‹ Les moralistes latinsChapitre 190 sur 253 · PROSCRIPTEURS SUR LE MEURTRE DE CICÉRON · texte numérisé non relu

PROSCRIPTEURS SUR LE MEURTRE DE CICÉRON

...La scélératesse d'Antoine étouffa cette voix éloquente, l'organe de la patrie ! et l'homme qui avait défendu si longtemps l'Etat et les particuliers, ne trouva personne pour le défendre. C'est en vain, Marc-Antoine (je ne puis contenir mon indignation dans la forme ordinaire de ces récits) , c'est en vain que tu as mis à prix cette tête glorieuse, et que, par l'appât d'un funeste salaire, tu as armé le bras d'un assassin contre le sauveur de la République, contre le plus éloquent de nos orateurs et le plus illustre de nos consuls ! Tu n'as pu ravir à Cicéron que les derniers jours d'une vieillesse inquiète et débile, qu'une vie qui, sous ta domination, aurait été plus misérable que la mort ne pouvait l'être sous ton triumvirat. Loin d'obscurcir la gloire de ses actions et celle de ses discours, tu n'as fait que l'accroître ; son nom vit et vivra dans la mémoire des siècles, tant que subsistera l'univers, cette œuvre du hasard ou de la Providence, ce magnifique ensemble

que seul peut-être, entre tous les Romains, il pénétra par la force de son esprit, embrassa par l'étendue de son génie, éclaira par sa parole. La postérité la plus reculée admirera les discours qu'il a composés contre toi et maudira la vengeance atroce que tu as exercée contre lui. (Velleius Paterculus, ii, 56)

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