‹ Les moralistes latinsChapitre 66 sur 253 · DEVOIR · texte numérisé non relu

DEVOIR

Voici le but que se propose l'homme de bien : Je veux, dit-il, voir arriver la mort avec autant de fermeté que j'en ai entendu parler : quel que soit le travail auquel je serai assujetti, j'obéirai ; mon âme soutiendra mon corps. Riche ou pauvre, j'aurai à l'égard des richesses la même indfférence, sans être plus fier poulies voir autour de moi , plus triste pour les voir ailleurs... Ma vie se réglera sur ce principe, que je suis né pour les autres, et j'en remercierai la nature... Je ne croirai vraiment posséder que ce que j'aurai donné à ceux qui ont des droits à mes bienfaits... Je ne ferai

rien pour l'opinion, tout pour la conscience... Je nie rendrai aimable à mes amis, doux et facile à mes ennemis... Je saurai que le monde entier est ma patrie et que les dieux y président, qu'ils sont au-dessus de moi, auprès de moi, qu'ils surveillent mes actions et mes paroles. Et, quand viendra l'heure suprême, soit que la nature me redemande ma vie, soit que ma raison y renonce (1), je m'en irai en me rendant le témoignage d'avoir préféré à tout le calme de la conscience et les travaux honnêtes, et de n'avoir attenté ni à la liberté des autres, ni surtout à la mienne. (Sénèque, de la Vie heureuse)

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