‹ Les moralistes latinsChapitre 21 sur 253 · ARTS ET LIVRES CORRUPTEURS · texte numérisé non relu

ARTS ET LIVRES CORRUPTEURS

A quoi bon avoir élevé pour nos jeunes Romaines des temples à la pudeur, si chaque épouse vit selon son caprice? Le premier dont les pinceaux tracèrent d'impures images et qui suspendit ces honteuses imitations dans nos chastes demeures, celui-là savait bien qu'en corrompant d'abord l'ingénuité de leurs regards, les femmes ne seraient bientôt plus novices en fait de dissolutions. Qu'il gémisse à jamais de son art, le peintre qui reproduisit ces charmants débats que l'amant cache avec ivresse dans le silence ! De pareils tableaux ne décoraient pas la demeure de nos aïeux ; le vice ne s'y affichait pas sur les lambris. Ne nous étonnons donc plus que l'araignée ait presque voilé nos autels, que l'herbe stérile croisse aux pieds de nos dieux abandonnés. (Properce, ii, 6)

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