‹ Les moralistes latinsChapitre 200 sur 253 · RIGUEUR · texte numérisé non relu

RIGUEUR

Pendant la dictature de Papirius, Quintus Fabius Rullianus, maître de la cavalerie, avait, au mépris des ordres du dictateur, livré bataille aux Samnites ; et, quoiqu'il fût rentré victorieux dans son camp, celui ci, sans considérer ni sa valeur, ni son succès, ni sa noblesse, fit préparer les verges et mettre nu le coupable. Spectacle terrible! un Rullianus, un maître de la cavalerie, un vainqueur, les vêtements déchirés, le corps dépouillé, victime promise aux coups des licteurs, et dont les blessures, rapportées du combat, allaient, en se rouvrant sous des verses noueuses, laisser tomber des flots de sang sur les trophées de sa récente et glorieuse victoire! Tandis que l'armée supplie le dictateur, Fabius s'échappe, et se réfugie à Rome, où il implore en vain la protection du sénat. Papirius n'en persiste pas moins à exiger son châtiment. Alors le pire de Fabius, qui s'était vu naguère revêtu de la dictature et trois fois du consulat, e^t réduit à en appeler au peuple, et à demander, en suppliant, l'intercession des tribuns en faveur de son fils. La sévérité de Papirius demeure inflexible. Enfin, cédant à la prière de tous les citoyens. et des tribuns eux-mêmes, il déclare qu'il accorde la grâce du coupable, non à Fabius, mai- au peuple romain et à la puissance tribunitienne. (Valère Maxime, ii, 1)

Egnatius, parce qu'il a des dents blanches, rit toujours. Au tribunat, pendant qu'un orateur excite les larmes , il rit ; au bûcher d'un fils unique que pleure une mère désolée , il rit : à tout, partout, sur tout , il rit. C'est sa manie, et elle n'est, je crois, ni de bon ton, ni de bon goût. Il faut donc que je te donne une leçon, bon Egnatius. Je ne voudrais pas te voir rire toujours, car rien n'est plus sot qu'un sot rire. (Catulle, Epigrammes, 39)

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