Dicere vix posais quam mulli talia plorent. XIV
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LA SOCIÉTÉ ROMAINE. 323
satires où le poëte ne songe pas à peindre le paupérisme romain, on rencontre bien des détails particuliers sur les causes de ruine si nombreuses à Rome où tout était poussé à l'extrême. On y est écrasé par les nécessites du luxe : « Tous nous vivons ici dans une pauvreté ambitieuse.
Hic vivimus ambitiosa Paupertate omnes •.
Chacun s'habille comme le riche ; on emprunte de l'argent pour faire figure, et Ton sait à Rome où mènent les dettes et l'usure. La plébéienne pauvre imite la matrone qui se fait porter sur les épaules des esclaves syriens. Elle aussi veut paraître aux jeux en grand appareil. Elle louera des habits, des coussins, une litière, un cortège : « Les femmes n'ont plus aujourd'hui la pudeur de la pauvreté. »
NuUa pudorem Paupertatis habet*.
L'ostentation d'un luxe insensé renverse les plus grandes fortunes. On dévore sans souci son patrimoine, revenus, argent massif, troupeaux, domaines ; on est forcé de vendre son anneau de chevalier, et « Pollion mendie le doigt nu». » Qu'est-il besoin de relever ici, d'après Juvénal, toutes les causes particulières ou générales de cette pauvreté qui offrait à Rome de si tristes et de si honteux spectacles ? Pour soupçonner et reconnaître l'étendue et la profondeur du mal, il suffit de se rappeler, dans presque tous les écrivains de l'empire, et surtout