ni
peut-être le sens et la portée. Les ablations, le jeûne, les lampes allumées, le repos du septième jour, étaient des usages assez généralement adoptés pour que les écrivains de Tépoque aient cru devoir s'en moquer ou s'en indigner. La propagande des Juifs, fort active, était favorisée par l'état des esprits, par le discrédit de Tancienne religion, par le goût pour la superstition nouvelle ou les initiations clandestines, et surtout par les vagues aspirations de cette foule cosmopolite qui composait la population romaine, et qui, sans patrie, sans ressources, sans croyances, allait chercher dans une association puissante non-seulement un soutien, mais un culte et des espérances. Il semble même que cet esprit de prosélytisme que les païens avaient remarqué ne «se soit pas toujours renfermé dans les dernières classes de la société, et qu'il ait essayé de faire quelques conquêtes dans le plus beau monde. Juvénal nous montre une Juive qui s'introduit dans la maison d'une matrone à qui elle explique la Bible pour de l'argent : « Alors s'approche une Juive qui vient de quitter son panier et son foin, et, tremblante, elle mendie à l'oreille. C'est pourtant l'interprète des lois de Solyme, la grande prêtresse de la forêt et la messagère fidèle du ciel. La dame lui m6t dans la main quelque monnaie, sans se montrer trop généreuse , car c'est à bon marché que les Juifs vendent leurs visions ^ . » Que dans ces consultations furtives il y ait eu beaucoup de curiosité féminine, frivole et oisive, nous sommes disposé à l'admettre et nous n'attachons pas plus d'importance qu'il ne faut aux passages de Juvénal que nous venons de citer. Mais, enfin, nous voyons que la religion juive fait des progrès à Rome, qu'elle attire les misérables et même Tattentioa