‹ Les moralistes sous l'empire romainChapitre 7 sur 149 · LES · texte numérisé non relu

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Les philosophes à Rome.

Chez les anciens, la philosophie morale n'était pas, comme de nos jours, une simple analyse du cœur humain. Les philosophes, et en particulier les stoïciens, qui s'attachaient surtout à la morale, agissaient directement sur les mœurs par un enseignement familier dont la gravité avait quelque chose de rehgieux. Les prêtres du paganisme, qui n'étaient, pour ainsi dire, que des officiers du culte, n'enseignaient pas, et se bornaient à présider aux cérémonies. Gomment auraient-ils pu don-

lier une instruction morale sans re/iier Jupiter, Vénus et tous leurs dieux? Au coutraire, depuis rétablissement du christianisme, la religion seule s'occupe des âmes, tandis que la philosophie n'a qu'une influence indirecte sur les mœurs, en pénétrant peu à peu dans la législation, dans la politique, en un mot, en formant l'esprit public.

A Rome, surtout, où la philosophie devint plus pratique en s'accommodant au caractère romain, les sages ne se contentaient pas de donner au p'iblic le fruit de leurs spéculations, mais le plus souvent ils s'attachaient des disciples pour les former à la vertu. Les plus illustres vivaient dans les grandes maisons, devenaient les conseillers de la famille, surveillaient l'éducation des enfants; et nous voyons, par maint témoignage, que leur autorité n'était pas stérile. Les plus grands hommes de la répubUque emmenaient avec eux, en voyage, à l'armée, dans les provinces, un philosophe qui devenait leur ami, et qui, par ses discours, tempérait la sévérité romaine. C'est par ce commerce journalier avec de graves philosophes que se sont formées les plus graudes âmes, Scipion et Lélius, « ces hommes divins redevables de leurs vertus à la philosophie autant qu'à leur beau naturel* ; » Brutus, qui y puisa cette douceur de caractère qu'il ne démentit que pour céder aux obsessions de ses amis politiques; Gicéron, qui passa toute sa jeunesse sous la direction morale d'un stoïcien fameux; Gaton, qui mérita de devenir le plus beau modèle du Portique ; sans parler d'Auguste, qui logeait dans son palais Athénodore de Tarse, et dont l'autorité devint plus douce quand il eut pris ce philosophe pour conseiller.

On voit, par ces exemples, que ces philosophes res-

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