‹ Les moralistes sous l'empire romain; philosophes et poètesChapitre 126 sur 143 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

la loi de cette tourbe méprisée. Quand Juvénal s'avise de parler deleur religion et de découvrir les secrets de ce culte incompris, il n'est que Tëcho de bruits populaires, et ne donne que des explications aussi vagues que légères. Savez-vous pourquoi les Juifs se conduisent ainsi et se croient meilleurs que les autres ? « C'est, dit-il, que leur père imagina de passer dans Toisiveté le septième jour de chaque semaine^. » Singulière raison qui prouve combien peu un poète satirique se met en peine d'examiner et de comprendre ce qu'il déteste. Juvénal, Tacite et les autres écrivains profanes ne connaissent de la religion juive que ce que de lointaines rumeurs, les moqueries du peuple, leur ont appris. Peut-être ont-ils vu quelques cérémonies extérieures de ces étrangers mal famés; mais sans se demander quel est le sens de ces pratiques, ils les jugeaient à première vue honteuses et ridicules. Ce culte si fort au-dessus du paganisme, ce culte tout moral d'un Dieu unique qui ne souffrait dans son temple ni statues ni images, échappait b rintelligence de ces hommes dont l'imagination, du moins, était restée idolâtre. Le peu de renseignements certains qu'ils avaient obtenus sur cette secte obscure ne servait souvent qu'à égarer davantage leur jugement, parce qu'ils parlaient avec tout l'aplomb de l'ignorance qui se croit savante. Ainsi, comme Juvénal avait sans doute entendu dire que le temple de Jérusalem était sans toit, qu'il ne renfermait pas d'images sensibles de la Divinité, que les Juifs priaient en se tournant du côté de l'orient, il ne lui en fallait pas davantage pour alGr* mer avec assurance c qu'ils n'adorent que la puissance des nuages et du ciel^.» Et pourquoi un poète romain

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