‹ Les moralistes sous l'empire romain [microform]: philosophes et po ètesChapitre 58 sur 139 · Juvénal, VII · texte numérisé non relu

Juvénal, VII

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des princes et à une certaine facilité de versification qui était devenue universelle, cette espèce de maladie liltéraire fit de plus en plus des progrès jusqu'au règne de NéroD, où dans la personne de rempereur-poële la méiromanie m)nla sur le trône.

Ce que fut cette littérature moudaine, on le devine en voyant que Néron donne le ton et l'exemple. Chacun se piqua de faire des vers ou d*en citer dans les réunions. Les plus ignorants qui voulaient être du bel air se frottèrent de poésie au plus vite. Rien ne donne mieux Tidée de cette manie poétique que Thistoire de Calvisius Sabinus, un riche inepte et sans mémoire, incapable de retenir même les noms d'Achille ou d'Ulysse, et qui, pour rivaliser avec le monde élégant et pour avoir toujours des citations toutes prêtes, s'avisa de faire apprendre par cœur les poètes grecs à des esclaves, à l'un tout Homère, à l'autre Hésiode, à neuf autres les neuf lyriques; puis il se mit à persécuter ses convives, à les harceler de citations que lui fournissaient ces esclaves couchés à ses pieds sous la table. On feignait d'être dupe de cette vaste érudition, et on se contentait de faire des plaisanteries que le bonhomme ne comprenait pas. « Vous devriez, lui dit un railleur, vous exercer à la lutte. — E'iî comment le puis-je, moi chélif et malade? je me soutiens à peine. — Qu'à cela ne tieune : n'avez-vous pas parmi vos valets quelque gaillard robuste *? « De plus lettrés que Calvisius composaient eux-mêmes leurs vers, des lieux communs, des fadeurs, qu'ils récitaient solennellement dans les lectures publiques, ou qu'ils trouvaient moyen de se faire demander avec instance dans les réunions privées. Perse est le premier Romain qui ait attaqué avec une raison courageuse toute celte littérature de cour, dont

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