Tacite, lh:it
lecabaretier pour épouser le fripier, ■ la riche matrone s'adresse à des prêtres qui coûtent plus cher et qu'elle fait venir à grands frais de la Phrygie ou de l'Inde*.
Il y aurait un curieux chapitre à faire sur les préventions romaines contre la religion juive que Juvénal^ comme tous les écrivains de Tépoque, a rangée parmi les superstitions étrangères et les jongleries orientales. ( Mais ce serait faire trop d'honneur à quelques vers satiriques que de raconter longuement comment les Juifs se sont établis et multipliés à Rome, et pourquoi ils ont soulevé tant de haines. Constatons seulement que le poëie, sans ignorer leurs coutumes, ne comprend pas leurs croyances et ne s'est point fait initier à leur loi. Il les juge comme le vulgaire, il répète ce qu'on disait sans doute autour de lui; mais dans la naïveté de son ignorance, il nous fournit quelques détails qui ne sont pas sans prix]) En histoire, rien n'est souvent plus instructif que ies erreurs passionnées des contemporains. /Juvénal est encore l'organe de l'opinion publique quand Ql considère les Juifs comme des ennemis de l'État, bien plus, comme les ennemis du genre humain : « Ils sont accoutumés, dit-il, à mépriser les lois romaines; ils ne pratiquent, ils ne révèrent que la loi judaïque, je ne sais quelle loi que Moïse leur a transmise dans un livre mystérieux. J Ils n'indiqueraient pas le chemin à un voyageur qln n'est pas de leur secte ; ils ne montreraient * une fontaine qu'aux seuls circoncis *. » Le poète, comme ' tout le monde à Rome, avait bien observé les mœurs des Juifs, leur isolement, leur horreur à la fois religieuse et nationale pour les païens ; mais, comme tout le monde aussi, il n'avait pas daigné se faire expliquer
î. VI, 553-59'. — Divitibus resjponsa dabit Phryx augur et Indus.