‹ Les moralistes sous l'empire romain [microform]: philosophes et po ètesChapitre 26 sur 139 · Lettres LIX, LXIV, LXXH · texte numérisé non relu

Lettres LIX, LXIV, LXXH

2. Il importe de voir dans le texte la précision du trait : Habet ista res suam gratiam et est décor proprius orationis leniter lapsse.... larga est, et sine perturl)atione, non sine cursu tamen veniens.... clecla verba, non captata, spjendida tamen, quamvis sumantur e medio : sensus honestos et magnificos habes, non coactos in sententiam.... Deest illis oratorius vigor, stimulique, quos quaeris, et subili ictus sententiarum.... Non omne verbum excitabit ac punget, lateor.... sed mulLum erit in omnibus lucis, et ingens sine tœdio spalium.... Liqueat libi illum sensisse quae scripsit.... ad profectum omnia lendant, ad bonam menlem.... sine coaimendaUone parlium singularum, in universum maguificus.... Lettre C.

LA MORALE PRATIQUE

à réclat, mais à l'efficacité de leur éloquence. Eu eflet, ces sages austères et convaincus parlaient de la vertu avec un enthousiasme si communicatif, ils lui rendaient par leur exemple un hommage si touchant que plus d'un auditeur, tmu jusqu'au fond de l'âme, prenait la résolution de cllan^^er sa vie, de renoncer h l'amhition, an plaisir, enfin de dépouiller le vieil homme. Au sortir d'une leçon d'AUalus, Sénèque, jeune encore, fit le vœu auquel il resia toujours fidèle, de s'abstenir à jamais de certains raflinements du luse et de la sensualité. Dans sa vieillesse il Je rappelle avec bonheur ces jeunes transports suivis d'une espèce de conversion durable; et s'il aime à raviver en lui ces beaux souvenirs, c'est moins pour célébrer les triomphes de l'éloquence que les victoires de la philosophie*.

Après avoir tracé le devoir du maître, Sénèque n'oublie pas celui du disciple. L'un et l'autre ne doivent avoir qu'un but, le profit moral *. Il ne faut suivre les leçons des philosophes que pour se rendre meilleur, et pour emporter chez soi quelques vérités salutaires et pratiques. On pouriait, sans trop de scrupule, ranger tout cet ensemble remarquable de préceptes sous le titre que porte l'opuscule de Nicole : De la manière d'étudier chrétiennement. Montrant dans quel esprit il faut recevoir la vérité morale, Sénèque, en fin observateur, avec une gravité railleuse, passe en revue les divers caractères des auditeurs qui apportent aux leçons de la sagesse des dispositions plus ou moins frivoles. Il nous fait voir les mondains qui viennent, pour entendre, non pour apprendre, qui se soucient fort peu de se délivrer d'un vice, de prendre quelque règle de conduite, pour qui

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