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PAUVRETÉ

Quand la pauvreté s'empare d'un homme, elle lui enseigne toutes les industries possibles. (Plaute, Stichas)

La pauvreté ne craint rien ; c'est elle qui m'a déterminé à écrire. (Horace, Bpîtres)

Voulez vous être libre de vous occuper de votre âme, vivez pauvre, ou comme si vous vous l'étiez... La frugalité, c'est la pauvreté volontaire. (Sénèque, Lettres)

(I) Taul Emile venait de soumettre la Macédoine.

Veux-tu savoir si la pauvreté est un mal? Compare la physionomie du riche et celle du pauvre. Le rire du pauvre est moins rare et plus franc; point de profondes inquiétudes, on, si le chagrin vient l'atteindre, c'est un nuage léger qui passe. Quant aux heureux du monde, leur gaieté est un mensonge ; la tristesse qui les ronge est incurable, et d'autant plus pénible qu'il leur est interdit de souffrir ostensiblement, et qu'au milieu des chagrins qui les dévorent, il leur faut jouer leur rôle et paraître satisfaits. (Sénèque, Lettres)

Les gens mal accommodés du cûté de la fortune sont toujours un peu susceptibles : ils sont disposés à tout prendre en mauvaise part et à croire qu'on les méprise à cause de leur pauvreté. (Térence, Adelphes)

Il y a bien des choses qu'on n'ose dire quand on porte un habit râpé. (Juvénal)

De toutes les souffrances de la pauvreté, la plus rude pour les malheureux est de paraître ridicules. (Le

même)

Mon pauvre Trébius, suppose qu'un dieu ou qu'un mortel, vraiment divin, meilleur pour toi que la fortune, te fasse tout à coup riche à cent mille écus. Tu n'étais qu'un bien petit compagnon : comme tu grandis en un instant ! Et quelle tendresse subite tu inspires au riche Yirson ! i Servez donc Trébius ! s'écrie Yirson quand il te reçoit à sa table ; versez à boire à Trébius! Trébius, mon frère (1), vous offrirai-je de ce plat? » Mon frère l... 0 écus, c'est à vous que le compliment de Yirson s'adresse ; c'est vous qui êtes ses frères 1 (Juvéxal)

C'est un grand maître que la faim ; la faim donne du génie. (Perse)

Enlevez aux hommes tous leurs biens ou presque tous leurs biens; ce que vous en laisserez à un pauvre homme en fera un homme riche. La pauvreté n'est donc qu'une infériorité de fortune toute relative. (Yarrox)

Quelle injustice ! c'est toujours le pauvre qui donne au riche ! (Térexce, Phormion)

(I) Terme d'amitié dont se servaient les Romains, dès le temps d'Horace.

PAUVRETES

C'est une honte de s'épuiser à des bagatelles, et le travail sur des inepties est un sot travail. (Martial, Épigrammes, ii, 86)

Notre ami Attilius disait : « Mieux vaut ne rien faire que de faire des riens. » (Pline le jeune, Lettres)

[paysanne (la parfaite)

Une métayère doit être jeune, c'est-à-dire qu'elle ne doit pas être trop petite fille. Il faut aussi que sa santé ne soit point altérée, et qu'elle ne soit ni difforme ni d'une très-belle figure, parce que, étant, d'un côté, dans une vigueur pleine et entière, elle suffira aux veilles et autres travaux, et que, d'un autre côté, sa laideur ne dégoûtera point le métayer qui doit vivre avec elle, comme sa trop grande beauté ne le rendra pas paresseux ; car, si un métayer ne doit pas être volage et fuir le lit de sa compagne, il ne faut pas non plus que, retenu par elle à la maison, il soit toujours dans ses bras. Mais ce ne sont pas là les seules choses à observer chez une métayère. En effet, il faudra examiner, entre autres choses, si elle n'est pas portée au vin, à la gourmandise, à la snnerstition, au sommeil; si elle n'a orint de aroût

pour les hoinines, si elle sait s'occuper du soin des objets qu'elle doit se rappeler à la mémoire, ou de ceux qu'elle doit prévoir pour la suite, afin detre en état de suivre à peu près les règles que nous avons prescrites pour le métayer ; d'autant que presque tout doit être égal entre l'homme et la femme, et que, si tous les deux doivent éviter de mal faire, ils ne doivent pas moins s'attendre à des récompenses quand ils se comporteront bien. Elle donnera, de plus, tous ses soins à ce que le métayer n'ait à travailler dans l'intérieur de la maison que le moins que faire se pourra ; article d'autant plus important, que celui-ci doit sortir dès le matin avec les gens, et qu'il ne peut manquer d'être fatigué lorsqu'il rentre le soir à la fin de ses travaux. Cependant, en fixant les devoirs de la métayère, nous ne prétendons point exempter le métayer du soin de l'intérieur de la maison, mais seulement le soulager dans ce genre de travail, en lui donnant quelqu'un pour l'aider. En effet, il ne faut pas s'en rapporter uniquement à la femme pour les fonctions de l'intérieur, et on ne doit les lui confier qu'autant que le métayer y aura l'œil de temps en temps. C'est le moyen qu'elle soit plus exacte, lorsqu'elle se rappellera à l'esprit qu'il y a quelqu'un auprès d'elle à qui elle doit rendre un compte fréquent. Elle demeurera aussi convaincue qu'elle doit toujours rester à la maison, ou du moins le plus que faire se pourra ; et qu elle doit en faire sortir les esclaves que le travail appellera aux champs, et y retenir ceux qu'elle jugera nécessaires à quelque ouvrage dans la métairie. Elle prendra garde que ceux-ci ne fassent pas manquer la besogne par une trop longue inaction, et elle examinera

attentivement si les choses qu'on apportera à la maison ne sont pas gâtées, pour ne s'en charger qu'après s'être bien assurée qu'elles sont en bon état, et pour laisser ensuite sous sa main celles qui seront destinées à la consommation, et mettre en réserve celles qui seront dans le cas d'être gardées, afin de ne pas consommer en un mois ce qui doit servir à la provision de l'année entière. Il faut encore, si quelqu'un des gens vient à tomber malade, qu'elle veille à ce qu'il soit soigné le mieux que faire se pourra, parce que ces sortes d'attentions ne contribuent pas moins à gagner leur bienveillance qu'à s'assurer leur o1 éissunee; outre que, dès qu'ils sont rétablis, ils s'appliquent à leur service avec encore plus de fidélité qu'auparavant, lorsqu'on a bien pris soin d'eux pendant leur maladie. (Columelle, de l'Agriculture, xn)

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