Satires, VII
LA SOCIÉTÉ ROxMAINE.
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sance, Juvénal excite l'ardeur de la jeunesse ot l'engage à mériter les faveurs du prince : « Courage, jeunes poètes, il vous regarde, il vous anime, l'auguste chef qui ne demande qu'à placer sur vous ses bontés'. » Comme notre intention n'est pas de déprécier Juvénal, nous admettons volontiers qu'il n'y a rieu que d'honorable dans ces transports de reconnaissance, que ces louanges adressées à un prince favorable aux lettres sont méritées, mais du moins faut-il reconnaître qu'on ne trouve pas dans ce dithyrambe le langage d'un intraitable républicain, hostile à l'institution impériale, ni cette sauvage vertu dont on fait si gratuitement honneur au satirique.
Peut-être n'est-il pas inutile de rappeler ici, pour expliquer encore les fréquentes sorties de Juvénal contre la tyrannie, que ces sortes de suj^^s étaient sans cesse traités dans les écoles de déclamation où le poète avait fait jusqu'à l'âge de quarante ans son apprentissage. On y faisait à outrance de la satire historique, on s'y déchaînait contre les tyrans, contre les Pisistratides, par exemple, contre Denys, les Tarquins, on les immolait dans des phrases pompeuses, et cette espèce de manie oratoire était poussée si loin que les esprits raisonnable^:, entre autres Quintilien et Tacite, n'ont pu s'empêcher de témoigner leur mépris pour ces puérils exercices. Juvénal lui-même, pour peindre la triste condition d'un rhéteur, croit devoir nous le mouirer mourant d'ennui, et se brisant la poitrine dans sa classe nombreuse où les écoliers jugent et mettent à mort les cruels tyrans :
Quam perimit sasvos classis numerosa tyrannos •.