FRAYEURS VAINES
Je ne sais comment, les craintes chimériques sont les plus vives. C'est que la réalité porte en soi sa mesure ; un malheur vague et incertain ouvre un champ plus vaste aux égarements de la peur. (Le même)
Les enfants tremblent et s'alarment de tout quand ils se trouvent dans l'obscurité. Et nous, au grand
jour, bien souvent nous avons d'aussi vaines frayeurs que celles qui agitent les enfants, et qui leur semblent une menace de l'avenir. Pour dissiper ces terreurs et ces ténèbres de notre intelligence, ce qu'il faut, ce ne sont ni les rayons du soleil ni les traits enflammés du jour, c'est l'étude réfléchie de la nature. (Lucrèce)