‹ Les moralistes latinsChapitre 114 sur 253 · HARMONIE DES IDÉES · texte numérisé non relu

HARMONIE DES IDÉES

Les aliments que nous consommons pèsent sur notre estomac tant qu'ils y surnagent en conservant leur qualité et leur solidité ; mais, en changeant de substance, ils se tranforment en sang et alimentent nos forces. Qu'il en soit de même des aliments de notre esprit. Ne les laisons pas entiers et hétérogènes, mais digérons-les en une seule substance. Sans cela, ils peuvent bien entrer dans la mémoire, mais non dans l'entendement. Rassemblons-les tous pour en former un tout, comme de plusieurs nombres on en compose un seul. Que notre esprit agisse de façon à montrer ce qui s'opère, en cachant ce dont il s'est servi pour opérer, comme ceux qui confectionnent des liniments odorants ont soin, avant tout, que leurs préparations n'affectent aucune odeur particulière, voulant en former une spéciale du suc mêlé de tous leurs parfums. Considère de combien de voix un chœur est composé ; cependant toutes ces voix n'en forment ensemble qu'une seule. L'une est aiguë, l'autre grave, l'autre moyenne ; les voix d'hommes et de femmes se mêlent au son de la flûte ; de cette sorte, la voix de chaque individu se trouve couverte, et cependant celle de tous s'élève, et l'harmonie résulte de la dissonance elle-même. (MacitcBE, Saturnales, i)

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