‹ Les moralistes latinsChapitre 186 sur 253 · POUVOIR ABSOLU · texte numérisé non relu

POUVOIR ABSOLU

0 malheureux l'homme qui a toute licence pour faire le mal! (Cicéron, Fragment cité par saint Augustin)

Si haut que la fortune élève un homme, elle l'expose à autant de maux qu'elle lui donne la puissance d'en faire. (Sénèque, Lettres)

Pourquoi ces grands semblent-ils grands ? C'est qu'on les mesure avec leur piédestal. Un nain est toujours un nain, même perché sur une montagne. (Le même)

Qui inspire la crainte, l'éprouve ; on n'est point terrible impunément. (Le même)

La puissance ne peut être durable quand elle fait beaucoup de malheureux. Un moment vient où une crainte commune réunit ceux qui gémissaient séparément. (Sénbque, de la Colère)

Un tyran n'a pas la faculté de changer les mœurs. En effet, ce qu'il y a de pis dans la cruauté, c'est qu'elle exige qu'on l'emploie toujours ; elle ne souffre point qu'on lui substitue un régime plus doux. C'est par de nouveaux crimes que le crime doit se défendre. Quel sort plus misérable que celui de l'homme condamné à être toujours méchant? (Le même, de la Clémence)

A l'égard des louanges qu'on lui prodigue, la crédulité d'un despote n'a pas de limites. (Juvénal)

Le comble des grandeurs sape leurs fondements; Leur élévation fait leurs abaissements.

(Lucain, traduct. de Brébeuf)

Le genre humain vit pour quelques hommes. (Le même)

Presque toujours, même aux plus indignes, l'autorité d'un père a suffi pour leur mettre aux mains le pouvoir absolu. Les petits de la poule naissent avec tous les attributs de leur espèce, crête, plume, chant, réveil matinal. Les enfants des rois naissent de même ; dès le ventre de leur mère, la couronne leur est assurée, et c'est la main d'une sage-femme qui leur confère le pouvoir absolu. (Fronton)

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