‹ Les moralistes sous l'empire romainChapitre 95 sur 149 · Athénée, XIV · texte numérisé non relu

Athénée, XIV

3. H BASIAETOrSA PQMH TON BASIAEYONTA TQN AO- PQN. Eunape, Vie de Prohxresius.

frivoles de Tesprit, à ces recherches minutieuses de la vanité, sans renoncer à la véritable estime de soi-même et à la fierté d'un honnête homme. Aussi leurs dissensions, leurs jalousies, leur avarice sont aussi célèbres que leur arrogance, et leur vie voluptueuse a été telle qu'elle a donué naissance à un proverbe • Vivre comme un sophiste.

Si nous avons emprunté à Philostrate, à Eunape, et en général aux auteurs de l'époque les détails les plus singuliers, ce n'est point pour faire croire que tous les sophistes fussent au même degré déraisonnables, mais uniquement pour montrer, par des exemples frappants, quel était le caractère de cette éloquence. On voit ce qu'elle était devenue, faute de sujets : une vaine déclamation, un jeu théâtral, avec des poses d'histrion et des costumes éclatants, un chant efféminé, enfin le digne amusement d'une société oisive et servile. Rien de grand, rien de sensé ne pouvait sortir de ces joutes intéressantes sans doute, parfois tragiques et pourtant ridicules, parce que le prix de la lutte n'était que la satisfaction d'un amour-propre et que la lutte elle-même n'était que le combat de deux vanités. Le style valait les pensées et ne. pouvait être qu'un assemblage ingénieux de vieilles métaphores rajeunies, d'expressions détournées de leur sens ordinaire pour leur donner un air de nouveauté, de mots poétiques semés avec art, comme les rubis sur le manteau de l'orateur, et une harmonie toujours également musicale dont la fadeur est bientôt un tourment pour l'oreille. Mais on est tenté d'avoir de l'indulgence pour ces défauts odieux, quand on songe que les Grecs de cette époque ont eu du moins le mérite de rester fidèles à leurs traditions littéraires, qu'ils n'ont pas renoncé, malgré le malheur des temps, au culte de l'éloquence, qu'ils ont essayé, n'importe comment, de l 'honorer en-

core avec une persistance qui est plus respectable que les ouvrages qu'elle a produits. Ne faut-il pas compatir aux efforts de cette passion toujours vivante qui leur fait chercher partout, dans la mythologie, dans Fhistoire, dans les lieux communs delà morale, une matière à des discours? S'il était permis d'emprunter le langage emphatique de l'époque et d'expliquer notre pensée paruna comparaison que le sujet autorise et qui est dans le goû( des sophistes, nous dirions que les Grecs de la déca-« dence ressemblent à ces animaux industrieux que leur instinct pousse à construire des ponts sur les lacs et les rivières, et qui, alors même qu'ils sont en captivité, continuent encore à rassembler tous les débris, tous les objets qu'ils rencontrent, comme des matériaux d'une inutile construction; ou bien pareils à ces quadrupèdes agiles et charmants qui sautent de branche en branche dans les libres forêts, et qui, prisonniers dans une cage étroite, trompent ce besoin de mouvement qui est leur nature, en faisant tourner sans cesse une roue mobile; ainsi les Grecs, dans la servitude, pour satisfaire encore cet instinct de l'éloquence, ont cherché de tous côtés une matière solide sans pouvoir la trouver, et par des exercices puérils donné le change à leur activité naturelle. Est-ce de leur faute si la conquête romaine leur a enlevé, avec la liberté, les véritables éléments du discours oratoire, et ne doit- on pas les plaindre en voyant la grâce et la gentillesse de leur esprit tourner sans repos dans le même cercle de phrases élégamment banales, en voyant condamnés à ce travail stérile les fils dégénérés de Périclés et de Déiaosthènes?

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Les sophistes philosophes.

Parmi ces orateurs errants qui remplissaient le monde de leur parole et de leur gloire, il en est un petit nombre qui ont fait de l'éloquence un noble usage en répandant partout les préceptes de la morale. Il faut remarquer jci qu'aux plus tristes époques de l'histoire ancienne, c'est la philosophie seule qui soutient encore les esprits et les âmes, et résiste à celte lente dégradation morale qui menace de tout envahir. Pendant que la politique est impuissante, que les princes ne peuvent rien ou ne tentent rien pour relever les mœurs, pendant que le monde se plonge de plus en plus dans la corruption ou s'amuse à des futilités sophistiques, quelques philosophes, à la faveur de ces usages qui permettaient au premier venu de prendre la parole dans les assemblées, se glissent au milieu de la foule tumultueuse et font entendre, non sans péril parfois, quelques leçons de sagesse. C'est la philosophie qui est la dernière gardienne de la raison et de la dignité dans les sociétés antiques. Elle survitaux lois, aux institutions, aux mœurs; elle échappe même à la tyrannie, parce qu'elle peut se réfugier dans l'invisible sanctuaire d'un cœur honnête. La matière ne lui manque jamais, puisque l'âme humaine étant le sujet de ses études, elle porte avec soi le sujet de ses méditations. Bien plus, le malheur des temps ne fait souvent que raviver sa force, la corruption des mœurs l'irrite, la dégradation des caractères l'anime d'une ardeur plus gêné-

reuse, et la vue de la servilité lui fait sentir tout le prix de la liberté intérieure. Aussi ne faut-il point s'étonnei si les dernières paroles sensées, éloquentes, sortent de la bouche des philosophes.

Cependant il faut reconnaître que l'enseignement philosophique était bien déchu. Il s'est fait simple et modeste, et, renonçant aux grandes idées et aux problème? savants qu'il agitait autrefois, il ne donne plus que de? préceptes de conduite. Ce n'est plus le temps où de puis santés écoles établissaient, chacune à sa manière, les règles de la morale, et fondaient de vastes systèmes dont les principes et les conséquences étaient défendus avec une sorte de foi jalouse. Les hautes études de la philosophie se sont affaiblies; on n'aime plus les recherches abstraites ni les déductions rigoureuses, et même on peut dire que les disciples ne comprennent plus la parole du maître. Les doctrines rivales de Platon, d'Aristote, de Zenon, d'Epicure, qui alors se partagent les esprits, se sont fait tant d'emprunts et de concessions réciproques, qu'on a de la peine à distinguer, dans les ouvrages du temps, ce qui appartient aux unes et aux autres. Les philosophes se disent encore de telle ou telle école, ils en portent le nom et souvent le costume, mais ils ne s'aperçoivent pas qu'ils sont infidèles à la doctrine qu'ils enseignent. Celui-ci se croit stoïcien et adopte les idées de Platon sur l'âme et l'immortalité; celui-là, voulant s'éloigner un peu des sévérités du Portique, glisse à son insu dans les molles délices d'Epicure. Tous ces compromis et ces transactions entre les diverses écoles amènent le discrédit de la philosophie dogmatique. Quand les doctrines ne s'affirment pas fortement elles-mêmes, quand elles ne sont pas exclusives, quand elles pactisent avec l'ennemi, elles ne peuvent plus compter sur des adeptes dévoués. Aussi, soit affaiblissement général des

études, soit indifférence, s oit tolérance excessive, presque tous les bons esprits de ce siècle s'abstiennent de traiter les hautes questions de la métaphysique et de la morale, ou, s'ils le tentent quelquefois, ils confondent tous les systèmes et ne laissent voir trop souvent que leur légèreté et leur ignorance. La philosophie aspire à devenir populaire, elle s'abaisse, elle se fait toute à tous, et, pour être comprise et acceptée, elle puise ses idées non plus à la source élevée du dogme, mais dans le réservoir commun qu'on appelle le bon sens public; elle se rapproche de plus en plus de la pratique, et se contente de donner des prescriptions salutaires et incontestables, qu'elle rédige en maximes et qu'elle décore d'ornements littéraires. De ]à une nouvelle espèce d'éloquence qui n'est pas sans ^portée ni sans mérite, celle de ces orateurs philosophes qu'on appelle aussi des sophistes, et qui seraient dignes d'un nom plus honorable. Pour faire connaître leur caraclère, leurs mœurs et leur rôle, nous choisirons comme exemple Dion Ghrysostome, qui touche à l'époque des Antonins, et qui attire, plus que tout autre, l'attention par la singularité de sa vie, par ses talentsetsa vertu. D'abord sophiste, puis philosophe, jeté dans l'exil à la suite d'une imprudence glorieuse, pendant quelques années errant et misérable, reçu plus tard dans la familiarité de deux empereurs, il ne se démentit ni dans la bonne ni dans la mauvaise fortune, et, en donnant partout sur son passage des leçons aux particuliers, aux villes, aux souverains, il nous fera voir quel était alors l'enseignement populaire de la morale.

Nous ne voulons pas tracer ici toute l'histoire de cette philosophie active et militante qui, dans l'affreuse dégradation de la décadence antique, tenait les consciences en éveil, et, avant le christianisme, offrait quelque soutien à la dignité humaine. Qu'il nous suffise de faire en peu

de mots, pour Dion Chrysostome, ce que nous avons fait avec plus de détail pour Sénèque, et de montrer dans ses discours les principaux caractères de cette propagande morale. Ces deux philosophes, dont la destinée a été aussi différente que le génie, ont rempli chacun le rôle qui COD venait à son éducation, à son genre de vie, à la nature de son éloquence. L'ingénieux et brillant Sénèque , l'homme des pensées profondes et des nobles compagnies, nous fait voir le directeur de conscience parlant aux âmes d'élite, instruisant les particuliers et retenant sous sa discipline volontairement acceptée une sorte de clientèle patricienne. Dion, Thomme du peuple, le pauvre, l'exilé, l'orateur errant de ville en ville, de province en province, nous représente le prédicateur populaire. Et puisque dans ce livre nous avons eu souvent Toccasiou de comparer l'enseignement de la morale profane à celui de la religion chrétienne, disons que si Sénèque rap^^elle les grands directeurs du dix-septième siècle ouvrant les trésors de leur doctrine et de leur expérience à des âmes choisies capables de les comprendre, Dion fait penser aux moines mendiants allant de contrée en contrée évangéliser les multitudes*.

Il naquit à Pruse, petite ville de la Bithynie, où, jeune encore, il se fit un nom par son éloquence. Le peuple ayant tenté, pendant une émeute, de mettre le feu à sa maison, il abandonna sa patrie, à laquelle il avait déjà

1. Dion a bien consci'^^ce de son rôle; il reproche aux autres philosophes de ne pas s'adresser à la foule, el? uXyjôoç oOx làaiv ; ils désespèrent, sans doute, de pouvoir la rendre meilleure, dit-il, ànzyvo!iV.6zei lawç to Pôatîou; àv TioiTjarat toù; tcoXXouç, Di^c, XXXII. — Du reste, les stoïciens, autrefois si dédaigneux pour le peuple, comprennent de plus en plus qu'il faut prêcher tout le monde, même les femmes et les esclaves. Senserunt hoc stoici qui servis eî mulieribus philos ophandum esse dicebant. Lactance, InstiU div., III, 23.

rendu des services comme premier magistrat, et vint à Rome chercher une plus haute renommée. Là il eut la hardiesse de venger, par un violent pamphlet, un noble personnage que Domitien avait fait mourir. Proscrit, menacé du dernier supplice, il s'enfuit et disparut dans l'exil. Jusque-là il n'avait été qu'un sophiste amoureux de lui-même et de la gloire ; maintenant le malheur l'a changé en philosophe. Pendant ses longs voyages, il ne porte sur lui qu'un dialogue de Platon et un discours de Démosthènes, et, couvert d'un manteau qui annonce la pauvreté, il gagne sa vie par des ouvrages serviles. Mais s'il cachait son nom, il ne put cacher son éloquence; et il arriva plus d'une fois que les particuHers et le peuple en foule entouraient ce pauvre et ce mendiant, et demandaient à l'entendre. C'est ainsi que, fuyant toujours le ressentiment impérial, il parvint jusqu'aux limites de l'empire romain, dans le pays djs Gètes, apportant les lumières de la philosophie aune colonie grecque perdue dans ces contrées barbares, lorsqu'on apprit tout à coup la mort de Domitien et l'élection de Nerva. Les légions romaines, campées dans les environs, irritées de cette mort, se préparaient à la révolte et voulaient refuser le serment au nouvel empereur, lorsque Dion s'élança sur un autel, et, après avoir jeté ses haillons, se fit connaître aux soldats, leur raconta son histoire, ses malheurs, leur peignit la cruauté de Domitien, les vertus de son successeur, et, par sa vive éloquence autant que par la surprise de ce coup de théâtre, les fit rentrer dans le devoir. C'est alors que finit l'infortune de Dion, qui put revenir à Rome, où il vécut dans les bonnes grâces de Nerva et de Trajan. Ce n'est là que le cadre de sa vie, que nous allons remplir en esquissant l'image de ce philosophe pratique qui ne promène pas son éloquence par le monde uniquement pour se faire admirer,

mais encore pour instruire les peuples, que nous allons voir prêchant la sagesse chez les Grecs, les barbares, à Rome, à Athènes, à Rhodes, en Egypte, en Asie, se donnant à lui-même une sorte de mission philosophique.

Nous avons vu que Dion ne fut d'abord qu'un sophiste, non moins extravagaut que les autres. Je ne sais s'il poussa aussi loin que ses rivaux l'oubli de la décence et de la modestie, mais on peut affirmer que, dans le choix de ses sujets, il ne montra pas plus de raison, et qu'il s'est distingué par l'audace de ses paradoxes, par l'appareil de son style et par ces jeux d'esprit qui n'avaient que le mérite de la difficulté vaincue. La sopliistique avait ses habitudes, et, pour ainsi dire, ses modes. Attaquer, par exemple, les grands hommes et surtout les philosophes les plus respectés, c'était se signaler par une hardiesse qui mettait toujours en relief un jeune orateur; Dion se fit une gloire de déclamer contre Socrate et Zenon, de leur lancer des invectives grossières, et d'appeler leurs disciples des pestes publiques et la ruine des cités. Une autre mode fort goûtée voulait qu'on étalât dans des pièces descriptives toutes les magnificences du style et le luxe inutile de l'imagination; Dion, suivant l'usage, déploya les riches couleurs de son éloquence dans ses descriptions fastueuses. Enfin, pour prouver la souplesse de son talent, il avait composé de ces petites merveilles de langage que nous avons décrites, et célébré le perroquet et la puce. Rien ne manquait à sa renommée de sophiste, et peut-être eût-il continué à poursuivre cette gloire frivole, si les loisirs douloureux de l'exil ne l'avaient rappelé à de plus sérieuses pensées.

Devenu philosophe, il changea non-seulement soi langage, mais son genre de vie. A cette époque, la philosophie était une espèce de religion qui imposait à ses

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adeptes au moins Textérieur de la vertu. Les sophistes se reconnaissaient à leurs mœurs licencieuses et à leurs manières arrogantes, les philosophes à la dignité de leur conduite et de leur maintien. On entrait dans la philosophie par une sorte de conversion édifiante ; on ne pouvait en sortir que par une apostasie scandaleuse. C'est ce que prouve, et l'heureux changement qui s'est opéré dans la vie de Dion, et l'exemple contraire d'un certain Aristoclès, péripatéticien grave et modeste qui, dans sa vieillesse, s'avisa de se faire sophiste. Il parcourut tous les théâtres de l'Italie et de l'Asie pour prendre part aux luttes de déclamation, et, adoptant les mœurs de sa nouvelle profession, affligea les honnêtes gens par l'éclat ^de ses désordres*.

Dion lui-même a raconté sa conversion avec une ingénuité intéressante. Pendant son exil, on le regardait presque toujours comme un vagabond et un mendiant, mais quelquefois aussi on le prenait pour un sage. Il se laissa donner ce titre pour ne pas résister au public, et :e nom, d'abord accepté à la légère, finit par lui porter Donheur. Une fois qu'il eut la réputation d'un philosophe, tout le monde venait le consulter sur des cas de conscience, si bien qu'il fut obligé, pour n'avoir pas l'air d'un ignorant, de réfléchir sur les devoirs moraux. En y songeant, il s'aperçut bientôt que tous les hommes n'étaient que des fous occupés d'argent, de vanités, de plaisirs ; mais il se hâte d'ajouter, avec une véritable humilité de sophiste vaincu par la philosophie, qu'il vit alors

L Synésius, Dion. — Oa pourrait citer plus d'une conversion pareille à celle de Dion. Le sophiste Isée, l'Assyrien, avait passé sa jeunesse dans la débauche la plus raffinée. Tout à coup il devint sage. Onelqu un lui montrant une femme et lui demandant s'il la trouvait belle, Isé3 répondit : Oh ! mon cner, je n'ai plvs mai aux yeux. Philostiali, 1, 20.

pour la première fois sa propre folie *. Dans cet enseignement nouveau, il sentait si bien son inexpérience qu'il se contentait, dit-il, de débiter les maximes et de refaire les discours de Socrate, et, longtemps encore après son retour à Rome, il n'osait exprimer ses propre? pensées, tant il était persuadé de son ignorance. Ces aveux de Dion ont du prix quand on sait qu'ils ont été faits devant le peuple d'Athènes : touchante confession, dont l'extrême simplicité peut surprendre de la part d*un sophiste naguère enflé de lui-même.

Pour Dion, la morale n'est pas une vaine spéculation, mais un ensemble de préceptes qui n'ont de valeur que dans la pratique. Il ne suffit pas de se proclamer philosophe, il faut prouver par ses actions qu'on mérite ce titre. « Que penseriez-vous, s'écrie-t-il, d'un homme qui vous dirait : Je suis laboureur, et qui, sans posséder ni champ ni instruments de travail, passerait sa vie au milieu des voluptés de la ville? Vous auriez le droit de lui répondre : Tu n*es qu'un oisif*. » C'est ainsi que la philosophie a sa besogne, son genre de vie et son costume, enfin sa discipline. Elle impose le respect de soimêiiie et le culte des dieux. Si vous observez ces règles salutaires, vous êtes un philosophe ; mais si vous vivez comme le vulgaire, vous avez beau vous décorer d'un nom honnête, vous ne serez qu'un arrogant, un insensé, un voluptueux: « Savez-vous ce qu'est un sage? dit-il en faisant un retour sur sa vie de sophiste et en brûlant ce qu'il avait adoré : c'est l'homme qui ne se soucie ni de la richesse, ni de la gloire, ni des couronnes olympiques, ni des inscriptions flatteuses gravées sur les co-

1. Kal p.à).i(7Ta xat Tcpôôtov è^xauTÔv xaTOf(.'.î[i/pô(jL£vo;. Disc XIII, p. 424. Édit. Reiske.

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