‹ Les moralistes sous l'empire romain; philosophes et poètesChapitre 125 sur 143 · Tacite, Hist,, I · texte numérisé non relu

Tacite, Hist,, I

le cabaretier pour épouser le fripier, » la riche matrone s'adresse à des prêtres qui coûtent plus cher et qu'elle jEait venir à grands frais de la Phrygie ou de l'Inde*.

Il y aurait un curieux chapitre à faire sur les préventions romaines contre la religion juive que Juvénal, comme tous les écrivains de l'époque, a rangée parmi les superstitions étrangères et les jongleries orientales. Mais ce serait faire trop d'honneur à quelques vers satiriques que de raconter longuement comment les Juifs se sont établis et multipliés à Rome, et pourquoi ils ont soulevé tant de haines. Constatons seulement que le poète, sans ignorer leurs coutumes, ne comprend pas leurs croyances et ne s'est point fait initier à leur loi. Il les juge comme le vulgaire, il répète ce qu'on disait sans doute autour de lui; mais dans la naïveté de son ignorance, il nous fournit quelques détails qui ne sont pas sans prix. En histoire, rien n'est souvent plus instructif que les erreurs passionnées des contemporains. Juvénal est encore l'organe de l'opinion publique quand il considère les Juifs comme des ennemis de l'État, bien plus, comme les ennemis du genre humain : « Us sont accoutumés, dit-il, à mépriser les lois romaines ; ils ne pratiquent, ils ne révèrent que la loi judaïque, je ne sais quelle loi que Moïse leur a transmise dans un livre mystérieux.... Ils n'indiqueraient pas le chemin à un voyageur qui n'est pas de leur secte ; ils ne montreraient une fontaine qu'aux seuls circoncis *. » Le poëte, comme tout le monde à Rome, avait bien obser\'é les mœurs des Juifs, leur isolement, leur horreur à la fois religieuse et nationale pour les païens ; mais, comme tout le monde aussi, il n'avait pas daigné se faire expliquer

1- VI, 553-591. — Divitibus responsa dabit Phryx augur et IndtLs.

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