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LA SOCIÉTÉ ROMAINE
LA SOCIÉTÉ ROMAINE
la loi de celte tourbe méprisée( Quand Jnvénal s'avise de parler de leur religion et de d^ouvrir les secrets de ce culte incompris, il n'est que l'écho de bruits populaires, et ne donne que des explications aussi vagues que légèresy Savez- vous pourquoi les Juifs se conduisent ainsi et se croient meilleurs que les autres? « C'est,) dit-il, que leur père imagina de passer dans l'oisiveté ! le septième jour de chaque semaine*. » Sin^^ulière rai-j son qui prouve combien peu un poète satirique se met en peine d'examiner et de comprendre ce qu'il déteste. Juvénal, Tacite et les autres écrivains profar^ô ne connaissent de la religion juive que ce que de lointaines rumeurs, les moqueries du peuple, leur ont appris. Peut-être ont-ils vu quelques cért^monies extérieures de ces étrangers mal famés; mais sans se demander quel est le sens de ces pratiques, ils les jugeaient à première vue honteuses et ridicules. Ce culte si fort au-dessus du . paganisme, ce culte tout moral d un Dieu unique qui ne souffrait dans son temple ni statues ni images, échappait à rintelliu'ence de ces hommes dont l'imagination, du moios, était restée idolâtre. Le peu de renseignements certains qu'ils avaient obtenus sur cette secte obscure ne servait souvent qu'à égarer davantage leur jugement, parce qu'ils parlaient avec tout l'aplomb de l'ignorance qui se croit savante. Ainsi, comme Juvénal avait sans doute entendu dire que le temple de Jérusalem était sans toit, qu'il ne renfermait pas d'images sensibles de la Divinité, que les Juifs priaient en se tournant du côté de l'orient, il ne lui en fallait pas davantage pour affirmer avec assurance «qu'ils n'adorent que la puissance 1 ' des nuages et du ciel *. » Et pourquoi un poète romain