‹ Les moralistes sous l'empire romain [microform]: philosophes et po ètesChapitre 80 sur 139 · Philoslrate · texte numérisé non relu

Philoslrate

On trouve dans les sermons de saint Augustin bien des preuves de cette tolérance, qui paraissait alors toute naturelfe. Un jour, prêchant sur la concupiscence, il fit une si vive peinture, que le peuple couvrit sa voix d'applaudissements et de cris; le grand docteur se contenta de reprendre son discours en disant : « Pourquoi vous récnez-vous, si ce n'est parce que vous vous êtes reconnus *> > Tout le monde a lu dans Fénelon ce récit d une naïveté sublime où l'évéque d'tiippone raconte lui-même que dans un sermon sur les jeux sanglants du Cirque, il remporta la véritable victoire de l'éloquence, qui est de convertir les âmes : « Je crus, dit-il, n'avoir rieu gagné pendant que je n'entendais que leurs acclamations; mais j'espérai quand je les vis pleurer. Les acclamations montraient que je les avais instruits et que mon discours leur faisait plaisir; mais leurs larmes marquèrent quils étaient changés». « Voilà une éloquence dont les sophistes na se doutaient pas, l'éloquence des larmes, qui devait bientôt jeter dans le plus profond mépris toute cette rhétorique inutile et indécente. Dans les temples latins, ces témoignages d'admiration, qui nous semblent auiourd'hui inc^gnes de la majesté du lieu, ne manquaient pas d'une certaine dignité ; mais les Grecs, même au sein du christianisme, conservèrent encore leurs manières extravagantes et ces usages chers aux sophistes. Saint Jean-Chrysostome a réprimé plus d'une iois ces désordres d'un enthousiasme trop profane : « Dans les églises, je ne condamne point les louanges, mais je ne puis souffrir ces mouvements de pieds, ces cris discordants, ces mains que vous agitez dans les airs, cette gesticulation indiscrète el tous ces usages impies et ho a-

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