‹ Les moralistes sous l'empire romainChapitre 62 sur 149 · Il · texte numérisé non relu

Il

bétail, donne des petits aux mères! — Eiil comment 1p peut-il, imbécile! quand tu immoles toutes tes jeunes bêtes? — Qu'importe? il égorge, il égorge toujours; la prospérité va venir, le domaine s'étendre, le troupeau grossir. Cela vient, dit-il, cela vient.... Gela vient si bien que, déconfit, désespéré, il s'écrie un jour en soupirant : Je n'ai plus qu'un écu dans ma bourse .* » Perse va plus loin encore et ose condamner certaines dépenses inutiles du culte public. On sait, par exemple, que l'or pris sur les ennemis était porté au Gapitole, consacré aux dieux et souvent destiné à embellir leurs images. Par cela que les hommes sont cupides, ils s'imaginent que les dieux le sont aussi; ils prêtent à la majesté divine leurs propres convoitises. Dans un beau mouvement d'éloquence qui rappelle certaines apostrophes de Bossuet, il s'écrie : « 0 âmes courbées vers la terre, étrangères aux choses du ciel! pourquoi porter ainsi dans les temples la bassesse de vos pensées et croire que les dieux seront flattés par ce qui flatte la corruption de la chair! »

G curvse in terras animas, et cœlestium inanes! Quid juvat hos templis nostros immittere mores, Et bona dis ex hac scelerata ducere pulpa '.

Quel langage nouveau I quel singulier choix d'expressions qui seront chrétiennes! Combien ces vers concis renferment de substance religieuse et morale ! S'ils

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