‹ Les moralistes latinsChapitre 113 sur 253 · GUERRE · texte numérisé non relu

GUERRE

Nous punissons les meurtres et assassinats particuliers; mais la guerre, mais l'assassinat d'un peuple est chose glorieuse... Des sénatus-consultes, des plébiscites décrètent le crime et commandent à la nation ce qu'on défend aux individus. Le meurtre commis en particu lier est puni de mort; quand on le commet en uniforme (1), il est digne d'éloges. L'homme, le plus doux des animaux, n'a pas honte de se plaire à verser le sang de l'homme, et les guerres deviennent des héritages qu'il transmet à ses enfants. (Sénèque, Lettres)

L'homme est un danger pour l'homme. . . La nécessité seule pousse les bètes farouches à faire du mal. C'est la crainte ou la faim qui les force au combat. L'homme seul trouve du plaisir à détruire son semblable. (Le

même)

(1) Littéralement, « couvert du paludamentum, » manteau de guerre.

\i,-2 LA MORALE LATINE

Si lu guerre doit se faire, que ce soit uniquement en vue de la paix. (Cicéron, des Devoirs)

Il existe un livre deDicéarque, célèbre péripatéticien qui a beaucoup écrit : il y rassemble toutes les causes de destruction, inondations, épidémies, stérilités, et jusqu'à ces invasions subites d'une grande quantité d'animaux nuisibles qui ont fait parfois périr des populations entières; puis il compare, et il montre que, de toutes les causes de destruction, la plus active pour l'iiomme, c'est l'homme même. (Le même)

La guerre civile donne aux soldats plus de licence qu'aux chefs. (Tacite, Histoires)

Indépendamment du sang versé dans les guerres civiles, César a fait périr, par ses victoires, onze cent quatre-vingt-douze mille hommes. Certes, la nécessité même fût-elle son excuse, je ne lui en ferai jamais un mérite : c'est un attentat contre le genre humain. (Pline l'ancien)

haine

Il est dans la nature de l'homme de haïr ceux qu'on a offensés. (Tacite, Agricolu)

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