‹ Les moralistes latinsChapitre 2 sur 253 · ACTIVITÉ · texte numérisé non relu

ACTIVITÉ

L'homme, comme ranimai, a besoin d'agir, et, à aucune condition, il ne supporterait un repos perpétuel : c'est un phénomène qu'il est aisé de constater chez les jeunes enfants ; or, c'est dans l'enfance que la nature nous révèle le plus clairement ses intentions. Aussi voyons-nous que, pour les petits enfants, l'immobilité est chose impossible : un peu plus grands, ils se plaisent à des jeux souvent très-pénibles, sans que les châtiments mêmes puissent les en détourner, et ce besoin d'action grandit avec l'âge. Aussi, dussions-

nous trouver dans le sommeil les songes les plus agréables, nul ne voudrait pour soi du sommeil d'Endymion ; l'obligation de dormir toujours équivaudrait pour nous à une sentence de mort. (Cicéron, des Biens et des Maux)

Le travail est Faliment des âmes fortes. (Sénèque, Lettres)

Quand on ressent le malaise, le dégoût de soi, quaînène l'oisiveté, le seul remède, c'est l'action, c'est la forte préoccupation qu'inspire un travail honnête. (Le même)

Jusqu'au dernier terme de notre vie, disent les stoïciens, nous agirons! Nous ne cesserons de travailler au bien des hommes en général, d'aider chacun en particulier, de porter secours à nos ennemis , de leur tendre la main avec douceur. Quel que soit notre âge, pour nous jamais de congé, et, comme l'a dit éloquemment le poëte, « le casque couvre encore nos cheveux blancs. » Pour nous, jusqu'à la mort, jamais de repos; et de la mort même nous faisons un acte, si nous le pouvons. (Le même, du Repos du sage)

L'homme a tort de se plaindre de sa condition : c'est le sort, non la volonté, dit-il, qui règle sa faible et fugitive existence. Qu'il réfléchisse, et il ne verra rien qui soit au-dessus de lui ; il reconnaîtra que ce n'est ni la force ni le temps qui lui manquent, c'est une intelligente activité. (Salluste, Jugurtha)

Nos anciens disaient qu'il fallait pouvoir se rendre compte de son repos tout aussi bien que de son travail. (Columelle, de V Agriculture)

C'est en ne faisant rien que l'on apprend à mal faire. (Caton l'ancien)

Dans l'entretien d'une maison, la négligence donne plus de mal que l'ordre et l'activité. (Columelle, de l 'Agriculture)

Combien d'avantages libéralement offerts à tous par l'expérience, si l'on s'efforce de vaincre la paresse et d'atteindre par l'activité aux fins désirables ! (Gratus Faliscus, Cynégétiques, 427-429)

\iu I.TÈRE

Il semble qu'on ne se marie plus à Rome que pour

donner à l'amour le piquant de l'adultère. (Sénèque, des Bienfaits)

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