‹ Les moralistes latinsChapitre 185 sur 253 · POÈTE · texte numérisé non relu

POÈTE

Tu me pries de te lire mes épigrammes. Xon, Célès, ce ne sont pas mes vers que tu veux entendre, ce sont les tiens que tu veux me lire. (Martial, Épigrammes, i, 64)

Veux-tu savoir pourquoi personne n'aime ù te rencontrer, pourquoi Ton se sauve dès qu'on t'aperçoit, pourquoi, Ligurinus, autour de toi règne une vaste solitude ? Tu es trop poëte. C'est un bien dangereux défaut. La tigresse furieuse de l'enlèvement de ses petits, la vipère que brûle le soleil de midi, le scorpion malfaisant, sont moins à craindre que toi. Quoi de plus insupportable, en effet, qu'une pareille importunité? Si je suis debout, tu lis; si je m'assieds, tu lis ; si je cours, tu lis. Je suis aux bains, tu te pends à mon oreille; j'entre dans l'eau, tu m'empècbes d'y nager ; je rentre souper, tu ne me quittes pas un instant ; je commence à manger, tu me ebasses de table. Harassé, je m'endors, et soudain tu m'éveilles. Vois donc le mal que tu me fais ! Tu es juste, probe, inoffensif, et pourtant tu es redouté. (Le même, m, 44)

On a tous les ans de nouveaux consuls et proconsuls ;

on n'a pas tous les ans la venue d'un roi ou d'un poète. (Pétrone, -Fragments)

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