‹ Les moralistes sous l'empire romain [microform]: philosophes et po ètesChapitre 63 sur 139 · O ;xaiôîUTT?i; ô xotvè · texte numérisé non relu

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LA VEiiTQ STOÏQUE.

faut que, battu, il aime ceux-là mêmes qui le battent, en père et en frère de tous les hommes'. »

Chose surprenante! Épicièie va jusqu'à imposer à son philosophe le célibat, et donne des raisons qu'on peut faire valoir encore en faveur du célibat des prêtres : « Ne faut-il pas qu'il soit tout entier à son divin ministère*? Ne faut-il pas qu'il puisse traiter librement avec les hommes, sans être asservi à ces obligations vulgaires, sans être empêché par ces bienséances mondaines qu'il ne peut négliger qu'en perdant son titre d'honnête homme, qu'il ne peut respecter sans détruire en lui l'ambassadeur, le surveillant, le héraut envoyé par les dieux. Regardez : s'il est marié, le voici obligé de faire ceci ou cela pour son beau-père, le voici avec des devoirs envers les autres parents de sa femme, envers sa femme ellemême. Désormais il est absorbé par le soin de ses malades, par l'argent à gagner.... Que devient, dès lors, celui qui doit surveiller tous les autres, époux et parents? celui qui doit voir quels sont ceux qui vivent bien aveo leur femme, qui vivent mal, quelles sont les familles heureuses ou troublées ? celui qui doit aller partout comme un médecin tâlant le pouls de tout le monde ? comment aura-t-ilce loisir, si les devoirs ordinaires le tiennent à l'attache ? »

On ne manquait pas à Rome de faire, contre ce noble célihat, des objections qu'on fait encore aujourd'hui : Votre philosophe, disait-on, ne contribuera pas à la conservation de la société. Épictète répliquait, avec sa fougue et ses vives saillies : « Au nom du ciel, qui sont les plus utiles à l'humanité, de ceux qui y introduisent deux ou trois marmots au vilain petit museau, ou de ceux

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