COMPLAISANCE
M. Porcius Caton raya du rôle des sénateurs Lucius Flamininus parce que, ayant, dans son gouvernement,
condamné un homme au supplice de la hache, il avait pris pour l'exécution l'heure fixée par sa maîtresse, afin de lui en donner le spectacle. Caton aurait pu avoir égard à la dignité consulaire dont Flamininus était revêtu, et au crédit de son frère Titus Flamininus honoré aussi du consulat ; mais Caton devait à la censure, il se devait à lui-même, ce double exemple de sévérité. Il ne pouvait que noter d'infamie celui qui, par une si odieuse complaisance, avait souillé la majesté du commandement suprême ; celui qui n'avait pas craint que, parmi les images de sa famille et à coté du roi Philippe vaincu et suppliant (1), on vit une courtisane se repaissant avec délices de la vue du sang humain. (Yalère Maxime, ii, 9)