‹ Les moralistes sous l'empire romain [microform]: philosophes et po ètesChapitre 65 sur 139 · Toù xoivoû TiaTfô; vjnTif.éTr,r · texte numérisé non relu

Toù xoivoû TiaTfô; vjnTif.éTr,r

TA VERTU STOlQUE. 167

sont ses frères, ses enfants, en un mot, à sa famille î — Voilà, disait en terminant Epictète au jeune homme qui le consultait, voilà sur quoi tu délibères. Et maintenant, si tu persistes, deviens le serviteur de Dieu, mais vois d'abord si tu es bien préparé*. »» Quelle morale et quelle éloquence I II faudrait lire tout le discours et se laisser emporter par cette parole saine, forte, libre et toute jaillissante qui se répand en impatiences généreuses, en interrogations pressantes, où Ton sent partout comme la fureur de la vertu et de la piété, et où la plénitude d'un grand cœur précipite en tumulte un torrent de saintes pensées.

Bien qu'Épictète comprenne et recommande avec ardeur les principes généraux de k fraternité humaine, et qu'il s'élève avec le stoïcisme jusqu'à la conception d'une espèce de charité, ce n'est point de ce côté qu'il laisse aller sou cœur. C'est vers la Divinité que s'échappent les sentiments contenus et refoulés de cette âme en apparence insensible. Quelle admiration pour l'ordre physique et moral de la nature, quelle obéissance à la raison immuable et éternelle, quel abandon à la Providence! Cet homme si froidement raisonnable se livre à des emportements lyriques quand il parle de Dieu, des ses dons, de l'indifférence des hommes pour ses bienfaits. Au milieu d'une leçon, ses pressantes démonstrations se changent en hymne et, après avoir célébré les louanges de la Divinité, il s'écrie en terminant, avec son accent populaire : « Eh bien I puisque vous êtes aveugles, vous le grand nombre, ne fallait-il pas qu'il y eût quelqu'un qui chantât pour tous l'hymne à la Divinité? Que puisje faire, moi, vieux et boiieux, si ce n'est de (hanter Dieu ï ïSi j'étais rossignol, je ferais le métier de rossignol,

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