‹ Les moralistes latinsChapitre 198 sur 253 · RICHESSES · texte numérisé non relu

RICHESSES

Le plus grand malheur du riche, c'est de se croire

aimé de gens que lui-même il n'aime pas. (Séxèque, Lettres)

On se presse autour du riche comme on se presse autour d'une fontaine pour y puiser. (Le même)

Un tel a de beaux esclaves, une demeure splendide, d'abondantes moissons, un ample revenu ; tout cela n'est pas à lui, mais autour de lui. Louez donc ce qu'on ne peut ni lui donner ni lui ravir, ce qui vraiment lui appartient, c'est-à-dire son âme, et, dans son âme, la raison parfaite. (Le même)

Il y a des gens qui possèdent des richesses, dans le sens où l'on dit qu'on a la fièvre. Il serait plus juste de dire, au contraire, que c'est la fièvre qui nous a. Il faudrait dire de même de ces gens-là : Les richesses les possèdent. (Le même)

Si, voyageant la nuit, vous portez avec vous quelque argenterie, il vous faudra craindre le couteau et le croc du brigand ; l'ombre d'un roseau qui tremble au clair de lune, vous fera frémir. Mais le voyageur qui n'a rien sur lui, chante au nez du voleur. (Juvénal)

Le poison ne se boit guère dans les vases de terre ; mais il faut le craindre quand on porte à ses lèvres une vaste coupe d'or enrichie de perles, où flambe le vin de Pétine. (Juvénal)

Le prix réel des richesses est dans l'âme de celui qui les possède; ce sont des biens pour qui en use bien, des maux pour qui en abuse. (Térence, le Bourreau de soi-même)

Page 1