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qui, dans la mesure de leurs force? surveillent tous les hommes, examinant ce qu'ils font, comment ils vivent, en quoi ils négligent leur devoirs.... Notre philosophe a l'humanité pour famille, les hommes sont ses fils, les femmes sont ses filles. C'est comme tels qu'il va les trouver tous, comme tels qu'il veille sur tous, parce qu'il est leur père, leur frère et le ministre de leur père à tous, Jupiter*. »
A part ces formes du langage païen, où trouver une vue plus haute et plus nette de la mission religieuse et morale? Dans ces transports si raisonnables, Epictète n'a rien oublié, ni l'entière obéissance à Dieu, ni Tamour de la pauvreté, de la souffrance, de l'humiliation même, ni surtout l'amour des hommes. Mais laissonsle achever de peindre en traits rapides la beauté de ce sacerdoce ; quelques mois admirables nous diront à quelle condition le philosophe prêcheur sera respecté : « Avant tout, il faut que son âme soit plus pure que le soleil. Autrement il ne serait qu'un coureur d'aventures et un homme de métier, si livré au mal lui-même,il s'érigeait en censeur des autres.... Et comment voulezvous qu'il se fasse obéir, il n'y a que sa conscience qui lui donne du pouvoir.... Quand on le voit veillant et travaillant par amour pour l'humanité, quand on le voit s'endormant le cœur pur et se réveillant plus pur encore, quand on sait que toutes ses pensées sont les pensées d'un ami des dieux, d'un de leurs ministre?, d'un associé à la souveraineté de Jupiter, quand enfin il est toujours prêt à dire : « 0 Jupiter, ô destinée, a conduisez-moi ! » ou bien : « Si telle est la volonté des « dieux, qu'il en soit ainsi ! » Pourquoi, dès lors, n'aurait-il pas le courage de parler librement à ceux qui