‹ Les moralistes sous l'empire romain [microform]: philosophes et po ètesChapitre 119 sur 139 · VIII · texte numérisé non relu

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LA SOCIÉTÉ ROMAINE

mœurs si vivement colorées et parfois trop précises dans leur impudeur, ne sont pas inutiles à l'histoire, et nous mettent sous les yeux les turpitudes de ces mystères de Cybèle, les bizarres cérémonies auxquelles préside quelque fanatique en cheveux blancs, les consultations clandestines données aux dames romaines par ces imposteurs révélés. Celles-ci les font venir dans leurs maisons où le chef de la bande, coiÛé de la mitre phrygienne, entouré de ses affreux acolytes, rend ses oracles, commande les offrandes, les ablutions lustrales, les abstinences. Pour écarter les malignes influences et pour expier les fautes, il exige de la dame, à son propre profit, le sacrifice de ses belles robes, il la force de faire le tour du champ de Mars sur ses genoux ensanglantés. C'est par de tels prestiges qu'il établit son empire, ce pontiie menteur avec son troupeau de prêtres vêtus de lin, à la tête rasée, vagabond sacré qui se moque des pieuses lamentations auxquelles il a condamné le peuple imbécile de ses fidèles*.

(Les astrologues chaldéens insp: raient plus de confiance encore depuis que la chute de la religion, l'oubli des anciennes pratiques, le discrédit des oracles, ne laissaient plus aux Romains le moyen de connaître l'avenir. Les oracles de l'astrologie remplaçaient ceux de Delphes qui ne parlaient plus*. Ce silence date de l'ère chrétienne, le fait est certain, attesté par un grand nombre d'écrivains qui Texpliquent diversement. Les chrétiens prétendaient que la venue du Christ avait chassé les démons, qui se servaient des oracles pour abuser l'esprit des hommes; Lucain donnait une raison assez spécieuse quand il disait que les princes et les rois,

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