‹ Les moralistes sous l'empire romain [microform]: philosophes et po ètesChapitre 92 sur 139 · Quelques-uns néanmoins s'aUachèrent à lui et crurent · texte numérisé non relu

Quelques-uns néanmoins s'aUachèrent à lui et crurent

Le christianisme, on le voit, se répandait à h faveur de ces usages bizarres et souvent frivoles (|ue nous venons de décrire. On accourait pour entendre un sophiste, et on était converti par un anôîre.

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Jusqu'ici, dans nos études sur les moralistes de l'empire, nous avons pris plaisir à contempler le noble effort de la [hilosophie qui aspirait à régénérer les âmes, DQais dont malheureusement les entreprises et les conjuêtes étaient enfermées dans de fort étroites limites. Jar, bien que la doctrine stoïque renonçât de plus en plus aux démonstrations savantes, et qu'elle affectât même la simplicité d'un enseignement religieux, elle ne parlait ni à l'imagination ni au cœur, elle n'offrait au peuple que des préceptes et non pas des espérances ou des consolations. Le stoïcisme n'avait de piise que sur les esprits élevés qui se sentaient une grande ambition morale. Aussi cette belle lumière ne frappait pour ainsi dire que les cimes du monde romain, et quand elle descendait jusqu'à la multitude, ses rayons affaiblis, selon l'exquise comparaison de Marc Aurèle, ne pouvaient percer le corps opaque qui lui faisait résistance. Si nous voulons maintenant connaître les obstacles que rencontra la philosophie, il faut quitter les hauteurs où nous nous sommes longtemps arrêtés, et nous placer au milieu des misères d'une société non moins brutale que raffiuée, frivole, horriblement corrompue, sceptique, et qui allait au hasard se plongeant chaque jour davantage dans les ténèbrts de la superstition et de l'incrédulité. L'histoire des sophistes oou^ a montré déjà quelle était la futilité des exercices et des plaisirs littéraires; Juvénal nous fera vuir ]a hideuse décadence des mœurs publiques et privées, tatdis que Lucien nous peindra l'état des esprits. La philosophie, qui recrute les âmes une à une, ne pouvait relever le monde de cette universelle déchéance. Pour puritier cette vaste et profonde corruption, il fallait un souille plus puissant et comme une tempête religieuse et morale.

LA SOCIÉTÉ ROMAINE

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