ancienne salle capitulaire des Augustins. Nous les décrirons à la fin de ce volume, dans le chapitre sur « l'art à Toulouse ».