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MALADIE

Nous sommes vraiment parfaits quand nous sommes malades. Un malade est-il tourmenté par l'avarice ou par les plaisirs, non, il n'est plus esclave de l'amour; troublé par l'ambition, il dédaigne les richesses, ei le peu qu'il possède lui suffit, car il va s'en séparer. Il se rappelle alors qu'il y a des dieux et qu'il est homme. Plus d'envie, plus d'engouement, plus de dédain pour personne. Les médisances cessent de l'intéresser, de le réjouir : des bains et des fontaines, voilà tout ce qu'il rêve ; c'est là l'objet de ses désirs , le terme de ses vœux, et il ne souhaite pour l'avenir, s'il guérit, qu'une vie douce et le bien-être, un bien-être innocent. De tout ceci, je tire pour toi comme pour moi une courte leçon qui vaut bien toutes celles des philosophes : c'est qu'il nous suffit, quand nous sommes revenus à la santé, de mener la vie que nous nous proposions, étant malades. (Pline le jeune, Lettres)

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