‹ Les monuments en Chaldée, en Assyrie et à Babylone, d'après les récentes découvertes archéologiquesChapitre 15 sur 15 · JO · texte numérisé non relu

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L’Euphrate, semblable à une large bande d’argent, rapide en son lit sinueux , court dans la plaine qu’il féconde et protège en se déversant dans des canaux sans nombre ; dans ce fameux Naharmnlkha (fleuve royal), artère principale et centre du système d’irrigation do toute la Basso-Chaldée, construit depuis des siècles par Hammourabi ' et réparé depuis peu par Nabuchodonosor ; dans des lacs d’un travail prodigieux dont le plus remarquable est celui qu’a fait creuser la femme de Nabopallassar.

Le fleuve traverse la ville ; il est contenu dans

‘ a J’ai fait creus.'r, dit Ilammourubi dans une inscription qui est au Louvre, le fleuve llaimnourabi, Honticur des hommes, pour les peuples do liibylonie, cl ra>iucduc pour le pcu])lu de Sumir et d'Accad. J'ai poii6 scs rives siuucuscs dans le désort, j’ai creusé des fossés d'irrigation, et, do la sorte, ai procuré des eaux continuelles au peuple do Sumir et d’Accad... J’ai changé les plaines désertes en terres arrosées, je leur ai donné lu fertilité cl l’abondance, j’en ai fait une demeure do bonheur. » — Et plus loin : a D’après les décrets irrémissibles que Mérodach m’a donnés, j’ai construit sur les grandes berges, un fort dont la tôle s’élève comme une montagne ù l’entrée du Ilcuvc Hammourabi, Bonheur des hommes. J’ai nommé cc foi t pour sa gloire, du nom de la mère qui m’a donné lo jour et du père qui m’a eng>'ndré. » TraJ. J. Ménant, Insv. d'Hamtiiourabi.

(les digues monstrueuses qui surprendront encore, à qiielques centaines d’années de h\, Thistorien grec Hérodote.

Tout à fait dans le lointain , nous apercevons les deux grands murs d’enceinte.

Au sud-ouest nous distinguons la cité profane, Ilalalat. Dans les usines tout un peuple d’ouvriers travaille ; par places des points blancs scintillent, — ce sont les feux qui cuisent les briques, — il s’élève une fumée épaisse, rousse, et sur la cité entière plane une teinte pourpre qui se fond peu à peu dans le bleu foncé du ciel. C’est à Ilalalat qu’ont été inslallés les captifs que le Grand-Malkha a ramenés de ses expéditions ; c’est b\ que, dans leurs réunions religieuses, les Juifs entonnent l’admirable lamentation que nous connaissons sous le nom de : Sujx’v flumina Babylonis,

Plus au sud-ouest encore, nous reconnaissons Borsippa, la ville religieuse par excellence, la ville aux fabriques de toile célèbres de toute antiquité, la ville oCi se dresse la fameuse Tour h Etages.

Au nord-est, toute proche d’Imgur-Bel, nous VOYOUS Cutha, et au-dessus des terrasses des mai-

sons apparaît le sommet du temple de Nergal ' .

A nos pieds, renfermés dans les murs de la vieille capitale des monarques kouschites occupée maintenant par les seules demeures des dieux et des rois , s’élèvent les Jardins suspendus, les palais gigantesques et somptueux gardés par de colossales statues de lions et d’hommes taureaux.

Et, de quelque côté que se portent nos regards, au milieu des rangées d’habitation, à la fulguration des plaques de cuivre ou d’autres métaux qui recouvrent leurs coupoles, à leurs hautes terrasses carrées , nous reconnaissons les temples.

Dans Babylone nous voyons non -seule ment le sanctuaire de Bel-Mérodach, mais encore les sanctuaires de Nébo, l’intelligence suprême ; d’Ao, qui préside aux augures ; le temple des Hauteurs et celui des Profondeurs, dédiés à Nanna, qui réjouit et soutient l’àme ; le Bil-h de la Grande-Lumière, dédié à la Lune ; la pyramide de Samas, le dieu

• Gullia est appulcc dans les inscriplioiis, « lo st’jour du dieu Nergal. »

Soleil, le juge du monde ; la maison de Mylitta- Zarpanit

A Borsippa, autour du Temple des Sept Lumières de la Terre, nous apercevons les demeures de Ninip, do Nanna, de la Vie, de l’Ame Vivante, et le sanctuaire d’Ao, le dieu qui fait pleuvoir les roses fécondes sur les provinces *.

Enfin, si, non contents de revoir par la pensée tous ces splendides édifices qui faisaient de Babylone ce que Rome est aujourd'hui, nous rendons à la Grande-Ville la vie que lui donnait une nombreuse et commerçante population, si nous nous la figu-

> « J‘ai fondé, dit Nubucliodonosor, j’ai bftli dans Dabylono lü lemplo sacré, la maison de MyliUa Zarpanit, la souveraine sublime et (jiii est le cœur do Babylonc, en l'honneur do la souveraine sublime, la reino auguste des dieux. J'ai fait coaslruire en bitume et en brii^uos un kissa énorme ; J'ai formé les voûtes de ses niches intérieures par une terre massée. — Souveraine des dieux, mère auguste, en tout sois propice, féconde la semonce, renferme dans le s da do l'iitôrus l'embryon Jus'|u'au lcrme, préside à la délivrance. Que nos œuvres réussissent avec ton aide. » — Voyez Hérodote, 1, lî)9.

* Dans VJnscriplion de Londres, col 4, 1. 7 et suiv., N.ibuchodonosor a énuméré les diiïéronts temples qu'il a restaurés ou bâtis dans la grande Cité.

rons telle qu’elle devait se présenter, alors qu’elle était animée par toutes les pompes royales et religieuses dont les bas-reliefs de Ninive nous ont offert l’image, comment pourrons-nous être surpris do l’impression quelle produisait sur ceux qui la venaient visiter, et nous étonner du souvenir quelle a laissé après elle.

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